Mise en ligne le Dimanche 17 Décembre 2017
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NICE / BORDEAUX (1-0) : Le rouge est mis...

On attendait beaucoup de la semaine écoulée, décisive pour la suite de la saison. Le bilan est accablant, et celle-ci pas loin d'être déjà sacrifiée, exception faite d'un sinueux et aléatoire parcours en Coupe de France qui ne mènera de toute façon pas les Girondins jusqu'à la finale, dans l'état actuel des choses. En alignant à l'Allianz Riviera une 9e défaite sur ses 12 derniers matches officiels, Coupe de la Ligue incluse, Bordeaux a établi un dramatique record, unique dans les annales du club depuis sa fondation en 1881 et depuis qu'il participe à un championnat de France professionnel, quels que soient le niveau et les époques. Même le Bordeaux de la fin des années 70, qui luttait régulièrement pour sa survie en D1 avant que ne débutent l'ère Bez et les titres de champions qui l'accompagnèrent, n'a jamais fait aussi mal. Le plus triste est que l'on se demande s'il existe vraiment une issue et si l'on est toujours dans le domaine du rationnel. Les Girondins, à leur manière, sont en train de devenir l'attraction de la Ligue 1, une sorte de phénomène de cirque dont on viendrait chaque semaine constater la singularité, voire se gausser (pour les moins charitables) et à qui quelque sorcier malveillant aurait peut-être jeté un sort. Nous, supporters girondins, on parlerait plutôt d'un clown triste, dont les facéties ne font plus sourire personne. Comment une équipe, avec le même entraîneur et les mêmes joueurs aux qualités techniques avérées, peut-elle passer d'une superbe série de 14 matches sans défaites à cheval sur deux saisons (la menant au passage en Europa League), à quasiment l'inverse en l'espace de 3 mois ? Quelle voûte psychologique s'est donc effondrée dans la tourmente d'une soirée cauchemardesque au Parc des Princes, on peut même maintenant écrire : traumatisante, que Bordeaux semble porter comme une croix marquée au fer rouge. Comment cette équipe en est-elle arrivée à ne plus mettre un pied devant l'autre au point qu'elle ne cadre qu'un tir par match et que marquer un but - ou même se créer une occasion digne de ce nom - soit devenu pour elle un Everest ? En ce dimanche où rien de nouveau n'est apparu sous le doux soleil niçois, ladite frappe cadrée est donc arrivée à la 87e minute...et encore, sur un coup-franc, anodin, de Malcom, dans les bras de Benitez...Pour le reste, comme à Toulouse ou même à Caen, Bordeaux a récité sa partition comme un élève appliqué mais sans génie ni enthousiasme, studieux mais jamais surprenant, au point que toutes les équipes de L1 ont compris depuis longtemps comment circonvenir ces messieurs trop tranquilles . L'OGC Nice, comme avant lui Amiens, Rennes, Strasbourg ou Toulouse, n'a pas eu à sortir le match du siècle pour prendre les 3 points qui lui tendaient les bras, au vu de sa dynamqiue actuelle. Quatre ou cinq (nettes) occasions lui auront suffi, et comme souvent ces derniers temps, le salut est venu de son Monsieur Plus, l'ambivalent Mario Balotelli, aussi insupportable et tricheur dans son comportement qu'il peut être irrésistible et généreux lorsqu'il privilégie le jeu. Un Monsieur Plus que Bordeaux n'a même plus, Malcom, entré en jeu à la place de Pellenard (62e) n'ayant rien réussi de brillant, à l'image de ces 3 corners côté droit lamentablement gâchés par des mauvais choix de débutant ou expédiés...dans le petit filet. Nice enchaîne par un 4e succès en championnat qui le hisse à la 6e place, après avoir eu la force de caractère de se relever d'un début de saison qui rappelait pourtant, à bien des égards, l'actuel chaos bordelais. Bordeaux enchaîne aussi, à sa manière, et n'a plus que 2 points d'avance sur Lille, le premier relégable. Il était troisième au soir du 29 septembre, avant de se rendre à Paris...No comment. Pourtant, la première période des Marine et Blanc, d'ailleurs bien plus blancs que Marine sur la pelouse azuréenne, fut plutôt convenable et cohérente, même si les occasions de s'approcher du but de Benitez furent rares, malgré les efforts de De Préville, le girondin sans doute le plus entreprenant. Nice avait le plus souvent le ballon, et après une alerte consécutive à une mésentente entre Jovanovic et Prior qui aboutit à une faute de main du gardien girondin, relâchant un centre de Souquet avant de sauver les meubles comme il le put et d'obliger Pléa à tirer au-dessus (30e), la seconde occasion niçoise alla à Dame, comme cela est déjà arrivé tant d'autres fois ces derniers temps en d'autres contrées, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets. Un nouveau centre du latéral droit niçois, libre comme l'air dans son couloir autant que son vis-à-vis de l'aile gauche Le Marchand, passait par-dessus la défense girondine avant de revenir justement sur le susnommé, qui remettait instantanément dans la boîte. Son centre, légèrement dévissé, voyait le girondin et langonnais Pierre Lees-Melou prendre trop facilement le meilleur sur Toulalan et Pellenard pour remettre le ballon, avec...l'omoplate, à Balotelli, en embuscade à l'extrême limite du hors-jeu (il l'était clairement au départ de l'action mais pas à l'arrivée) pour une reprise à bout portant (1-0, 36e). Une fois de plus, Bordeaux payait cash sa première erreur défensive du match. Mais insistait, par une frappe à ras de terre de Plasil, servi par Lerager, près du montant (37e), puis une autre au-dessus de De Préville après un rush solitaire où il avait résisté à deux niçois (42e). Dès la reprise en revanche, les Girondins commençaient à piquer du nez, comme souvent ces derniers matches, notamment à Caen, Dijon ou face à Toulouse. Sur un coup-franc de Seri, Dante manquait d'abord l'immanquable en décroisant trop une tête qui n'en avait nul besoin (54e), puis Balotelli, sans élan, déclenchait une mine de 25 mètres repoussée des deux poings par Prior...sur Lees-Melou qui expédiait sa volée instantanée sur l'arête gauche du but bordelais (57e). Dix minutes plus tard, St Maximin sur la droite servait encore le girondin, intenable qui perdait d'abord le ballon avant d'exécuter un retourné acrobatique joliment sorti en corner par Prior (67e). Les Girondins ne faisaient plus que de la figuration, avec la même résignation apparente que celle affichée au Stadium de Toulouse cinq jours plus tôt. Malcom réussissait lui aussi un retourné, mais seulement pour la photo, qui n'inquiétait nullement Benitez (73e), et Pléa, vraiment pas dans un bon soir, vendangeait la dernière offrande niçoise lorsque, bien lancé par Balotelli en plein dans l'axe, il croisait trop sa frappe à gauche du but bordelais (89e). D'une impuissance offensive pathétique qui fait sincèrement peine à voir et laisse pantois, les Girondins n'avaient plus que les yeux pour pleurer. Sauver désormais ce qui peut l'être, certes, mais comment ? L'éviction de l'entraîneur, que les supporters, obstinés au point d'être venus déployer une banderole en ce sens jusqu'à 800 kilomètres de leurs pénates, peut-elle être le détonateur ? Les exemples actuels de St Etienne et Lille, en perdition, prouvent à l'évidence que non. Peut-on virer un entraîneur et recruter dans la foulée lors du mercato les joueurs qui manquent à la palette girondine ? Qui en définira alors le profil et les choisira, un nouveau coach qui ne connaît rien de la maison ni de l'équipe ? Les Girondins n'ont-ils pas déjà suffisamment grillé d'entraîneurs ces dernières saisons, pour un résultat qui, quel qu'ait été "l'homme de la situation", ne leur a jamais permis de prétendre à mieux que cette 6e place à laquelle les limite invariablement leur budget ? A-t-on déjà oublié que le recrutement de l'été, pour des raisons diverses, les a, dans la plupart des cas, obligés à se contenter d'un deuxième, voire d'un troisième choix et que les renforts pressentis (Javi Garcia, Wellington Silva...) ne sont pas forcément ceux qui sont venus ? Les causes ne sont-elles pas ailleurs, par exemple dans le départ de ces joueurs importants qu'il aurait peut-être été moins difficile de retenir que de chercher à remplacer (Diabaté, Pallois, Carrasso, voire Khazri), départs rédhibitoires qui ont, petit à petit, appauvri l'effectif girondin au point de n'en faire aujourd'hui qu'une équipe taillée pour jouer le maintien ? Du moins techniquement et sur le papier, parce que mentalement, cela reste encore à démontrer. Au micro de Christophe Monzie, qui commentait cette rencontre en direct intégral de l'Allianz Riviera à Nice, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Lucien FAVRE (OGCN) et Jocelyn GOURVENNEC (FCGB). D'autres réactions niçoises à écouter ce lundi 18 décembre 2017 dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30 mais pas de réactions bordelaises, aucun joueur n'étant venu au micro des médias après la rencontre.