Mise en ligne le Dimanche 16 Avril 2017
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NANTES / BORDEAUX (0-1) : Maîtres de leur sujet, les Girondins ne l'ont pas volée...

Pour le 55e et la 33e de la saison, le 33 l'aura donc remporté chez le 44, sur le même score qu'à l'aller au Matmut...Pour ceux que les chiffres rebutent, on explicitera donc l'équation à plusieurs inconnues : pour le 55e derby de l'Atlantique de l'Histoire, et la 33e journée de championnat, la Gironde s'est encore imposée en Loire-Atlantique. Trois nombres multiples de 11 qui attestent bien que c'est en vraie équipe, et donc à 11, que les Girondins ont su remporter, sans contestation possible, cet Atlantico qui avait rassemblé plus de 26 000 personnes dans un stade de la Beaujoire baigné par un soleil printanier. Dans le lot, quelques excités sans doute très à la mode, puisque la tendance de la semaine était à la généralisation du mono-neurone dans les tribunes de la sphère football, à l'échelon européen aussi bien qu'hexagonal... Les 250 supporters girondins, finalement tolérés à la Beaujoire, furent les premiers à sortir des clous et tirer leur timide fumigène bleuté (pourtant interdit), mais au moins eurent-ils l'intelligence de le faire à un quart d'heure du coup d'envoi, puis de se tenir très sages le reste de la rencontre. On n'en dira pas autant du virage Loire où de nombreux supporters Jaune et Vert, aussi illuminés que leurs pétards, les allumèrent à leur tour par dizaines, au bout de 13 minutes de jeu, avant de les jeter sur la pelouse, encore incandescents, à quelques mètres de Cédric Carrasso (photo). Sans parler des noms d'oiseaux qui fusèrent à l'endroit de certains joueurs bordelais, notamment en seconde période...Un match arrêté pendant 4 minutes, donc, et une lourde amende qui devrait s'abattre prochainement sur le FCNA qui n'en avait nul besoin, déjà sous la menace d'une suspension de tribune avec sursis. Mais peu de choses, finalement, à côté de ce qui allait se passer à Bastia moins de deux heures plus tard. Ce fut d'ailleurs la seule vraie fausse note d'un derby par ailleurs intéressant (n'en déplaise aux amateurs de matches débridés à huit buts), à défaut d'être flamboyant : engagé, âpre, incertain et plus enlevé en première qu'en seconde période, où le rythme baissa quelque peu, les Canaris ayant laissé beaucoup de jus dans le premier acte. Un vrai match d'hommes aussi, où les deux premiers cartons de la partie, justifiés (Rongier 3e, Pallois 37e) contrastèrent avec les deux suivants, beaucoup plus contestables, infligés à Sabaly (61e) et surtout Gajic (78e). Et si les Canaris mirent tout de suite de l'impact dans leurs attaques, à l'image de Sala et Nakoulma qui savent quelquefois se frayer un chemin avec d'autres parties du corps que leurs pieds, ce sont bien les Girondins qui héritèrent des premières banderilles de ce match, d'abord par Malcom dont la tête non cadrée sur un centre de Sankharé passa à gauche du but (11e), puis par Laborde, d'une frappe à ras de terre de 25 mètres un peu trop à droite (25e). Banderilles qui prient ensuite la forme de vraies menaces juste avant la pause, quand Sabaly, bien décalé par Malcom, centrait en retrait pour Kamano dont la reprise de plein fouet trouvait miraculeusement le talon de Lima pour mettre en corner (40e). Sur celui-ci, tiré de la gauche par Vada, la tête décroisée de Laborde faisait briller Maxime Dupé et sa manchette ferme. Malgré un pressing souvent désordonné, le FCNA n'avait mis le nez à la fenêtre que sur un coup-franc latéral de Lima repris joliment de volée et victorieusement par Djidji, mais logiquement invalidé pour une position de hors-jeu (17e) et une frappe instantanée de Gillet dans le petit filet, sur un corner joué en retrait par Lima (23e). Bordeaux défendait bien et avec compacité, même quand Gajic dut remplacer au pied levé et poste pour poste Diego Contento (entorse à la cheville) percuté de plein fouet par l'autobus Nakoulma (33e). En seconde période, les Girondins continuaient de bien quadriller le terrain, malgré l'entrée en jeu à la pause de Touré à la place de Rongier. C'est d'ailleurs le remplaçant nantais, après une frappe en pivot un peu trop timide de Laborde au ras du poteau gauche (57e), puis une main incontestable de Lima en pleine surface sur un centre de Vada, mais oubliée par M.Letexier (59e), qui allait précipiter la chute des siens par un ballon perdu dans le rond central sous le pressing de Vada ; le contre bordelais se développait et Sankharé exploitait la supériorité numérique et le bon service de Kamano pour expédier une frappe lourde du gauche, à ras de terre, entre les jambes de Djidji, qui filait sous Maxime Dupé, lequel ne pouvait que la freiner (0-1, 65e). Le plus dur était fait, les Nantais perdaient alors de la lucidité dans le geste final, à l'image de Pardo qui tergiversait au lieu de tirer (80e), ne mettant jamais à contribution Carrasso, et en fin de match, il s'en fallut de peu que Malcom ne double la mise, quand son tir, repoussé par Dupé fut sauvé de la tête sur la ligne par Lima (88e) puis quand Rolan, fraîchement entré en jeu, n'appuya pas assez sa frappe, relâchée par le gardien nantais sans que personne n'ait suivi (90e). Qu'importe : les Girondins, avec 4 tirs cadrés contre zéro à leurs hôtes, tenaient logiquement leur 6e victoire à l'extérieur, la première depuis le 25 février à Lille (3-2) et consolidaient leur 5e place, quel que soit le résultat de l'OM contre St Etienne, à l'issue d'une rencontre qui, sur le plan défensif, fut certainement l'une des plus abouties de la saison. Au micro de Christophe Monzie qui commentait ce derby depuis le stade de la Beaujoire à Nantes, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Jocelyn GOURVENNEC (FCGB) et Sergio CONCEICAO (FCNA) ainsi que celle du nouveau président des Girondins Stéphane MARTIN. D'autres réactions bordelaises et nantaises à écouter ce lundi 17 avril 2017 dans Sports Magazine à partir de 18h15.