Mise en ligne le Dimanche 25 Février 2018
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BORDEAUX / NICE (0-0) : Quand la scoumoune s'en mêle...

Bordeaux ne gagne toujours pas sans son "agitateur" Malcom (en photo, le message clair des supporters à l'intention des censeurs du football). Le constat, embarrassant, est bien là, et donne une idée de ce qui attendra les Girondins à partir du mois de juin, mais il mérite quelques nuances. Car quand la scoumoune s'en mêle à ce point, on se dit que le football aura toujours sa part de paradoxe et qu'avec ou sans Malcom, il ne pouvait de toute façon rien arriver à des Aiglons pourtant fragilisés par une mauvaise série de résultats, une élimination de l'Europa League marquée par un voyage à Moscou éprouvant, et une cascade d'absences. Trois heures de jeu supplémentaires n'y auraient rien changé : la réussite que Bordeaux avait un peu connue à Strasbourg (même si sa victoire 2-0 y était méritée) sur le but de Sankharé, ou même contre Amiens, lui a cette fois-ci complètement tourné le dos, dans des proportions assez incroyables qui feront sans doute date dans les annales de la Ligue, 1, au moins dans celles de la présente saison. 7 tirs cadrés, et surtout 4 autres sur les barres et/ou montants du but de Walter Benitez, difficile de connaître pire poisse. Belmondo dans le fameux film de José Giovanni n'aurait pas fait mieux... (1). Le rôle-titre de Bébel, c'est sans doute Nicolas De Préville qui l'a tenu en ce dimanche ensoleillé, mais glacial, trouvant lui-même par deux fois l'arête sur une frappe enroulée de la gauche de 20 mètres (14e) puis la barre sur une mine expédiée du point de penalty après un caviar de Lerager (90e) alors que l'excellent portier argentin de l'OGCN était les deux fois battu. Mais les Aiglons, qui auront donc mené à bien leur petit hold-up (aucun tir cadré de toute la rencontre et 0 occasion en seconde période) doivent aussi une fière chandelle à leur gardien, auteur d'un arrêt exceptionnel qui les mit en confiance après une entame plus qu'hésitante (2 ballons perdus dans les 6 premières minutes sous l'effet du haut pressing girondin, dont un, récupéré par Kamano, qui poussa Coly à une intervention suspecte sur le Guinéen en pleine surface dès la 2e minute), lorsqu'il trouva le moyen, tel un félin, de se relever et de tendre une main ferme sur une reprise acrobatique à bout portant de Braithwaite après une première frappe en pivot de Meïté sur le montant, suite à un retourné manqué de De Préville (12e). La plus grosse occasion bordelaise du match, assurément, qui n'augurait rien de bon et laissait penser, à ceux qui y croient, que l'influence des astres ne serait guère favorable aux Girondins cette fois...D'autant que dans le prolongement de cette action, Benitez bloquait encore, sur le corner qui suivait, la talonnade "Madjérienne" de Pablo. Et que ce même De Préville, très actif lors du premier acte, mais nettement moins lucide lors du second, ratait complètement sa frappe après avoir fait le plus dur côté gauche par un débordement d'école (24e)...suivi d'une passe au gardien visiteur après avoir accroché la pelouse. L'entame des Girondins était (presque) idéale, ne manquait que le but, même si, les deux seules fois où les niçois avaient mis le nez à la fenêtre, Plea, sur un une-deux avec Sackho, avait trop croisé sa frappe de quelques centimètres (10e), puis avait manqué du bout du crampon, au second poteau, la réception d'un long centre de Lees-Melou (30e), donnant aux 23 000 spectateurs quelques sueurs encore plus froides que celles causées par la météo. Le dernier quart d'heure du premier acte, beaucoup plus équilibré, laissait cependant deviner ce qui allait suivre, avec des Marine et Blanc de moins en moins précis et tranchants dans le geste final. En grande souffrance en début de match, par ses deux jeunes latéraux Burner et surtout Coly qui commit un nombre incalculable de fautes pour ne s'en tirer au final qu'avec...un jaune (25e), en tout et pour tout, exactement comme l'infortuné Pablo, dont l'intervention plus maladroite que méchante sur Sacko - son unique faute de la rencontre - fut sanctionnée avec la même sévérité (78e), l'OGC Nice parvint au fil des minutes à trouver la parade et contenir de mieux en mieux les Girondins, où Plasil, titulaire pour la première fois depuis longtemps, n'était pas le dernier à se démener. Il fallait un ballon perdu par Marlon pour que De Préville inquiète (un peu seulement) Benitez sur une frappe trop écrasée (49e), puis sur un coup-franc prévisible (65e). Pendant 30 minutes, malgré une profusion de frappes au but, les Girondins fonctionnaient sur courant alternatif, avec nettement moins de cohérence qu'en début de rencontre, s'en remettant à des actions sporadiques et individuelles. L'entrée de Laborde (61e) à la place d'un Braithwaite malheureux allait leur redonner du tonus mais le Landais, bien lancé sur le flanc droit par Sabaly, l'un des meilleurs bordelais sur ce match, croisait un petit peu trop sa frappe sans angle, qui flirtait avec le poteau gauche de Benitez (81e). Sur un corner joué en deux temps de la gauche, même Paul Baysse touchait du bois en expédiant une volée du pied droit sur l'arête extérieure du but azuréen (89e)...jusqu'à la dernière fusée de De Préville, pas plus heureux. Les deux poteaux et la barre, toute la panoplie y est passée...Une belle occasion de manquée pour les Girondins, en tout cas (il n'y en aura sans doute plus beaucoup désormais), et un 3e nul à domicile (le premier de la saison sans but) qui tombe bien mal avant de se rendre à Monaco ce vendredi 2 mars. Pour que l'Europe reste dans leur ligne de mire, il faudra que les Girondins n'en rentrent pas bredouilles...et que pour cela, la scoumoune laisse la place à la baraka. Et tant pis si on n'en fait pas un film ni un fromage. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Lucien FAVRE (OGCN) puis Gustavo POYET (FCGB) et Paul BAYSSE, le défenseur central des Girondins. D'autres réactions bordelaises et niçoises à écouter ce lundi 26 février 2018 dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.



(1) La Scoumoune, film policier de José Giovanni (1972) avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale. Qui n'est pourtant pas la maman du gardien niçois Yoan...