Mise en ligne le Jeudi 18 Janvier 2018
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Bordeaux / Caen (0-2) : Incorrigibles...mais encore volés. Bédouet succède à Gourvennec et Toulalan s'en va...

Les Girondins n'iront sûrement pas passer leurs vacances en Normandie. Ils ont raison, quelle que soit leur destination dans cette région, les armoires normandes sont bien trop lourdes à porter pour eux. Et les fins de matches cauchemardesques qu'ils vivent semblent également être le fait d'une estampille locale. Même à Bordeaux où la malédiction continue, puisqu'ils n'ont plus battu le Stade Malherbe depuis presque sept ans. Après la défaite à D'Ornano le 25 novembre, puis le naufrage à Granville, c'est une nouvelle gifle cruelle qu'ils ont reçue ce mardi, décidément indécrottables et incapables d'enchaîner une série, concédant leur 4e défaite à domicile (ce qui est beaucoup trop) face à des Caennais qui auront su attendre leur heure en prenant un minimum de risques. Et aussi, comme leurs voisins Granvillais, le coup de pouce non plus providentiel, mais cette fois carrément scandaleux, d'un arbitre déjà généreux dans la distribution des cartons, et notoirement aveugle sur la décision fatale qui fit basculer la rencontre et coûte un point aux Girondins, en espérant qu'il ne leur manque pas pour le maintien dans 4 mois. On peut se demander pourquoi la vidéo n'est pas utilisée régulièrement en Ligue 1, et à quoi sert l'arbitre de la surface de réparation, qui était à 6 mètres de cette action, quand on assiste à de tels errements qui dépassent la fiction alors que la réalité crève les yeux. Une cascade de décisions malheureuses depuis plus de 3 mois, indéniablement. Chercherait-on à enfoncer encore davantage les Girondins ? La liste des iniquités est maintenant trop longue pour qu'on ne se pose pas la question, en tout cas. Représailles par rapport aux propos tenus par Nicolas De Tavernost à l'endroit de M.Millot après le match de Marseille ? Toujours est-il qu'entre les 2 penalties oubliés à l'aller au stade D'Ornano pour le FCGB (sur Kamano puis Malcom) et le quitus donné au plus tricheur de cette équipe, Ivan Santini sur ce match retour (quand son immense talent devrait pourtant le dispenser de ce travers), c'est peu d'écrire que les Caennais n'auront pas eu à se plaindre cette saison des "faits de jeu" sur cette double confrontation...Pour autant, leur succès n'est pas un déni de justice, car une fois encore, Bordeaux en a fait bien trop peu sur le plan offensif pour pouvoir espérer autre chose qu'un médiocre 0-0 qui n'aurait de toute façon pas confirmé la bonne impression laissée à Troyes. Deux occasions franches à domicile face au 12e du championnat, c'est peu, c'est insuffisant, et c'est inquiétant, parce qu'il n'y a rien de nouveau à l'horizon. Seuls en effet Meïte, qui précipita trop son tir, pourtant en position idéale après une faute de main de Samba qui remplaçait Vercoutre dans le but caennais (32e), et Laborde, d'une frappe tendue à ras de terre joliment boxée in extremis en corner par le jeune gardien normand quelques instants plus tôt (19e) auront laissé planer le fol espoir d'un but girondin marqué au Matmut, évènement qui n'est plus arrivé depuis...le 28 novembre contre St Etienne (3-0), soir d'un autre vrai-faux redressement. Le reste ne fut que festival de mauvais choix, à l'image d'un De Préville qui a encore erré comme une âme en peine, ou de maladresses, Malcom, sur qui nombre de clubs venus en observateurs avaient des yeux de Chimène, s'étant au fil des minutes noyé dans la léthargie ambiante d'un match sans rythme. Coté normand, les occasions de se réveiller furent à peine plus nombreuses, mais surtout plus dangereuses, comme ce coup-franc de Rodelin (le caennais le plus dangereux) à la 10e minute, que Costil faillit bien relâcher dans son but sur une Arconada qui aurait fait le tour de la toile, puis à la 22e minute, toujours par le même homme, sur une frappe tendue au ras du montant, après un ballon renvoyé de la tête dans l'axe par Baysse. De cette rencontre terne qui aurait dû déboucher sur un 0-0 insipide au possible, mais qui au moins aurait maintenu les Girondins dans une (relative) avancée, on ne retiendra plus grand-chose d'un second acte aussi haché par les fautes que le premier ou les remplacements de joueurs très effacés, tels le bordelais Meïte, transparent, ou la recrue finlandaise du SMC Stavitski (qui n'est peut-être pas "l'affaire" que l'on croit, quoi qu'en dise le fameux film avec Belmondo *) jusqu'à cette fin de match en coup de Trafalgar qu'on redoutait de vivre une énième fois (Angers, Marseille, Dijon, Granville...). Le très zélé M.Jochem, qu'on n'avait jamais vu encore à l'oeuvre à Bordeaux et qu'on n'est pas pressé de revoir, et surtout son assesseur, furent sans doute les seuls dans le stade à ne pas remarquer la baffe-cathédrale assénée par Santini dans le visage de Baysse au point de penalty, avant une action venue de la gauche. Plus gauchement, le défenseur bordelais voulut se venger par un coup d'épaule sur lequel le Croate a rajouta des tonnes en se roulant par terre. Au lieu d'expulser les deux hommes et de donner un coup-franc dans la surface aux Girondins comme l'imposait la simple application du règlement, le référé ne voulut voir que la conséquence et non la cause, n'expulsa que le bordelais et désigna le point de penalty, que le Sainte Nitouche, sans états d'âme, transforma lui-même pour l'application d'une sanction sans fondement (0-1, 89e). Comme à Granville, le cauchemar se dessinait, et la énième rechute des Girondins aussi, avec une 12e défaite en 16 rencontres, pour seulement 2 victoires, ce qui ferait d'eux les...20emes du championnat s'il avait commencé en octobre (8 points sur 42 possibles). Monté sur la dernière action pour prêter main forte à ses coéquipiers, Costil, sur le contre qui suivait, voyait impuissant Rodelin marquer d'un tir de 50 mètres dans la cage déserte un second but anecdotique, la cause étant entendue depuis l'ouverture du score (0-2, 90e + 4). La plus faible attaque du championnat (12 buts, dix matches sur 21 sans marquer) qui n'avait plus gagné depuis...le match aller contre Bordeaux (1-0) venait de boucler la boucle et de réaliser son hold-up parfait. Mais devant des employés de banque vraiment arrangeants, il faut le préciser. On peut désormais craindre le pire et se demander si Jocelyn Gourvennec résistera à cette nouvelle désillusion et au départ qu'ont encore exigé avec obstination les supporters ce mardi soir, malgré la victoire à Troyes et un virage sud fermé, dans un Matmut qui sonnait d'autant plus creux (à peine 14 000 spectateurs, de plus en plus lassés des douches écossaises) qu'aux résultats catastrophiques s'étaient ajoutés un horaire erratique et un temps de chien. Les séances d'entraînement au Haillan, désormais programmées toutes à huis clos, accentuent la scission entre les supporters et l'équipe. On peut se demander surtout - mais on n'ose l'imaginer - dans quelle situation vont se retrouver les Girondins début février après les deux matches très périlleux qui les attendent à Nantes (sans Baysse ni sans doute Lewczuk, donc encore avec un axe central à rafistoler) puis contre un Lyon plus brillant que jamais, avant un match de muerte chez un RC Strasbourg face auquel ils n'ont pas existé à l'aller, mais qui a replongé depuis dans les profondeurs du classement. Pour peu que le transfert de Malcom soit acté dans les prochains jours, la Malcom-dépendance n'étant d'ailleurs plus aussi flagrante (Bordeaux a aussi perdu beaucoup de matches avec lui) depuis que le petit Brésilien, à de rares exceptions près (une passe décisive à Troyes, un but superbe à Dijon mais pour du beurre) s'est mis au diapason de son équipe - ce qui est tout dire - et n'est plus irrésistible depuis trois mois, les Girondins se retrouveraient face à un vaste chantier pour les derniers jours du mercato, avec la nécessité de recruter non pas un, mais probablement deux joueurs offensifs supplémentaires. L'argent du transfert leur laisserait certes une réelle surface financière. Mais quelles (bonnes) perles rares resteront encore disponibles à une semaine de la fin du marché ? Le choix, dans l'urgence, d'un 3e couteau serait sans doute la goutte d'eau d'un recrutement qui n'a pas été des plus réussis, à l'image d'un Cafu même plus présent sur les feuilles de match ou d'un Mateus Pereira qui n'a jamais débuté une rencontre à ce jour. Pendant que Paul Baysse, l'homme par qui le feu de paille troyen, copié-collé de la (trop) verte soirée stéphanoise, avait pris dans une Aube qui n'aura donc pas connu de zénith par la suite, rongera son frein sur le banc de touche pour une réaction malheureuse mais humaine, Nicolas Pallois, celui qu'il a remplacé, parti de Gironde il y a six mois pour avoir été jugé trop âgé, conduira ce samedi à la Beaujoire contre son ancien club une défense nantaise devenue la troisième du championnat...Des Nantais que, de surcroît, on imagine aisément remontés comme des pendules après avoir été rejoints sur le fil à Toulouse ce mercredi soir (1-1) sur un penalty imaginaire. Au micro d'Anthony Ricarte qui commentait cette rencontre en direct du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez toutes les réactions d'après-match : Patrice GARANDE l'entraîneur du SM Caen, Vincent BESSAT le milieu de terrain de Caen, Jules KOUNDE le jeune défenseur du FCGB, Youssouf SABALY le latéral droit du FCGB, Brice SAMBA le gardien de but de Caen, Jérémy TOULALAN le milieu de terrain et capitaine, Souhalio MEITE le milieu offensif, et Jocelyn GOURVENNEC, le coach du FCGB.



Ce jeudi matin 18 janvier 2018, la Direction du FCGB a décidé de ne plus confier la responsabilité de l'équipe professionnelle à Jocelyn Gourvennec, bien que Nicolas De Tavernost, Président du Directoire de M6, ait assuré aux médias qu'ils conservait sa confiance au coach en place samedi dernier après la victoire à Troyes (1-0)...C'est Eric Bédouet qui le remplace jusqu'à la nomination d'un nouvel entraîneur, qui pourrait être Michel Preud'homme, l'ancien gardien de but de l'équipe nationale de Belgique. Un peu plus tard dans l'après-midi, le club a accepté de résilier le contrat du capitaine des Girondins Jérémy Toulalan, à la demande du joueur, qui quitte donc les Girondins lui aussi, après une saison et demie passée en Gironde.



* Serge Alexandre Stavisky fut à l’origine d’un des nombreux scandales politico-financiers ayant affecté la Troisième République radicale française (1931-1934). Un film biographique, "L'Affaire Stavisky", a été réalisé par Alain Resnais en 1974, avec Jean-Paul Belmondo et François Périer dans les rôles principaux.