Mise en ligne le Samedi 06 Mai 2017
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ST ETIENNE / BORDEAUX (2-2) : Frustrant et heureux à la fois...

"La bouteille qui fait glou-glou", délicieuse liqueur artisanale de verveine que l'on boit dans le Forez, est-elle à demi-vide ou à demi-pleine, telle est la verte question... En d'autres termes, les Girondins, qui en connaissent aussi un rayon sur la question (de la dive bouteille) ont-ils gagné un point ou en ont-ils perdu deux à Geoffroy Guichard où les banderolles frondeuses étaient de sortie (photo)... Drôle de match en tout cas où, durant presque vingt minutes (les vingt premières), les supporters des deux camps, d'ordinaire si exubérants et fraternels, observèrent un quasi-huis clos dans leurs encouragements, en mémoire aux victimes de la catastrophe de Furiani en 1992, dont on commémorait le 25e anniversaire, au lendemain d'une décision des plus iniques sanctionnant les Bastiais et offrant 3 points sur tapis...vert à l'OL. Ceux qui ne considèrent que le film du match diront que les Girondins ont raté le coche après avoir mené deux fois au score et cédé sur deux buts entachés de regrettables erreurs d'arbitrage. Ceux qui analysent les débats en profondeur diront au contraire que comme à Dijon, ils s'en tirent bien tant la fin de match, étouffante comme en Bourgogne et marquée de surcroît par l'exclusion ridicule, mais logique de Nicolas Pallois auteur d'un tacle complètement inutile sur le flanc gauche sur le jeune Nordin au cours d'interminables arrêts de jeu (5 minutes et 20 secondes décomptées par M.Schneider tout de même), a souligné une nouvelle fois leurs limites du moment, Carrasso jouant encore le Spider-Man qui vous veut du bien...Un nul qui, en apparence, n'arrange personne, puisqu'il éloigne définitivement les Verts de l'Europe et met les Girondins sous la menace de ne plus être maîtres de leur destin si jamais l'OM bat Nice dimanche et les dépasse alors au classement, avant le choc capital de la semaine prochaine. Mais dans l'histoire, le plus grave est peut-être d'avoir perdu Pallois sans doute jusqu'à la fin de la saison, alors que Lewczuk était déjà suspendu pour ce Classico que beaucoup attendent avec impatience. Gourvennec va devoir improviser en défense centrale... En attendant, bien malin celui qui aurait pu prédire que le nombreux public (30 606 spectateurs) verrait autant de buts et d'occasions (surtout stéphanoises, il faut l'admettre) dans ce match qui ressembla à une messe commémorative pendant plus d'une demi-heure pour ne pas dire une veillée funèbre, avec zéro occasion de part et d'autre, tout au plus une frappe d'Hamouma au-dessus sur un centre de la gauche de Maïga (17e) puis une autre, timide et freinée au départ, mais qui avait le mérite d'être cadrée, d'Ounas sur Ruffier (35e). Il aura suffi d'une minute un peu folle, la 37e, pour que les masques tombent et que les deux équipes lâchent leurs coups et leurs offensives, après cette entame en trompe-l'oeil. Un nouveau centre de Maïga, intercepté par Romain Hamouma, le stéphanois le plus remuant jusqu'alors, qu'un contrôle acrobatique empêchait de cadrer sa frappe, pourtant seul à 10 mètres de Carrasso. Sur le contre, Ounas grillait Maïga sur le flanc droit mais, sans angle, butait in extremis sur Ruffier. A partir de cet instant, le vrai match pouvait commencer. Et c'est Bordeaux qui tirait le premier, sur un ballon anodin près qui ne demandait qu'à sortir en sortie de but mais que Lewczuk eut la bonne idée d'aller disputer, à la lutte avec Maïga qui l'accrochait légèrement. Une faute sans doute moins évidente que celles oubliées en faveur des Girondins à Dijon (sur Ounas), à Nantes (main de Djidji en pleine surface sur un centre de Vada) ou au Matmut contre Lyon (Diakhaby sur Malcom), mais que M.Schneider estima mériter réparation. En l'absence de Vada, tireur habituel mais sur le banc, Ounas ne se faisait pas prier et prenait Ruffier à contrepied (0-1, 42e). Pour espérer un dénouement plus heureux, il aurait alors fallu que Bordeaux rentre aux vestiaires avec cet avantage. Hélas, dans le money-time, les Girondins manquaient de vigilance sur une touche coté gauche, immédiatement exploitée par les 3 attaquants stéphanois : Monnet Paquet trouvait Hamouma dont la talonnade servait Beric (hors-jeu de 30 centimètres) au coeur de la défense girondine, très en retard sur le coup, et le Slovène fusillait Carrasso du plat du pied, seul à 8 mètres (1-1, 45e), signant son 6e but. Commencée le 2 avril à la 28e minute du match à Nice après le but d'Eysseric, l'invincibilité du gardien bordelais prenait donc fin juste avant le retour aux vestiaires, au terme de 468 minutes...Dès la reprise, l'ASSE mettait son emprise sur le match et Veretout, intenable en seconde période et bien trop libre de ses mouvements, annonçait la couleur en obligeant Carrasso à sa première parade décisive du match, sur un obus de 20 mètres (46e). Pourtant, sur une action d'école et un coup-franc vite joué par Malcom pour Sabaly côté droit, les Girondins reprenaient l'avantage quand Ounas délivrait un modèle de centre fuyant, dévié de la tête par Plasil pour Laborde qui de volée et à bout portant, finissait le travail au second poteau (1-2, 49e). Restait à préserver cet avantage capital, mais comme à Dijon, Bordeaux reculait et laissait trop d'espace dans l'axe aux fusées que sont Beric et Hamouma. Sur un centre en retrait de Theophile Catherine mal renvoyé, Carrasso s'envolait encore et détournait sur le haut de sa barre une frappe en pivot de Monnet-Paquet (51e). Puis Beric, encore hors-jeu et lancé en profondeur par Hamouma, frappait sans angle sous Carrasso qui freinait le ballon...qui longeait la ligne (54e). Le but chauffait et arrivait finalement sur un coup de pied arrêté (encore), quand un corner de Veretout de la gauche, trouvait Theophile-Catherine, inexplicablement seul au second poteau, qui remisait sur Pajot. Le milieu de terrain stéphanois s'emmenait légèrement le ballon de la main avant d'assurer sa volée...repoussée par Carrasso, mais quelques centimètres derrière la ligne (ce que confirmait la Goal Line Technology), malgré le sauvetage désespéré de Sabaly (2-2, 62e). A partir de cet instant, et malgré les entrées de Rolan puis Kamano, Bordeaux n'existait quasiment plus aux avant-postes, comme à Dijon, à l'exception d'une frappe tendue de Sankharé dans un angle réduit, déviée en corner par la main ferme de Ruffier (82e), peu après une belle action hélas mal terminée par Kamano (80e). Plus rien n'allait être marqué, malgré trois autres situations chaudes devant le but de Carrasso et l'expulsion de Pallois. Un nul précieux, certes, et un 5e match sans défaite, mais cher payé pour les Girondins. Dans dix jours, après la réception de l'OM, on en mesurera sans doute réellement la valeur, ou l'utilité. Mais si les Phocéens battent Nice, les Bordelais n'auront d'autre recours que de l'emporter, pour redevenir maîtres de leur destin et s'octroyer le droit d'une "finale" à Lorient pour la journée de clôture. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le stade Geoffroy-Guichard, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Jocelyn GOURVENNEC (FCGB) puis Christophe GALTIER (ASSE) ainsi que le milieu de terrain des Girondins Jérémy TOULALAN, qui a pris le brassard de capitaine après la sortie de Plasil (84e). D'autres réactions bordelaises et stéphanoises à écouter ce lundi 8 mai dans nos journaux de 7h à 12h et dans Sports Magazine à partir de 18h15.