Mise en ligne le Dimanche 06 Août 2017
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ANGERS / BORDEAUX (2-2) : Vendanges précoces pour les Girondins...

D'ordinaire les vendanges commencent plutôt en septembre. Mais tout dépend desquelles on parle : du nectar que l'on recueille, ou, par métaphore, de celui que l'on gaspille. Il semble que les Girondins, malgré une prestation nettement plus aboutie qu'en Hongrie, aient décidé de devancer la récolte pour 2017, fidèles à leurs (fâcheuses) habitudes déjà constatées en 2016. La récolte des occasions manquées, en vérité. Quel dommage ! Ils avaient pourtant, cette fois-ci (et cela n'est pas arrivé très souvent sur cette pelouse par le passé) toutes les cartes en mains pour empocher un premier succès logique et démarrer la saison de L1 de la meilleure façon. Mais les vieux démons ont resurgi et le SCO, ravi de l'aubaine, a partagé ce nul providentiel (2-2) avec autant de satisfaction, voire de surprise, qu'il l'avait fait après celui du mois de janvier dernier (1-1), déjà très flatteur, la barre transversale du stade Raymond Kopa sur une volée monumentale de Pallois s'en souvient encore... Commençons par le positif d'abord : la réaction d'orgueil après le non-match en Hongrie a bien eu lieu, et les Girondins ont su revenir au score avant d'afficher en seconde période une maitrise dans le jeu qui devait, pensait-on, les mettre à l'abri d'un coup de Trafalgar. Dans un match joué sur un faux rythme et sous un soleil autrement moins écrasant qu'à Felcsut, deux jolis buts pleins d'énergie et d'opportunisme, sur des actions similaires, sont venus récompenser leur évidente volonté de bien faire et de se faire pardonner du couac hongrois. Tous les deux venus du même côté, le gauche, et initiés par le même homme, Théo Pellenard, qui sut jouer dans la profondeur, d'abord pour Kamano dont le double contact enrhuma Traoré avant un centre au cordeau au premier poteau où Sankharé surgit pour un plat du pied imparable, à bout portant (1-1, 27e) ; ensuite pour Malcom qui avait délaissé pour l'occasion son aile droite, et dont le centre instantané offrit à Alexandre Mendy l'occasion de son premier but officiel en championnat, à l'énergie et en taclant du bout du crampon malgré la faute de Thomas, dans le petit filet de Letellier (1-2, 53e). Un renversement de situation annonciateur de la mainmise des Girondins dans le second acte, bien emmenés par un Lukas Lerager omniprésent (en photo, à la relance entre Coulibaly et Santamaria) et qui a cruellement manqué en Hongrie. Mais des Girondins hélas incapables de plier l'affaire quand Thomas marcha sur le ballon sur une relance de son gardien, immédiatement exploitée par Sankharé puis Mendy qui offrait un caviar à Kamano seul face au portier scoïste. Mais le contrôle de trop du Guinéen, au lieu de la frappe instantanée qui s'imposait, permettait au gardien du SCO de maintenir les siens en vie (71e). On craignit alors que ce soit le tournant du match, instruit par d'autres matches non gagnés par les Girondins la saison passée qui leur tendaient pourtant les bras (à Guingamp, à Nice ou à St Etienne, par exemple). Et ce le fut effectivement. Car il faut maintenant parler du négatif : d'abord, comme à Videoton et comme tant d'autres fois la saison passée, un départ poussif, le diesel girondin tardant à trouver son régime, retard à l'allumage qui ne fut pas sans dommages immédiats. Ensuite, l'incroyable naïveté manifestée sur les deux buts (peut-on parler de laxisme ?) qui firent que le SCO n'eut besoin que de 3 occasions dans ce match pour scorer deux fois : d'abord sur une action d'école, avec un départ coté gauche de Capelle sur 30 mètres depuis son camp, totalement libre de ses mouvements puisque Malcom n'effectua pas le repli défensif nécessaire, pour un centre en retrait au point de penalty sur lequel Guillaume embarquait trop facilement Jovanovic avant de décaler la ballon pour le jeune ex-valenciennois Fulgini, qui du plat du pied au second poteau fusillait Costil, livré à lui-même (1-0, 10e), inscrivant ainsi son premier but en Ligue 1. Ensuite, après que Mangani d'une frappe tendue repoussée par Costil eut rappelé les Girondins à leurs élementaires devoirs de vigilance, visiblement pour du beurre (82e), sur un départ à l'intérieur de Toko Ekambi qui faussait compagnie à Pellenard, auteur de son unique erreur du match sans que personne ne la rattrape, et dont la frappe à ras de terre fut seulement repoussée par Costil livré à lui-même...dans les pieds du jeune Baptiste Guillaume (22 ans), lequel signait lui aussi sa première en Ligue 1, sans la moindre opposition (2-2, 87e). De quoi enrager, donc, car dans le jeu, Bordeaux avait retrouvé de l'équilibre et de la consistance en milieu de terrain, confinant les angevins dans leur camp pendant toute la seconde période sans reculer. Mais un seul point à l'arrivée, c'est bien la moindre des choses, qu'il faudra absolument faire fructifier le 12 août au Matmut contre Metz. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le satde Raymond Kopa à Angers, écoutez les réactions de Jocelyn GOURVENNEC, coach du FCGB, Baptiste GUILLAUME, attaquant du SCO auteur de son 1er but en L1 à domicile, Jérémy TOULALAN, capitaine et défenseur du FCGB, et Stéphane MOULIN, entraîneur du SCO. De nombreuses autres réactions bordelaises et angevines à écouter dans nos journaux de ce lundi 7 août à 12h, 17h et 18h, puis dans Sports Express à partir de 19h.