Mise en ligne le Dimanche 04 Février 2018
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STRASBOURG / BORDEAUX (0-2) : Le Ballon d'Alsace pour des bordelais intransigeants

Il faut bien l'admettre, la choucroute de l'aller, trop acide et dans laquelle ils avaient pédalé comme à plaisir, leur était restée sur l'estomac...Pour ce retour en terre alsacienne, les Girondins ont donc rendu la monnaie de leur pièce à des strasbourgeois toujours sur la mauvaise pente depuis quelques matches (5 défaites sur les 6 dernières journées). Un ballon d'Alsace sacrément "oxygénant" pour les Marine et Blanc, même si ledit ballon (celui en cuir, pas le massif montagneux bien connu) eut toutes les peines du monde à rouler normalement sur une pelouse indigne d'un stade de Ligue 1 et ravagée par les frimas de l'hiver. Dans ces conditions, il apparaissait clairement que l'équipe obligée de courir après le score, donc de créer le jeu, ne serait pas sortie de l'auberge, fût-elle alsacienne et tenue par Maître Kanter...La chance a voulu, cette fois-ci, que ce soit Bordeaux qui cueille à froid son adversaire, sans vraiment le faire exprès, aussi rapidement que Bahoken avait profité à l'aller de la toile d'Otavio perdant un ballon anodin avant d'aller fusiller Costil après moins de deux minutes. Mais la chance ne sourit qu'aux audacieux, et de l'audace, Bordeaux en a beaucoup plus, depuis trois semaines, à la grande satisfaction de son coach. Pour précipiter les évènements, toile il y eut encore dans la froidure alsacienne (2 degrés au coup d'envoi) heureusement réchauffée par un public magnifique (24 662 spectateurs) quand Mangane tenta le dribble de trop sur un De Préville incisif dès le coup d'envoi et perdit le ballon. Mal lui en prit car l'ex-rémois s'enfuit balle au pied sur le flanc gauche défier Kamara, qui sortit vainqueur de son duel, certes, mais en pure perte, le dégagement à l'aveugle de Grimm étant contré par un Sankharé opportuniste qui réussit un lob magistral après une improbable partie de billard (0-1, 3e) et signa son 5e but bordelais. Les Girondins avaient le pied à l'étrier, et ils continuèrent, à l'image d'un Laborde empoisonnant au possible pour les deux centraux adverses et d'un De Préville au pressing tout terrain omniprésent, à faire déjouer les locaux, qui avaient beaucoup de mal à s'approcher du but de Costil, lequel n'eut pas un seul arrêt à faire de tout le premier acte, quand ses partenaires cadraient 4 de leurs tentatives. Et pas davantage en seconde puisque la seule parade qu'il réalisa sur un tir en pivot de Saadi ne servit à rien, l'algérien ayant été signalé hors-jeu au départ de l'action. Comme à Nantes, et comme à Troyes auparavant, Bordeaux restait constamment dangereux, comme sur cette échappée de Laborde côté gauche lâché au marquage par Mangane, mais dont De Préville ne put reprendre correctement le centre au cordeau (13e). La Meinau avait certes grondé quand Sabaly avait écarté du bras Terrier sur le flanc gauche de l'attaque alsacienne sans que M.Brisard ne bronche (40e). Mais la faute, si faute il y avait, était de toute façon en dehors de la surface, contrairement au souhait de la vox populi... Maitrisant bien la situation, à l'image d'une défense intraitable et peu souvent à la faute (3 en tout et pour tout sur le premier acte) - ce que traduit mal la distribution de cartons de l'arbitre à l'endroit des bordelais, et notamment de Poundjé (5e) et Pablo (30e) auteurs de fautes peu évidentes - les Girondins avaient été souverains dans le jeu aérien, aux antipodes de leur match à Dijon début décembre par exemple, Pablo et Koundé, une nouvelle fois titulaires, confisquant tous les ballons vers l'avant que Mangane le capitaine local, s'obstinait à balancer en direction de Terrier ou de Saadi, régulièrement battus. Un coup-franc de Malcom repris par...personne et juste effleuré par De Préville, mais que Kamara sauva in extremis au prix d'une belle horizontale juste avant la pause (44e) venait rappeler que l'avantage au score était tout sauf un déni de justice pour les Marine et Blanc. Sur un contre bien emmené après un énième dégagement au pied manqué par Kamara qui ne leva pas assez son ballon, et par l'effet d'un pressing très haut qui leur permit de récupérer illico le ballon, les Bordelais enfonçaient le clou par une action bien emmenée par Sankharé côté gauche, relayée par De Préville qui démarquait Laborde sur le flanc droit. La frappe croisée du Landais, imparable et à ras de terre, faisait mouche (0-2, 53e) et annonçait la mise en bière - mousse incluse - des espérances strasbourgeoises de victoire. Et ceci malgré la débauche d'efforts généreuse mais brouillonne des Alsaciens, et un coup-franc à 20 mètres bien enroulé par Kenny Lala qui heurtait l'arête extérieure du but de Costil, battu (62e). Poyet changeait ensuite toute son attaque, y compris un Malcom moins tranchant qu'à l'accoutumée, dont la technique a semblé incompatible avec le champ de labour de la Meinau, mais qui n'a jamais rechigné aux tâches défensives, comme ses partenaires. Braithwaite connaissait donc ses premières minutes de jeu sous le maillot girondin, et était à deux doigts de contrer un dégagement de Kamara, pas très rassurant sur cette rencontre, à l'instar de sa défense centrale. En fin de rencontre, Kamano et Braithwaite, aidés par deux autres bordelais, se permettaient même des politesses dans la surface alsacienne, sur une action où la défense locale, dépassée, aurait très bien pu être sanctionnée d'un penalty pour une intervention à retardement, mais flagrante de Martinez sur Lerager (88e). Le RCSA encaissait son 4e revers à domicile, Bordeaux, extrêmement rigoureux et solidaire, même si le second acte fut beaucoup plus haché que le premier, signait lui le 13e succès de son histoire en Alsace, le 3e consécutif depuis moins d'un mois... Un bilan qui paraissait simplement impensable début janvier et qui hisse les Girondins à la 8e place. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade de la Meinau aux côtés de Lazaros Mavromatidis, traducteur franco-grec de conférences de presse, écoutez les réactions de Gustavo POYET, le coach des Girondins, puis Thierry LAUREY, celui du RCSA, assez remonté contre les médias locaux, et Gaétan LABORDE, l'attaquant des Girondins qui a signé son 2e but de la saison. D'autres réactions bordelaises et alsaciennes à écouter ce lundi 5 février dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.