Mise en ligne le Dimanche 18 Février 2018
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MARSEILLE / BORDEAUX (1-0) : Une seule erreur aura suffi, hélas

Il fallait bien que la belle série prenne fin un jour. Et on savait qu'il existait de grandes chances pour que cela se passe au Vélodrome, décoré pour l'occasion de multiples banderoles déployées par chaque groupe de supporters marseillais à l'intention de la LFP, clairement apostrophée par ces revendications et ce ras-le-bol manifeste. Les Girondins, à qui on pouvait raisonnablement prédire l'enfer face à une équipe en grande forme et invaincue depuis 11 rencontres, n'ont pas démérité, tant s'en faut, et même livré un match rigoureux et solidaire sur le plan défensif. Mais leur seule et unique erreur en 90 minutes de jeu leur aura été fatale, sur un coup de pied arrêté (encore une fois). Sur le 4e corner olympien du match, tiré de la gauche au premier poteau par Payet, Meïté a été trop court d'un cheveu, et Thauvin, derrière lui, a surgi pour placer sa tête dans la lucarne de Costil à bout portant (1-0, 34e, en photo), signant son 15e but de la saison, malgré la présence de nombreux joueurs bordelais sur cette action. D'autant plus rageant que jusqu'alors, malgré une possession de balle de l'OM outrageuse mais prévisible, les Marine et Blanc semblaient partis pour livrer un vrai match d'outsiders. Costil s'était en effet brillamment interposé en deux temps sur une frappe puissante de 25 mètres d'Amavi, trop libre de ses mouvements, avant de se relever pour repousser encore la reprise instantanée de Germain qui suivait (8e). Puis le capitaine girondin, sur un corner de la droite, s'était envolé pour repousser une tête lobée et décroisée d'Anguissa qu'il renvoyait dans les pieds de ce même Germain, mais la frappe croisée de l'ex-monégasque était repoussée sur la ligne par De Préville, idéalement placé comme un défenseur latéral (22e). Si Bordeaux défendait bien, avec un Pablo et un Koundé toujours aussi impériaux et jamais pris en défaut balle au pied, et récupérait pas mal de ballons par un Lerager au four et au moulin, il ne les tenait pas assez longtemps, notamment aux avant-postes où Malcom, presque invisible lors du premier acte, et Laborde, malgré une jolie tête hélas non cadrée sur l'unique corner girondin de la première mi-temps (30e), n'étaient pas à la noce. Il fallait attendre la 41e minute pour assister à la première (et unique) tentative cadrée des Girondins, par une tête piquée de Laborde pas assez appuyée, à la réception d'un coup-franc de Malcom. Sans surprise, l'OM menait donc largement à la pause au niveau des statistiques, mais les Girondins n'avaient jamais été dépassés par les évènements. La tendance allait même se confirmer après les citrons où, sans se montrer vraiment menaçants, ils reculaient moins et passaient bien plus de temps dans la moitié de terrain marseillaise, les Phocéens commençant à ressentir le contrecoup des efforts européens consentis en milieu de semaine. Lancé par Rami après un ballon perdu par Kamano dans la surface marseillaise au départ de l'action, Sanson perdait son duel avec Costil qui freinait le ballon avant que Pablo n'écarte le danger (58e), puis un but était refusé à Koundé quand Pablo, sur un coup-franc de Malcom - un peu plus incisif après la pause - emporté par son élan percutait Pelé, après sans doute une main de Rolando, plus ou moins volontaire (61e). La dernière demi-heure, crispante, marquait les limites offensives des Marine et Blanc, toujours attentifs derrière mais en panne de vitesse et de précision devant, face à un OM qui avait tout de même perdu beaucoup de sa superbe et terminait le match avec le couteau entre les dents. Il manquait peu de choses à Braithwaite, plus vif que Rolando, pour reprendre au point de penalty une passe en profondeur de Kamano (71e). Dans le temps additionnel, Luis Gustavo, d'une frappe flottante de 25 mètres, faisait briller Costil pour la dernière fois de la soirée (90e + 2). Les Olympiens alignaient une 12e rencontre sans défaite, les Girondins connaissaient leur premier accroc sous l'ère Poyet. Pas de quoi remettre en cause leur état d'esprit irréprochable, à condition de repartir de l'avant dès le 25 février au Matmut contre Nice, adversaire direct dans la course à l'Europe. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral aux côtés de Sébastien Greilh depuis l'Orange Vélodrome à Marseille, écoutez la réaction des deux entraîneurs, Gustavo POYET (Bx) puis Rudi GARCIA (OM). D'autres réactions marseillaises et bordelaises à écouter ce lundi 19 février dans nos journaux de 6h à 18h puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.