Mise en ligne le Jeudi 02 Mars 2017
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BERGERAC / LILLE (1-2) : Trop cruel pour les héros Dordognots

Portés par plus de 5000 spectateurs dans un stade Jean-Antoine Moueix qui résonnait d'émotion comme au temps de ses riches heures avec les Pingouins, les Bergeracois méritaient certainement la prolongation. Pour le courage et l'abnégation déployés, pour cette tête rageuse de leur capitaine, géant sur ce match, Mamadou Kamissoko, s'arrachant au premier poteau pour couper de la tête la trajectoire du dernier corner de la partie tiré tendu par Zidane et surprendre Maignan (1-1, 90e + 2). Pour la détermination affichée pour contenir un LOSC d'abord très prudent en première période (une seule frappe dangereuse de Bahlouli au ras du montant, 18e, et une incursion suivie d'un retourné de Eder à l'entrée de la surface, repoussé avec autorité par Dolivet 42e), puis plus pressant en seconde, jusqu'a l'ouverture du score par le meilleur élement du moment, Ronny Lopes, d'une pitchenette d'école au-dessus du gardien dordognot, sur un service en profondeur de Bissouma (70e). Oui, incontestablement, le BPFC avait légitimement droit à ces 30 minutes supplémentaires. Sauf qu'en Coupe de France, épreuve à élimination directe, il faut d'abord jouer le temps initial jusqu'à l'ultime seconde avec la plus grande vigilance, même lorsque l'arbitre annonce 5 minutes d'arrêts de jeu, justifiés...Et peut-être, savoir contenir la joie et l'exaltation d'une égalisation en ne jouant pas avec le feu, ni encore moins avec des Dogues en apparence inoffensifs et résignés eux aussi à cette issue, si on ne leur donne pas l'os à ronger. Péché de jeunesse, erreur tactique, excès de confiance, fatigue ? un peu de tout cela, probablement : après la frappe fracassante de Xeka déjà déviée miraculeusement sur la barre par Dolivet (90e + 4), la relance plein axe à 20 mètres du but dordognot ne s'imposait sans doute pas. Une interception et le géant portugais Eder, déjà crucificateur des Bleus en Finale de l'Euro, remet le couvert contre d'autres bleus de Dordogne, et s'en va, du plat du pied, expédier un LOSC vraiment minimaliste en quarts de finale contre Monaco (1-2, 90e + 4). Bergerac repense alors au parfum interdit, humé furtivement lorsqu'il a mis le nez à la fenêtre, pas souvent dans la rencontre, mais assez pour faire trembler des Nordistes pas très à l'aise dans leurs crampons. Et surtout à cette erreur de relance au pied de Maignan, à 20 mètres de son but, que Pinto expédiera au-dessus malgré le but vide, en s'étant un peu trop précipité alors qu'un lob l'eût assuré de l'ouverture du score (37e). Ou à cette main dans la surface de Soumahoro sur un centre de ce même Pinto de la gauche, que M.Thual jugea involontaire (39e). Qu'importe : la fête, seulement ternie à une poignée de secondes de la fin par une expulsion inutile du petit ailier bergeracois, aura été superbe, et le parcours historique. Le BPFC quitte l'Epreuve Reine avec gloire, juste assez tard pour que toute la France du foot sache désormais qu'à Bergerac, il n'y a pas que le nez de Cyrano. Et juste assez tôt pour ne pas se carboniser un mois de plus pour une exécution inéluctable face aux Galactiques Monégasques, et garder ainsi du jus et de la concentration pour un sprint final (9 matches) qui peut encore le mener en National. Ce qui s'appelle, en quelque sortes, ménager la chèvre e tle chou. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du stade Moueix à Libourne, écoutez la réaction de l'entraîneur de Bergerac Fabien PUJO et du milieu de terrain du LOSC Naïm SLITI. D'autres réactions bergeracoises et lilloises à écouter ce vendredi 3 mars dans nous journaux de 7h à 18h, puis dans Le Week-End en Sport, à partir de 18h15.