Mise en ligne le Dimanche 01 Octobre 2017
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Paris SG / BORDEAUX (6-2) : Une galaxie les séparait...

Croire aux étoiles est certes noble et généreux. Et c'est le lot d'au moins 18 équipes de notre championnat, David aux dents longues mais aux humbles moyens rêvant de terrasser Goliath le galactique...Mais faire un voyage sidéral dans une autre galaxie est un luxe rare, et bien souvent, la découverte coûte cher et laisse des traces. C'est ce qui est arrivé à de trop frêles Girondins ce samedi au Parc des Princes, dont la belle série de 14 matches sans défaite s'est pliée aussi vite qu'un fétu de paille sous la semelle d'un géant. Dire qu'on ne s'y attendait pas serait mentir. Quoi qu'on ait pu écrire pour faire le buzz, vendre du papier ou de l'image au cours de la semaine écoulée, personne n'était dupe : après le découpage en règle du Bayern moins de 72 heures auparavant, tout supporter de l'un ou l'autre des clubs un tant soit peu réaliste et au fait des choses du ballon rond savait déjà que ce PSG-là qui marche sur l'eau quand le terrain le lui permet (et l'on avait arrosé la pelouse quelques minutes avant le coup d'envoi, simple présage ?) avait neuf chances sur dix de réserver à nos Girondins un sort similaire à celui qu'ont connu leurs prédécesseurs. Exactement similaire à celui du voisin de la Garonne d'ailleurs, le Toulouse FC, balayé dans les mêmes largeurs ici même le mois dernier (6-2 le 20 août). La défaite était hautement envisageable, la déroute un peu moins. Les Marine et Blanc n'ont donc pas fait exception à la règle, subissant leur 21e revers dans la capitale dans l'histoire des affrontements entre les deux clubs. Ils ont surtout passablement écorné leur goal-average, savamment épargné à la sueur de leur front au cours de victoires difficiles glanées contre Troyes, Toulouse ou Guingamp. La quinzaine sans matches qui arrive dira comment ils vont supporter cette terrible gifle pour tenter de repartir de l'avant contre Nantes ou à Amiens en ce mois d'octobre, dans des matches qui, cette fois, ne devront pas leur échapper. La bérézina du Parc aurait pu, à un moment donné, être plus "horrificque" encore, puisque Paris avait déjà inscrit 6 buts en moins d'une heure, après la réussite de Mbappé (58e) parti dans le dos d'une défense dépassée plus souvent qu'à son tour sur un service de Draxler et un ballon perdu par Kamano, avant de loger le cuir dans le petit filet du malheureux Costil, livré à lui-même sur tous les buts parisiens. Elle s'explique autant par le marquage élastique des attaquants parisiens à qui ces largesses ne conviennent que trop, que par l'exceptionnelle qualité technique des individus, connue depuis longtemps. A 222 millions d'euros (soit 3 fois et demi le budget actuel de la saison des Girondins qui est de 65M€...) le seul transfert de Neymar (sans compter les autres), heureusement que la différence s'est vue sur le terrain, c'est le contraire qui serait grave. De fait, chaque but ou presque mériterait d'être montré dans les écoles de football, et a semblé imparable et d'une insolente simplicité. A la pause, Paris avait cadré 6 fois, et marqué 5 buts... La statistique se passerait presque de commentaires. Et les Girondins, en léger progrès par rapport à la saison dernière où, il y a presque un an jour pour jour, ils avaient cédé après mois de 3 minutes sur une Madjer de Cavani, auront au moins eu le mérite de ne jamais fermer le jeu (le pouvaient-ils ?) et d'attaquer jusqu'au bout, se créant même quelques occasions franches en seconde période (Mendy 60e, d'un tir sans angle sur l'extérieur du poteau 68e, Kamano 73e d'un lob astucieux claqué par Areola en corner, ou Malcom 82e, dont le coup-franc flirta avec le petit filet), avant d'être logiquement récompensés par le penalty que M.Letexier siffla contre Meunier pour une faute sur Cafu qui venait d'entrer en jeu, et qui fut transformé en force par Malcom (6-2, 89e), que l'on vit très peu par ailleurs, dans un match qui n'était pas pour lui. Cette fois donc, Bordeaux a tenu deux minutes de plus, jusqu'à cette faute dans l'axe, à 26 mètres, de Toulalan sur Mbappé parti lancé et donc inarrêtable à la régulière dans ces conditions. Le coup-franc supersonique de Neymar allumait la première étoile de la Tour Eiffel (1-0, 5e). Bordeaux, qui avait finalement débuté avec une défense à quatre - option tactique osée, mais qu'il serait trop facile de critiquer à postériori -, contenait tant bien que mal les vagues parisiennes mais dès l'instant que les Girondins ne défendaient qu'à 4 ou 5 mètres de leur adversaire, ils s'exposaient inévitablement à une punition sévère. Une nouvelle accélération plein axe, menée par Mbappé puis Neymar offrait au PSG l'embarras du choix pour l'identité de son second buteur ; Cavani y allait de son petit but (son 8e de la saison) de l'extérieur du pied, presque en marchant, mais ses deux autres coéquipiers étaient assez proches de lui pour terminer le travail à sa place s'il l'avait fallu, dans une défense girondine inconsistante (2-0, 12e). Puis sur un centre de l'espagnol Berchiche, Mbappé ratait sa reprise et sa feinte de corps, voulue ou pas, offrait au très offensif Meunier, tout seul à 8 mètres au second poteau, l'occasion d'un carton plein comme à la foire, en pleine lucarne (3-0, 21e). A cet instant de la partie, il fallait un optimisme en béton armé aux nombreux supporters girondins venus encourager leurs favoris pour continuer à ne pas croire à une issue funeste. Pourtant, les Girondins revenaient (un peu) dans le match grâce à une belle inspiration de Pellenard dans l'axe qui mystifiait deux parisiens avant de servir De Préville en profondeur dont le centre en retrait décisif trouvait Sankharé, plus prompt que Marquinhos (3-1, 30e). Dans la foulée, Kamano, au second poteau, ne trouvait pas la mire d'un bon coup de tête, à la réception d'un long centre de Lewczuk, entré en jeu après la blessure de Sabaly (32e), avant que Malcom ne trouve Areola sur sa route, qui sauvait du pied (37e). Mais le penalty sévère sifflé contre Otavio pour une main assurément pas volontaire, petit cadeau dont le PSG n'avait nul besoin, allait remettre les Girondins la tête sous l'eau, définitivement. Neymar n'avait pas d'états d'âme (4-1, 40e) et le match était cette fois-ci bel et bien terminé. La deuxième étoile de la Tour Eiffel s'allumait juste avant la mi-temps sur une volée du gauche exceptionnelle de Draxler, totalement démarqué sur l'aile et bien loin de Lewczuk, sur un service de Mbappé, qui finissait dans le petit filet de Costil (5-1, 44e). A la pause, dans les vestiaires Marine et Blanc, jamais l'oxygène n'avait semblé aussi rare, la Terre aussi basse et les citrons aussi acides...Jamais non plus une équipe de Ligue 1 n'avait marqué 5 buts en première mi-temps depuis onze ans, le dernier artificier en date étant l'OL en mars 2006 pour un succès sur Le Mans 8-1...La crainte d'un score similaire a probablement traversé l'esprit de certains supporters girondins. Par chance, et repu de son efficacité diabolique, le PSG a un peu levé le pied lors du second acte, nettement moins rythmé, qui a tourné au match d'entraînement, même si Neymar, sur un une-deux dans un mouchoir de poche avec Mbappé, ratait le 7-1 de quelques millimètres en croisant trop sa volée (79e). Sans surprise, le PSG est donc (déjà) seul leader du championnat, après seulement 8 rencontres et 27 buts marqués, 10 de plus que l'an passé à pareille époque. Et les Girondins devront tâcher d'oublier et de mettre entre parenthèses cette ébouriffante soirée dans la capitale, encore plus qu'ils ne le disaient avant le match. Pour peu que lesdites parenthèses ferment à double-tour et effacent tous les stigmates, tout ce qui a été fait de bon jusqu'ici et les 15 points engrangés auront servi à quelque chose. Et montreront leur réactivité. Celle qu'ils ont déjà su avoir après un premier séisme, survenu le 3 août à Videoton. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du Parc des Princes, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Jocelyn GOURVENNEC (FCGB) et Unai EMERY (PSG). D'autres réactions bordelaises et parisiennes à écouter ce lundi 2 octobre dans nos journaux de 7h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.