Mise en ligne le Dimanche 22 Octobre 2017
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AMIENS / BORDEAUX (1-0) : Cette fois-ci, les Girondins n'ont pas d'excuse

A côté de leurs crampons, et donc logiquement punis sur un but casquette. Voilà bien le coup classique que l'on redoutait pour les Girondins...De toute évidence, le mal est profond et la confiance du mois dernier s'est plus qu'estompée. La défaite à Paris, pour cuisante qu'elle ait été, présentait au moins la circonstance - un peu atténuante - d'avoir été concédée devant une équipe intouchable en France, surtout dans son antre du Parc des Princes. Celle de ce samedi au Havre, en revanche, rappelle la piteuse sortie hongroise de début août en Europa League à Videoton (0-1). Même en étant indulgent, on aura du mal à la pardonner, sans faire injure aux courageux amiénois dont la combativité et l'enthousiasme font certes plaisir à voir et qui donnent chaque semaine l'impression de disputer un vrai match de Coupe, mais qui ne semblaient pas irrésistibles, tant s'en faut. Qu'on en juge : muet depuis 3 matches et sur la mauvaise pente, le promu picard restait sur autant de défaites, et déplorait de nombreuses absences. Il s'était de surcroît délocalisé à 200 kilomètres de ses bases, dans un stade où il ne possédait aucun repère, sauf ceux que les ex-havrais connaisseurs des lieux - le gardien Gurtner et l'attaquant Manzala - lui avaient peut-être donnés, et ceux de ses supporters, qui avaient bravé les 180 kilomètres séparant le Havre d'Amiens, la pluie et le vent pour venir soutenir leurs protégés, à pied, à cheval, en voiture et même en bus (33 exactement, un vrai convoi, gratuitement mis à leur disposition). Les Ultras Bordelais (photo) étaient venus aussi, plein d'espérance, pousser leurs protégés vers une victoire qui les fuit maintenant depuis un mois. Avec la défaite de St Etienne, et peut-être celle de l'OM face au PSG ce dimanche, les Girondins se voyaient offrir, eux, une nouvelle occasion (après celle manquée la semaine dernière face à Nantes) de remonter sur le podium, ou au moins de revenir dans le top 5. Au contraire, avec cette copie indigente rendue en Normandie - la plus terne en championnat depuis le début de la saison, sans conteste aucun - il rentrent dans le rang, peut-être pour un moment, compte tenu du programme qui les attend désormais, autrement plus relevé que celui qui aurait dû leur permettre d'engranger 4 voire 6 points sur cette première partie du mois d'octobre, avec un peu plus de rigueur défensive, de rythme et de précision devant le but adverse. C'est bien là que le bât blesse en ce moment. Bordeaux continue d'être d'une grande indulgence avec les promus, le constat n'est pas nouveau. La façon dont il s'est sabordé au stade Océane et a encaissé l'unique but de cette rencontre, à la suite d'un corner de la gauche de Kakuta revenu grâce à Adenon dans les pieds du camerounais Guy Ngosso qui se retrouva inexplicablement seul à 5 mètres du premier poteau pour une frappe chanceuse au terme d'une partie de billard voyant le ballon passer entre les jambes de Costil dans un trou de souris (64e), résume à elle seule l'indolence d'une défense girondine qui a cédé pour la 15e fois de la saison, en seulement dix rencontres. Même en exceptant la fessée parisienne, c'est trop, beaucoup trop pour espérer rester dans le premier quart du tableau. Surtout quand la justesse fait aussi défaut devant, à l'image de De Préville gâchant la plus nette occasion du match sur un bon ballon de Mendy (56e) ou Sankharé manquant largement le cadre sur sa reprise la tête à huit mètres (87e). Ce n'est finalement que sur une autre partie de billard, moins heureusement conclue celle-là, que les Girondins inquiétèrent vraiment Gurtner, quand sur un ballon bien remonté par Lerager, Sankharé déclencha une frappe du gauche détournée par un dos amiénois sur la...tempe de Mendy, à deux doigts de trouver l'ouverture malgré lui (40e) sans le réflexe du portier picard. Ajoutons une frappe timide mais cadrée de ce même Lerager (20e) sur le gardien amiénois et on aura fait le tour des occasions girondines franches. Le vent du large qui fouettait la pelouse havraise ne semblait d'ailleurs guère inspirer les Girondins, dont la première demi-heure fut assez inquiétante, les Amiénois héritant de toutes les occasions nettes, par Manzala bien lancé par Kakuta (3e) dont la frappe fut repoussée du pied par Costil, Gakpé au second poteau sur une frappe sauvée en corner par le gardien bordelais (8e) puis sur ue reprise au dessus, tout seul au second poteau à la réception d'un coup-franc de Kakuta (23e) ou Kakuta lui-même, de loin le meilleur joueur du match, d'une volée de 30 mètres du gauche sur Costil (44e). Bref, à la pause, l'ASC aurait mené au score qu'il n'y aurait pas eu à crier au scandale. Beaucoup trop bas, les Marine et Blanc, orphelins de Malcom laissé sur le banc par prudence après une petite alerte musculaire, et jamais dans le coup avec leur attaque inédite, Mendy étant titularisé avant-centre, entouré sur les ailes de Cafu (transparent sur cette rencontre) et De Préville, avaient pourtant réussi, tant bien que mal, à desserrer l'étreinte en fin de première mi-temps, réussissant sporadiquement quelques belles combinaisons. On pensait alors que la seconde période les verrait dominer les débats, trouver le bon tempo et finir mieux qu'ils n'avaient commencé, comme c'est souvent le cas. Mais ce ne fut qu'un feu de paille. Contrairement à ce que l'on croyait, Amiens ne lâcha jamais son pressing, et Bordeaux perdit finalement contenance, confondant vitesse et précipitation, et commettant beaucoup de fautes sur les rares contres menés par Kakuta, puis Konaté en fin de partie qui aurait pu doubler la mise s'il avait cadré sa tête, après une sortie manquée de Costil (76e). Une copie hors sujet, en Somme (même si en l'occurrence, on se trouvait plutôt en Seine-Maritime) qui laisse penser que la défaite à Paris a causé des dégâts plus profonds que prévu. Ce n'est pas seulement l'efficacité offensive qui manque depuis 3 semaines, c'est aussi un jeu qui se délite lentement, miné par beaucoup trop d'imprécisions, et un marquage qui, s'il ne reçoit pas d'urgence un serieux tour de vis dans les prochains jours, va exposer les Girondins à un sort plus funeste encore, quand Monaco et sa puissance de feu d'un croiseur, autrement plus à craindre que celle des fantassins Picards, va débarquer ce samedi au Matmut. Il reste une semaine pour se remettre la tête à l'endroit et ne pas rééditer le fléchissement automnal de la saison passée, exactement à la même période. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le stade Océane au Havre, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Jocelyn GOURVENNEC (Bordeaux) et Christophe PELISSIER (Amiens). D'autres réactions bordelaises et amiénoises à écouter ce lundi 23 octobre dans nos journaux puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.