Mise en ligne le Samedi 28 Octobre 2017
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BORDEAUX / MONACO (0-2) : Sans surprise, Bordeaux subit (encore) la loi du plus fort...

Evidemment, cela écorne un peu l'amour-propre. Evidemment, il y a toujours comme une vexation pour les joueurs et le staff girondins de constater que, comme la saison passée et alors que d'autres équipes en apparence moins huppées (Dijon, Montpellier) ou l'éternel rival marseillais arrivent à contrarier les deux ténors de la Ligue 1 supposés intouchables, Bordeaux passe régulièrement à travers et ne fait pas un pli, aussi bien à domicile qu'en déplacement. Mais peut-être après tout que ces rendez-vous dits "de gala", moyennement suivis (il n'y avait que 28 000 spectateurs au Matmut ce samedi, repartis forcément déçus de cette première défaite à domicile) ne font que dessiner douloureusement les limites du moment des Marine et Blanc...Dès l'instant que l'opposition monte d'un, voire deux crans, et qu'il ne s'agit plus de jouer Metz ou Troyes, l'équipe coince et le costume semble un peu trop grand...Encore que les Girondins aient aussi laissé filer à Angers une victoire qui leur tendait les bras le 6 août (2-2) puis touché le fond plus récemment à Amiens (1-0) chez le promu...Même sans Falcao ni Ghezzal, l'AS Monaco paraît en tout cas bien supérieure à une équipe girondine pourtant presque au complet. Qui continue de prendre beaucoup trop de buts (17 désormais, et plus aucun clean sheet depuis 6 matches et le succès à Toulouse 1-0 le 15 septembre) et d'engranger les points au compte-gouttes : 1 seul sur les 12 derniers mis en jeu depuis 4 rencontres, pour 3 petits buts marqués, dont un penalty "anecdotique" à Paris... Un parcours de relégable, est-il besoin de l'écrire. Bien sûr, les faits de jeu ne sont pas favorables aux Girondins, il faut en convenir. Contre Nantes, on leur refuse deux penalties, à Amiens, Ngosso marque sur une partie de billard grâce à un...double petit pont sur Kamano puis Costil dans un angle impossible qu'il ne réussira plus avant un siècle, et ce samedi, l'ouverture du score par le jeune sénégalais Keita Balde (déjà buteur contre Caen la semaine passée) profitant d'une remise astucieuse de Lopes dans la surface déstabilisant une défense bordelaise trop étirée pour croiser sa frappe hors de portée de Costil (0-1, 56e) est incontestablement entachée d'une faute au départ de l'action de Jorge sur Malcom à hauteur de la médiane, que M.Gautier n'a pas voulu voir. Mais au delà de la scoumoune bien réelle qui leur colle aux basques, les Girondins ont aussi vu leur jeu se déliter dangereusement depuis un mois et demi. Après un premier acte de bonne tenue, où ils ne durent cependant de n'être pas menés au score qu'à deux parades de Costil, d'abord sur une percée énorme de Fabinho ponctuée d'une frappe monumentale repoussée à grand'peine (5e), puis sur une tête du non moins monumental Glik sur un coup-franc de Moutinho (30e) qui a moissonné tous les ballons aériens en défense aussi bien qu'en attaque, les Girondins ont complètement lâché prise après les citrons, usés peu à peu par le pressing très haut et constant des azuréens dont ils ne se sont jamais dépêtrés, ces derniers ayant même continué à l'exercer après l'ouverture du score sans modifier d'un iota leur façon de jouer. Les banderilles de De Préville en première période (en photo pris en tenaille par Fabinho et Jemerson), dont la superbe frappe fut enrayée par Subasic d'une main de fer (11e), où l'amorti approximatif de la poitrine et la frappe au-dessus de Kamano, bien placé à la réception d'un centre de ce même De Préville de la droite (22e) ont alors pu ressembler, rétrospectivement, à des balles de match. Ce serait oublier un peu vite les difficultés que les Bordelais ont éprouvées dans l'entrejeu pour ressortir proprement les ballons et franchir le premier rideau défensif de l'ASM, très haut placé. Oublier aussi l'usage indigent qu'ils firent de leurs coups de pied arrêtés (le constat n'est pas nouveau), souvent mal dosés ou imprécis, qu'il s'agisse de coups francs ou de corners, qui furent autant de cadeaux pour Subasic ou Glik selon le cas...Le second but, où Lemar s'enfonça comme dans du beurre dans l'axe devant des Girondins totalement spectateurs (à l'image de Sabaly, qui perdit le ballon au départ, et de Vada stoppant sa course sur l'action), avant d'ajuster une frappe certes puissante mais presque anodine qui fila...entre les jambes de Costil (0-2, 65e) acheva de tuer le suspense d'une rencontre dont on pouvait assez aisément redouter l'issue funeste à mesure que le temps filait, les Monégasques confisquant un peu trop le ballon pour que les Girondins puissent mener leur barque à bon port sans dommages. S'ensuivirent, après ce second but, 15 minutes d'une impuissance offensive désarmante coté girondin, avant que Mendy, dans un angle fermé coté droit, ne voie sa frappe bien repoussée du pied par Subasic qui, lui, sut serrer les jambes sur l'action (80e) puis dans la foulée, Kamano ne choisisse la mauvaise option en piquant sa tête au second poteau au lieu de simplement la catapulter dans le but vide, sur un excellent centre de Sabaly, ce qui laissa le temps à Jemerson de revenir et sauver sur la ligne (81e). Lerager hérita de la dernière action en coupant la trajectoire d'un centre au cordeau de De Préville (85e). Mais il y a belle lurette qu'en cette soirée d'octobre où l'on célèbre Halloween et dédiée au passage à l'heure d'hiver, la tenue arborée par les Girondins, assez loin des couleurs originelles du club et d'un goût moyen, n'avait pas connu les heureuses étrennes qu'on espérait et qu'au contraire, la nuit était tombée plus vite que prévu sur les épaules d'un groupe en perte totale de repères et de confiance. Comme à Amiens, les Girondins auraient pu jouer encore longtemps sans marquer. Ils rentrent donc dans le rang et l'anonymat du milieu de tableau, et auront six jours pour tenter de se refaire un moral avant d'aller défier des Rennais que plus rien n'arrête ce vendredi 3 novembre (en direct intégral sur nos ondes). Nous revient alors en mémoire le titre évocateur de cet album culte du groupe britannique Supertramp paru en 1974 : "Crisis ? What crisis ?" Faut-il traduire ?...A Rennes, où l'on a aussi réécouté ce même album dans un passé récent, le temps sera peut-être venu de changer de disque. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel le Blayo, écoutez les réactions de Léonardo JARDIM, coach de l'ASM, Jocelyn GOURVENNEC, coach du FCGB, Ronny LOPES, attaquant de l'ASM, et Stéphane MARTIN, Président des Girondins. De nombreuses autres réactions bordelaises et monégasques à écouter dans nos journaux de ce lundi 30 octobre 2017 de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.