Mise en ligne le Samedi 02 Décembre 2017
écouter

DIJON / BORDEAUX (3-2) : Consternants d'inconstance...

Comme dans le jeu de l'oie, les Girondins sont retombés dans le puits. Ce qui leur a valu un douloureux retour à la case départ, trois jours après un succès qu'on croyait fondateur contre St Etienne, car ils sont retombés à pieds joints dans leurs travers, par la faute d'un laxisme défensif rare, mais rédhibitoire à ce niveau de la compétition. Plus dure est la rechute. "Piégés comme des juniors Gambardella jouant contre des seniors", disait leur coach après la rencontre. L'image n'est pas trop forte et résume bien l'insconstance (on n'ira pas encore jusqu'à écrire : "inconsistance", bien que...) de ce groupe incapable de s'inscrire dans la durée pour le moment, c'est une certitude. Face à des Dijonnais enthousiastes qui ont joué tous les coups sans calculer, mais au schéma de jeu sans surprise et pourtant connu, Bordeaux n'a jamais su s'adapter et s'est sabordé en Bourgogne, après avoir mené deux fois au score. Pire, il a encore encaissé 3 buts avec une indolence et une naïveté qui, désormais, sont hautement inquiétantes, car cette fois-ci en face d'eux, il ne s'agissait pas du Paris SG...A cette cadence (23 buts en 16 matches), aucun objectif européen ne paraît accessible à l'heure actuelle. Cette soirée glaciale (il faisait -1°C au coup d'envoi) aurait pu être celle d'un renouveau confirmé et d'un but d'anthologie de Malcom (35e), son 7e de la saison. Mais au final, on ne retiendra qu'une collection d'erreurs individuelles ou d'approximations, surtout au cours d'une deuxième mi-temps hors sujet sans une seule frappe cadrée sur le but de Reynet, alors que la première avait été plus qu'encourageante. Des négligences qui ont fait le régal des attaquants locaux, à commencer par Saïd, auteur du but décisif (86e), qui se sera promené toute la rencontre, mais il n'y a hélas pas eu que lui...Pourtant , le premier acte aurait dû alerter les Girondins. Certes, ils menaient au score à la pause, assez flatteusement (mais on ne les en aurait blamés pour rien au monde, quand on pense aux autres matches où ils étaient menés contre le cours du jeu et en dépit de toute logique, Caen n'étant que le dernier exemple en date) car c'est bien Dijon qui avait eu majoritairement la possession du ballon. Mais ils ressortaient assez vite et bien en menant des contres tranchants. Après une première alerte sous la forme d'une tête de Jeannot au premier poteau bloqué par Costil sur un centre d'Haddadi (10e), la première occaison girondine faisait mouche, mais en 3 fois puisqu'après un débordement et un centre de Vada coté droit bien lancé par Malcom, Reynet relâchait une première fois le ballon, Mendy reprenait mais Amalfitano repoussait encore (sans doute derrière la ligne) avant que Cafu ne termine le travail avec beaucoup de sang-froid, dans un trou de souris (0-1, 13e). Mais Dijon ne se décourageait pas et insistait, commençant à gagner tous les duels aériens qui annonçaient l'égalisation imminente. Une action de Tavares pour Saïd devant la surface voyait Otavio réussir un geste défensif parfait...mais personne pour lui venir en aide et écarter ce ballon traînant aux 18 mètres que Kwon expédiait heureusement au-dessus (20e). Puis sur un centre de la droite de Chafik décalé par Kwon, Wesley Saïd, malgré un jump parfait, et libre de tout marquage, plaçait sa tête au ras du montant de Costil, battu (23e). Tavarès n'était pas plus heureux sur un corner de Kwon (29e), ratant de peu le cadre sur sa reprise de la tête. Le DFCO ne cadrait pas (encore) ses frappes, mais les Girondins, mangés dans le secteur aérien, finissaient par céder, c'était presque inéluctable. Cédric Yambéré, le natif de Bordeaux, rentrait comme dans du beurre dans l'arrière-garde girondine et prenait le dessus sur Vada, Gajic et Lerager réunis pour couper de la tête au premier poteau un corner rentrant tiré de la gauche de Xeka (1-1, 34e). Une fois de plus, Bordeaux cédait sur un coup de pied arrêté. Mais les Bourguignons ne profitaient pas longtemps de cette joie. Pas attaqué, Malcom déclencahit du gauche une mine monumentale de 35 mètres qu'aucun gardien au monde n'aurait captée, le ballon heurtant l'interieur de l'équerre du but de Reynet avant d'entrer (1-2, 36e). Son 7e but de la saison, exceptionnel, peut-être le plus beau de tous. Les Rouges connaissaient alors un coup de mou mais ni Malcom (38e) ni Lerager (40e) ne parvenaient à faire le break, Reynet repoussant leurs frappes à mi-distance avec autorité. D'autant plus regrettable qu'à la reprise, les Bourguignons remontés comme des lapins farcis à la moutarde (de Dijon, bien sûr) prenaient les Girondins à la gorge par un pressing tout terrain qui n'allait pas tarder à s'avérer payant. Toujours pas attaqué, Xeka sonnait la révolte d'une frappe de 25 mètres repoussée à grand'peine par Costil (49e). Ce n'était pas encore assez pour les inciter à plus de rigueur défensive. Alors, Saïd se fendait d'un grand pont d'école (très grand, même...presque un viaduc) pour enrhumer Gajic sur le coté gauche avant de délivrer un centre repris à bout portant par Jeannot au premier poteau, bien plus prompt que les défenseurs girondins (2-2, 52e). A partir de cet instant, Bordeaux, défendant trop bas et trop loin du porteur du ballon, perdait pied et ne réussissait plus rien de contructif aux avant-postes, chacun tentant d'y aller en solitaire. Tavarès devançait un Sabaly bien frileux sur un centre de Kwon mais sa tête frôlait le montant (59e). Si l'on excepte une frappe du gauche en déséquilibre de Malcom, pas très loin du poteau droit de Reynet, semble-t-battu (73e), les Marine et Blanc n'auront pas existé offensivement en seconde période. Mais "un tien vaut mieux que deux tu l'auras", a écrit un célèbre fabuliste il y a déjà longtemps. Faute de savoir gagner un match à leur portée, au moins auraient-ils dû faire le nécessaire pour ne pas le perdre...et resserrer les boulons pour une fin de match qu'il n'était pas difficile d'imaginer assez intense, le DFCO cherchant forcément un succès au finish. Au lieu de cela, deux attaquants entraient en jeu (Kamano et De Préville) pour un coup de poker qui aller s'avérer malheureux. Une montée anodine du remplaçant Rosier, un décalage dos au but de Xeka qui se défait sans l'ombre d'un problème de Gajic et Saïd, arrivé de l'arrière sur un flanc gauche transformé en désert de Gobi ajustait Costil de l'intérieur du pied, comme à l'entraînement (3-2, 86e). Cette fois, pas possible d'invoquer des erreurs d'arbitrage ou un coup du sort et une partie de billard comme à Rennes ou au Havre contre Amiens...Bordeaux a donc encore rasé gratis et fait du social, trois semaines avant Noël. Mais il ne passera pas pour autant les fêtes au chaud, car il y a du pain sur la planche. Sauf contre une ASSE anémique, privée de son quatuor offensif (Cabella, Monnet-Paquet, Selnaes, Hamouma), et sans faire preuve d'un excès de pessimisme, on ne voit guère, sur ce qu'ils montrent actuellement, contre quelle autre équipe de L1 les Girondins pourraient ne pas céder encore, s'ils continuent de pratiquer le marquage à cinq mètres et de courir à coté de leurs adversaires. Y compris contre le promu strasbourgeois qui sera ce vendredi à Bordeaux (en direct sur nos ondes) et vient de s'offrir la peau du leader parisien. Avec 6 défaites sur les 9 derniers matches et un bilan tout juste passable à l'extérieur (1 victoire, à Toulouse, 3 nuls et 5 défaites), l'heure est venue de rectifier le tir. D'ores et déjà, l'objectif de 30 points à la trêve hivernale est hors d'atteinte. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le stade Gaston Gérard à Dijon, écoutez la réaction des deux entraîneurs, Jocelyn GOURVENNEC (FCGB) puis Olivier DALL'OGLIO (DFCO). D'autres réactions dijonnaises et bordelaises à écouter ce lundi 4 décembre 2017 dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.