Mise en ligne le Dimanche 30 Avril 2017
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DIJON / BORDEAUX (0-0) : Les Girondins sauvés par Carrasso

"Un tiens vaut mieux que trois tu l'auras" : en pastichant (à peine) cette maxime de la Fontaine, on aura résumé l'histoire de ce déplacement en Bourgogne où les Girondins, pas tellement dans leur assiette ni dans leur bouteille pour ce choc de Grands Crus, auront au moins sauvé les meubles et un point qui sera peut-être déterminant dans trois semaines. Il fut un temps, pas si lointain où, à défaut de savoir gagner ce genre de matches, ils s'évertuaient surtout à...les perdre ! Mais ce 4e match sans but concédé, même s'il met un terme à la série de 3 victoires, reste rassurant, bien qu'il ait surtout tenu à la classe de Cédric Carrasso, encore une fois au sommet de son art, comme déjà à Angers en Coupe de France (hélas en pure perte) et à un degré moindre, à Bordeaux face à Guingamp, malgré l'ampleur du score ce jour-là (3-0). Par deux arrêts d'un autre monde (18e, 90e+3), le portier des Girondins, que des rumeurs annoncent partant à la fin de la saison, a évité à ses partenaires la défaite qui leur semblait promise, face à des Bourguignons remontés comme des pendules par la perspective de saisir l'aubaine au classement, leurs adversaires directs (Nancy, Caen, Lorient) ayant tous perdu, et portés par plus de 12 500 spectateurs (photo). Car si les bordelais furent les premiers à faire sauter les bouchons par Gaétan Laborde, d'abord par une frappe en pivot détournée du cadre par la tête de...Vada après un centre de Malcom (2e), puis par une superbe tête décroisée à la réception d'un centre de Vada, que Reynet alla chercher sur sa droite par un magnifique arrêt-réflexe (5e), il s'avéra par la suite que ladite bouteille était quelque peu bouchonnée et tiendrait mal dans la durée. Car petit à petit, ce furent bien les locaux qui prirent la direction des débats, le langonnais Pierre Lees-Melou n'étant pas le dernier à montrer la voie à suivre, par une frappe tendue du gauche repoussée des deux poings par Carrasso (18e). Mais ce n'était rien en comparaison de ce corner inutilement concédé par Contento devant Diony, qu'Abeid tira au premier poteau sur la tête du capitaine Varrault, arrivé comme une bombe et que le portier girondin, transformé en Spider-Man, repoussa presque à l'instinct (18e). Bordeaux desserra l'étreinte par de longues transversales et insista encore un peu, par Kamano, qui eut du mal à se défaire du jeune Rosier (lequel effectuait son premier match en Ligue 1 à la place de Chafik blessé), et qui, bien lancé par un contre d'école de Vada, vit son plat du pied pourtant appliqué contré in extremis par le grand Loties (30e). Moins enlevé que la demi-heure initiale, le dernier quart d'heure du premier acte ne donnait lieu qu'à deux essais lointains et non cadrés de Diony (42e) puis Contento (44e). A la reprise, Bordeaux reculait et ne tenait plus guère le ballon au milieu de terrain, et sur un ballon perdu, Sammaritano, très remuant jusqu'alors, trouvait Carrasso sur la route de sa frappe enroulée de 20 mètres (54e). Mais un premier tournant du match survenait quand M.Varela, pourtant bien placé, n'accordait pas un penalty évident à Ounas, tout juste entré en jeu, pour une faute indiscutable de Lotiès sur le flanc droit de l'attaque girondine (61e). Hormis une frappe non cadrée de Menez en toute fin de match et une tête décroisée mais au-dessus de Laborde, c'était là la dernière velléité offensive girondine de la rencontre, car tout le reste des débats allait être à l'avantage des Bourguignons, qui imposaient même une pression étouffante sur le but de Carrasso dans le dernier quart d'heure, emmenés par leurs intenables remplaçants Amalfitano et surtout le coréen Kwon. Après un ballon brûlant centré de la gauche par Haddadi, cafouillé par Tavares et sauvé in extremis par Pallois (78e), puis une nouvelle tête de Varrault sur corner, sauvée cette fois par Sabaly sur la ligne (84e), dans la continuité de l'action, Diony recentrait au second poteau et Lees-Melou, dans un angle impossible, trouvait l'extérieur du poteau...Puis, alerté par Lees-Melou, le coréen décroisait sa tête à quelques millimètres du poteau gauche (89e), avant de buter une dernière fois sur Carrasso, sur un obus à bout portant au second poteau, après une longue balle en avant de Reynet cafouillée par la défense centrale girondine (90e + 3). Les Girondins devaient une fière chandelle à leur gardien de but, et par ce point plus arraché que réellement mérité, mais qui vaut de l'or en Côte d'Or, reprennent une longueur d'avance sur l'OM, qui s'est promené à Caen (5-1). Une sorte d'avertissement sans (trop de) frais avant le déplacement à St Etienne dans 5 jours qui risque d'être d'un autre calibre et où les Girondins devront hausser leur niveau de jeu pour ne pas commettre le faux-pas qui pourrait leur être fatal devant un OM plus que jamais à l'affût. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade Gaston Gérard à Dijon, écoutez la réaction d'après-match d'Olivier DALL'OGLIO, entraîneur du DFCO, Jocelyn GOURVENNEC, entraîneur, Cédric CARRASSO, gardien de but du FCGB, et Pierre LEES-MELOU, milieu offensif du DFCO. D'autres réactions bordelaises et dijonnaises à écouter ce lundi 1er mai dans Sports Magazine à partir de 18h15.