Mise en ligne le Dimanche 21 Janvier 2018
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NANTES / BORDEAUX (0-1) : Les Girondins tiennent leur match référence, enfin...et leur nouveau coach, Gustavo POYET

C'était la grande inconnue de la semaine. Après le séisme vécu sur la journée de jeudi (mise à l'écart du coach, suivi par solidarité par la démission de son capitaine, ce qui n'était jamais arrivé dans l'histoire du club), comment les Marine et Blanc, dans l'urgence et avec une cascade de blessés ou de suspendus, allaient-ils négocier ce 56e derby de l'Atlantique ? La réponse, qui fait chaud au coeur, enfin, est arrivée du terrain, au-delà sans doute de ce que l'on pouvait imaginer, compte tenu des avatars répétés d'une saison ô combien chaotique où rien n'aura été épargné aux bordelais, et surtout pas les décisions arbitrales malheureuses. Les Girondins tiennent enfin leur match référence à l'extérieur cette saison, celui qu'on attendait de leur voir faire depuis six mois. Plus significatif encore que celui obtenu à Troyes une semaine plus tôt, car cette fois il n'y a eu aucune rature sur la copie rendue, contrairement au début de match manqué en Champagne qui aurait pu leur coûter cher. Ce succès à Nantes (le 3e de la saison hors de leurs bases) dans un derby arrosé de bout en bout et fouetté par un vent à décorner les boeufs, est de ceux qui ne se contestent pas, tant leur maîtrise technique fut constante dans tous les secteurs du jeu, après un superbe but inscrit de la tête par Nicolas De Préville (son 2e de la saison) venu couper la trajectoire du ballon au nez et à la barbe de Dubois, à la réception d'un centre de la droite de Sabaly (0-1, 26e), bien décalé par un Zaydou Youssouf pour la première fois titulaire et qui a apporté son écot. Un Youssouf qui a d'ailleurs hérité d'une seconde grosse occasion (43e) mais gêné par le retour de Djidji, son pied s'est dérobé et sa frappe a fini dans le petit fillet. Ce qui n'a pas empêché les Girondins, beaucoup plus précis et dangereux dans leurs tirs au but que d'habitude, de se procurer 3 autres occasions nettes dès la reprise, par De Préville, bien servi par Malcom sur un contre-éclair plein axe (51e), qui a trop croisé son tir de quelques centimètres, par Youssouf  encore, qui après s'être arraché du marquage de deux Nantais, a vu sa frappe passer de peu au-dessus (53e) et surtout par Malcom, bien servi par Meïté à l'entrée de la surface, dont la belle frappe brossée du gauche a fait briller Tatarusanu (54e). Compacts et solidaires, les Girondins n'ont pour ainsi dire jamais été menacés, sauf sur le dernier coup-franc du match balancé dans le paquet par Lima, repris par Pallois (certainement le meileur Canari, pour son 200e match en L1), sauvé du pied par Costil devant Ngom, puis par Sala qui mit son coup de tête au-dessus du but grand ouvert (90e + 2). Mais sur l'ensemble du match, le FCNA n'aurait pas mérité cette égalisation. L'une des clés du succès bordelais fut d'abord la grosse partie livrée par la défense girondine, les deux latéraux Sabaly et Poundjé n'ayant - cette fois-ci - jamais oublié de revenir à leurs indispensables tâches défensives tout en ne manquant pas une occasion de créer le surnombre sur les ailes et de déliver quelques bons centres, dont l'un finit par s'avérer payant. Mais c'est surtout l'axe central inédit Koundé-Pablo qui a impressionné par son sang-froid, le jeune défenseur landiranais livrant encore une fois une partie impeccable et sans faute pendant que le Brésilien, pour son premier match depuis son retour de prêt aux Corinthians, a tout simplement été le taulier de la maison girondine, éteignant le buteur nantais Sala, à l'image de cette intervention remarquable devant l'ex-bordelais sur un centre de la gauche de Lima (73e). Une autré clé fut la consistance du milieu de terrain bordelais, bien plus agressif dans le bon sens du terme que son hôte du jour, au sein duquel le slovène Khrin, par exemple, fut transparent, quand Meïte et Youssouf moissonnaient nombre de ballons précieux devant la surface girondine. Enfin, la partie livrée par Nicolas De Préville, sa plus aboutie - et de loin - depuis qu'il est bordelais puisqu'il ne se contenta pas d'inscrire le but de la victoire, mais joua aussi un rôle défensif précieux quand les circonstances exigèrent de descendre à la mine, obligea les Nantais à une vigilance constante, Dubois et Diego Carlos n'étant pas à la noce à chaque fois que l'ex-lillois et Rémois dézonait et venait les provoquer balle au pied. Peu de gens ont compris par ailleurs les choix de Claudio Ranieri sur la première période, mais les deux changements opérés à la pause par le technicien italien n'ont pas réellement apporté une plus grande maîtrise dans la tenue du ballon, le FCNA, sans l'intransigeance de son gardien roumain, étant au contraire tout près du KO dans le premier quart d'heure du second acte, comme expliqué plus haut. Avec 26 points au compteur, les Girondins, qui ont enfin joué sur leur vraie valeur et en véritable équipe, prennent donc un grand bol d'air avant de recevoir l'épouvantail lyonnais ce dimanche 28 janvier au Matmut. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre depuis le stade de la Beaujoire à Nantes, écoutez les réactions des deux coaches, Claudio RANIERI (FCNA) puis Eric BEDOUET (FCGB) ainsi que celle du président des Girondins Stéphane MARTIN qui annonce l'arrivée officielle d'un nouvel entraîneur à la tête de l'équipe fanion, l'uruguayen Gustavo Poyet, ancien entraîneur de Suderland, Brighton, AEK Athènes entre autres, et dernièrement du club de Shangai Shenhua en Chine, qui sera présenté au Haillan ce lundi 22 janvier. Il arrive en Gironde épaulé par Fernando Menegazzo, l'ancien milieu de terrain brésilien de l'équipe des Girondins championne de France en 2009, qui n'a laissé que de bons souvenirs en Gironde. Pour entendre de nombreuses autres réactions bordelaises et nantaises d'après-match, rendez-vous ce lundi 22 janvier dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.