Mise en ligne le Jeudi 03 Août 2017
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VIDEOTON / BORDEAUX (1-0) : Les Girondins coulent sans gloire dans le lac Balaton..

Plus grand lac d'Europe centrale, le lac Balaton, véritable mer des Hongrois, situé à une centaine de kilomètres au sud de Budapest, a pour étonnante particularité d'être peu profond, malgré son étendue. Il n'est pas rare de pouvoir se baigner dans un mètre d'eau à des hectomètres de ses rives, ce qui explique qu'il ait de nombreux adeptes. La chaleur de son eau, la bonhomie de ses cygnes et de ses canards, les riants reliefs des monts Bakony qui bordent sa rive Nord jusqu'à Tihany, son petit paradis, ajoutent à la quiétude du lieu. Bref, on n'imagine pas un seul instant de pouvoir s'y noyer... C'est pourtant la mésaventure qui est survenue aux Marine et Blanc, éliminés sans gloire de l'Europa League après un match hors sujet de bout en bout. Le Graal convoité de haute lutte en fin de saison passée et offert par procuration in fine par le PSG vainqueur de la Coupe de France, aura tourné court et pris des allures de rêve brisé. Battus encore sur un coup de pied arrêté par un but de la tête du cap-verdien Stopira dans le temps additionnel de la première période (45e+4) pour n'avoir pas su faire le dernier effort de vigilance qui s'imposait après un corner inutilement concédé par Lewczuk, les Girondins, méconnaissables et inexistants offensivement, n'auront connu de l'Europe qu'une carrière mort-née, éliminés au terme d'un match mouvementé et décousu (une expulsion de chaque côté) par des hongrois volontaires et réalistes qui, au vu des deux rencontres, n'auront pas usurpé leur qualification pour le tour de barrage des 17 et 24 août, il faut hélas le reconnaître. Un ballon sottement perdu en phase offensive qui offre un caviar à Scepovic au match aller, une erreur de marquage sur un corner largement évitable au match retour, ces deux cadeaux auront donc suffi pour propulser les Hongrois en barrage. C'est au Matmut le 27 juillet que les bordelais ont laissé passer leur chance, gâchant trop d'occasions en première mi-temps. Car sur ce match retour, disputé devant moins de 4000 spectateurs et par une chaleur atroce (35 degrés au coup d'envoi), ils n'ont quasiment jamais menacé le portier local Kovacsik, seulement sollicité par un coup-franc de Touré à la...83e minute (leur unique frappe cadrée du match), Laborde, en décroisant trop sa tête au second poteau à la réception d'un long centre de Gajic, ayant provoqué l'autre mini-alerte, en première mi-temps (21e). En dehors de ces escarmouches, rien à signaler, une impuissance qui avait déjà laissé certains observateurs perplexes en seconde mi-temps au Matmut, et qui fut rédhibitoire au Pancho Arena. Pas un duel offensif de gagné, des transmissions imprécises, trop de ballons encore perdus dans l'entrejeu qui offrirent d'emblée aux hongrois leurs deux premières banderilles, plantées par le même homme, Marko Scepovic, danger numéro un du VFC puisque déjà buteur à Bordeaux, contre Kalju au tour précédent et en championnat contre Ujpest 4 jours avant cette rencontre. Et si sa frappe lourde dès la 45e seconde ne fit trembler que le petit filet, la seconde, croisée, obligea Costil à une belle horizontale (6e). Les montées de Nego et surtout Szolnoki, les coups de patte du petit Suljic donnaient bien du fil à retordre aux Girondins, où Malcom et Kamano, très en vue à l'aller, semblaient cette fois-ci avoir perdu pied au milieu du lac... Portés par leur public prêt à s'enflammer au moindre contact suspect, les Magyars n'hésitaient pas à commettre de grosses fautes dès qu'ils étaient pris de vitesse, comme au match aller. L'arbitre allemand M.Dingert réprima fort à propos cet engagement excessif, mais il sembla ensuite manquer de discernement en seconde période, distribuant des cartons jaunes à tort et à travers, Lewczuk (83e) héritant sans doute du plus ubuesque de tous. Entretemps, cette avalanche avait eu les conséquences qu'on devine, avec une première expulsion côté bordelais de Sabaly, auteur d'une faute sur Suljic après...moins de 25 secondes de jeu en seconde période. Le latéral bordelais payait là son premier carton récolté à la 24e minute sur un mouvement d'humeur regrettable, à la lutte avec le virevoltant mais simulateur petit milieu de terrain serbe. Expulsion prématurée qui obligea Gourvennec à sortir un attaquant (Laborde) pour rééquilibrer sa défense (entrée de Contento), à deux doigts de céder dans la foulée sur une frappe heureusement écrasée et trop croisée de Henty (47e). Les simulations justement, ne manquèrent pas du côté hongrois, mais on s'y attendait un peu, au vu du premier match. Chaque contact, chaque action furent le prétexte à des plongeons plus ou moins forcés, à de précieuses secondes de gagnées sur chaque arrêt de jeu quand le VFC mena au score, dans la plus pure tradition théâtrale italienne, et le ton monta même un peu en fin de rencontre entre Patkai et Mendy, entré en jeu à la pause à la place d'un Vada transparent. C'est paradoxalement à dix contre onze que Bordeaux réalisa ses meilleurs enchaînements, dans un second acte arythmique haché par les coups-francs et les contestations, au cours duquel le ballon ne fut pas très longtemps en jeu, avant que l'expulsion de Varga pour deux jaunes concédés en moins de 8 minutes ne rétablisse l'équilibre. Mais Videoton s'accrocha à son court avantage, ratant même la balle du KO sur une toile girondine, Costil maintenant les siens en vie en gagnant son duel face à Henty (68e). Crispants, les derniers instants soulignèrent la stérilité des Girondins balançant invariablement de longs centres sur la tour de défense Juhàsz qui n'en demandait pas tant. Une heure de jeu supplémentaire n'y aurait ren changé  : l'affaire était dans le (fameux) lac depuis longtemps. Un premier gros couac pour les Marine et Blanc, qui fait désordre - car ils ne sont pas tombés face à un adversaire irrésistible, tant s'en faut - mais qu'il faudra oublier très vite en démarrant le championnat d'une toute autre façon. L'absence de compétition (2 matches officiels pour les uns, et déjà 9 pour les autres) explique en partie cette élimination prématurée. Mais on ne peut pas regretter tout et son contraire : on se souvient des propos de coaches d'équipes engagés en Coupe d'Europe pestant régulièrement contre un calendrier surchargé (Galtier à St Etienne, dans un passé récent) quand les matches arrivent au coeur de la saison, au moment où les équipes ont trouvé leur rythme, en novembre-décembre. On ne peut donc pas se plaindre aussi que ces joutes européennes se présentent trop tôt quand il faut passer par un tour préliminaire avant le début des épreuves domestiques. L'Histoire, elle, ne retiendra que le favori de cette confrontation est tombé de haut (comme quelques autres au cours de ce 3e tour, Eindhoven, Sion ou le Dynamo Minsk par exemple) a déposé ses rêves d'Europe dans un stade à l'architecture surréaliste de la campagne hongroise, au coeur d'un village de 1800 âmes. Et qu'au plan international, un tel résultat ne contribuera pas à améliorer l'indice UEFA des équipes françaises en Coupe d'Europe...Le Székesfehérvàr, ce château où le roi est couronné, fut donc le très étonnant Pancho Arena, conçu par le célèbre architecte hongrois Imre Markovecs. Et l'histoire, toujours espiègle, a fait que le Roi couronné en question, par qui leur malheur est arrivé, fût un certain...Stopira, homonyme de l'ancien buteur des Girondins. D'ici qu'on lui érige une statue en Hongrie, à côté de celle de Ferenc Puskas qui trône en bonne place dans ce stade qui lui est dédié...Au micro de notre envoyé spécial Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le Pancho Arena à Felcsùt, écoutez les réactions de Jocelyn GOURVENNEC, coach du FCGB, et Benoît COSTIL, gardien de but du FCGB qui fut l'un des rares à surnager et qui ne mâche pas ses mots... Prochain rendez-vous en direct sur ARL ce dimanche 6 août depuis le stade Jean Bouin (Raymond Kopa) à Angers pour le coup d'envoi de la Ligue 1 ANGERS / BORDEAUX à 17h. A vivre en direct intégral à partir de 16h15 dans l'émission Top Chrono.