Mise en ligne le Dimanche 15 Octobre 2017
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BORDEAUX / NANTES (1-1) : Malcom sauve les meubles, mais Bordeaux, spolié, perd du terrain

On ne s'attendait pas vraiment à une avalanche de buts ni d'occasions nettes, et on aura été servi. Ce 97e derby de l'Atlantique n'a pas livré de vainqueur (1-1), et l'histoire retiendra qu'en cet après-midi estival d'octobre marqué par une chaleur importante (27 degrés au coup d'envoi) et devant plus de 31 000 spectateurs, les Girondins ont abandonné leurs deux premiers points de la saison au Matmut, face à des Canaris résolument défensifs et qui conservent leur invincibilité en championnat (7 matches). Du coup, ils stagnent au classement alors qu'une victoire les aurait, au moins provisoirement, propulsés à la 3e place. Voilà une belle occasion de manquée, donc, quand bien même se dressait devant eux la meilleure défense de Ligue 1 (5 buts concédés), toutefois privée de Pallois, blessé. Ce partage des points, assez flatteur pour les Canaris qui n'auront eu besoin que d'une demi-occasion en tout et pour tout pour l'obtenir quand Bordeaux a hérité dans le même temps d'au moins 3 ou 4 occasions très nettes, tient autant à l'habile dispositif mis en place par Ranieri qu'à la copie mi-figue mi-raisin rendue par les Marine et Blanc, la moins bonne à domicile assurément depuis le début de la saison. On attendait les Nantais plutôt bas sur leurs positions, ils ont exercé au contraire un pressing assez haut qui a fait déjouer leurs hôtes bordelais, incapables de gagner les duels balle au pied, de jouer dans la profondeur ni d'accélérer le rythme durant toute la première mi-temps. Ce n'est pas en déroulant à ce train de sénateur que les Bordelais risquaient de surprendre l'immense portier roumain Tatarusanu, même si leur domination fut incontestable, aussi bien en termes de possession de balle qu'au niveau des corners (4 contre 0 à la pause). Mais si l'on excepte une frappe de Kamano de 25 mètres déviée au départ par Diego Carlos et qui frôla la lucarne du portier nantais, battu, ils ne furent jamais réellement dangereux, cadrant très rarement leurs tentatives encore une fois (seulement 3 sur...18 tirs, une misère), d'autant que le référé du match M.Abed, plus enclin à distribuer des cartons jaunes précipitamment à Pellenard (24e) et De Préville (26e) auteurs de leur première faute, qu'à sanctionner l'anti-jeu répété des Nantais loin de leur but dès qu'ils perdaient le ballon (Thomasson et Touré n'étant pas les derniers à laisser traîner parfois la chaussure ou les coudes, en toute impunité), oublia de surcroît un premier penalty pourtant évident pour une faute de Touré sur Lerager, retenu au moment de prendre son impulsion, à la réception d'un centre de la droite de Lewczuk (21e). A force de porter le ballon en pure perte, les Marine et Blanc se retrouvèrent menés contre le cours du jeu à la pause, quand un centre de Thomasson, dont la réception fut manquée par deux défenseurs, revint sur le capitaine Léo Dubois dont la volée en pivot, repoussé dans l'axe par Toulalan, offrit un cadeau à Nakoulma seul face à Costil aux 6 mètres après une belle partie de billard, au pire moment (0-1, 45e + 2). Déjà repliés sur deux lignes de 4 dès l'instant qu'ils perdaient le ballon, les Nantais n'avaient pas besoin de cette aubaine pour cadenasser encore plus l'accès à leur but et laisser le seul Nakoulma aux avant-postes, et la seconde mi-temps s'annonçait encore plus compliquée pour les locaux. Sauf que ceux-ci eurent le grand mérite de ne pas laisser le doute s'installer : 70 secondes ne s'étaient pas écoulées que De Préville s'extirpait du pressing de 3 nantais pour ouvrir avec justesse côté droit sur Malcom. Le petit bordelais fixait Djidji d'un double contact avant de croiser sa frappe à ras de terre dans le petit filet de Tatarusanu, qui ne pouvait qu'effleurer le ballon (1-1, 47e), pour son 5e but de la saison. La seconde période, de meilleure facture coté girondin, était crispante à souhait, hachée parfois par les décisions plus que tardives et contradictoires de M.Abed, de plus en plus perdu au fil des minutes, jusqu'à oublier un nouveau penalty pour les Girondins quand De Préville lançait idéalement Malcom qui prenait de vitesse Djidji, lequel le retenait par le bras de façon indiscutable (69e), même si le Brésilien aurait dû prendre sa chance auparavant. Bref, un penalty tout à fait sifflable s'il s'était agi d'une faute sur Neymar ou Falcao...mais pas cette fois-ci. Le président Kita (ironique ou sérieux, allez savoir), pouvait se féliciter de la qualité de l'arbitrage après la rencontre...c'etait bien la meilleure blague de l'après-midi. Malcom s'était déjà heurté à Tatarusanu sur une action en solo mais sans angle (54e), mais la plus belle occasion du match échut à Cafu, entré en jeu à la 60e à la place de Kamano, qui seul à 5 mètres, trouva le portier roumain sur sa tentative, après une première frappe vicieuse de Mendy mal maîtrisée par le gardien nantais (79e). Après une action initiée par Cafu et un service de Malcom, c'est Mendy, en précipitant sa frappe et tirant dans les nuages alors qu'il était à 6 mètres, qui gaspilla la dernière opportunité girondine (81e) point final à une fin de match à l'énergie pour les deux formations, également marquée par un dernier carton jaune ubuesque infligé à Lewczuk pour une faute imaginaire (84e). Il est trop tôt pour savoir si les Girondins commencent à ressentir quelques dommages collatéraux de la fessée du Parc des Princes ou s'il ne s'agit que d'un léger accident de parcours, mais il est clair que pour rester au contact du podium, ils n'auront plus le choix des armes samedi prochain au Havre contre Amiens. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions de Claudio RANIERI, entraîneur du FCNA, Jocelyn GOURVENNEC, entraîneur du FCGB, et Nicolas DE TAVERNOST, Président du Directoire de M6. D'autres réactions bordelaises et nantaises à écouter dans nos journaux de ce lundi 16 octobre de 7h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.