Mise en ligne le Dimanche 11 Mars 2018
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BORDEAUX / ANGERS (0-0) : Pas loin du néant

Comme une impression de déjà vu...Dans l'apathie affichée par les Marine et Blanc en première période comme dans leurs lacunes techniques tout au long de la rencontre, ce triste Bordeaux / Angers, du même acabit que les précédents au Matmut, a étrangement rappelé aux courageux 17 000 spectateurs les sombres heures du mois de décembre et les rencontres face à Strasbourg (0-3) ou Montpellier (0-2) où Bordeaux ne mettait plus un pied devant l'autre, et à plus grande échelle, la kyrielle d'occasions manquées de revenir dans la course à l'Europe, résultat d'un gaspillage abyssal de points à domicile contre des équipes luttant pour le maintien. Un grand classique bordelais depuis au moins trois ou quatre saisons, faut-il le rappeler douloureusement...Bref, avec ou sans Malcom (ici en photo entre Santamaria et Oniangué), les vieux démons ne sont pas morts. Mais au moins cette fois-ci les Girondins n'ont-ils pas baissé pavillon, contrairement aux deux précédentes sorties en Gironde face à cet adversaire (1-3 il y a deux ans, 0-1 l'an passé) qu'ils ne savent manifestement pas jouer, le constat est incontestable, alors que le schéma de jeu angevin leur est connu depuis depuis longtemps, et que le prévisible 5-4-1 mis sur pied par Moulin n'avait d'autre but que d'isoler le petit Brésilien sur son couloir et l'empêcher d'alimenter les attaquants. Mais voilà, les Girondins, encore une fois, se sont montrés incapables de trouver la parade, et trois heures de jeu supplémentaires n'y auraient rien changé... Il aura fallu attendre 55 minutes pour assister à leur première frappe cadrée du match, oeuvre de Sabaly, presque une passe pour Butelle, et 61 pour noter la première occasion digne de ce nom, échue à Kamano, pourtant en position presque aussi bonne qu'il l'avait été à l'aller le 6 août face à Letellier pour la balle de break, alors que Bordeaux menait 2-1 à Raymond Kopa...En revanche, une minute et 20 secondes auront suffi pour trembler sur la première banderille angevine, quand un coup-franc à 30 mètres de Reine Adelaide, consécutif à une faute de Plasil sur Oniangue, trouva au second poteau la tête du capitaine Traoré, sautant bien plus haut que Koundé pour voir sa reprise heurter le dessus de la barre de Costil, battu (2e). Une action qui plantait le décor et préfigurait la bouillie de football qui allait suivre, 45 minutes durant, où les Girondins, incapables de mettre du rythme ni de gagner un seul duel offensif balle au pied, ne firent jamais plus de trois passes consécutives. L'une des pires mi-temps que l'on ait vues cette saison au Matmut assurément, avec celle face à Strasbourg le 8 décembre. Encore heureux que par la suite, Tait d'une frappe flottante de 20 mètres (16e), Fulgini surtout, d'une frappe enroulée du droit au ras du montant après une incursion bien trop facile de Reine Adelaide dans la surface bordelaise (21e), et Toko Ekambi, pas dans un bon soir après un crochet sur Baysse (41e) n'aient pas bien réglé la mire. Le 0-0 à la pause était un moindre mal pour les Marine et Blanc, minés par un déchet technique très au-dessus de la moyenne. La remontée de bretelles de Poyet ne provoqua pas la réaction escomptée, trop de joueurs-clés restant très en dessous de leur rendement habituel, à commencer par Laborde, qui ne réussit rien de bon, ou Malcom, qui faisait son retour mais resta donc invisible tout le premier acte, et à peine moins éteint lors du second, avec un ou deux éclairs sans suite, malgré la présence de nombreux observateurs d'Outre-manche en tribune. Si les Girondins restèrent un peu plus souvent dans le camp angevin et eurent la possession de balle, le plus souvent grâce à la débauche d'énergie de Plasil ou Sabaly, seuls à surnager, l'unique grosse occasion échut à Braithwaite, décidément malchanceux qui seul à 6 mètres, percuta une tête sur la barre, après une remise de Kamano sur un centre de Malcom de la droite (74e). Bien trop peu cependant pour ne pas concéder un 4e nul à domicile (le second consécutif sans but, une denrée en train de (re)devenir dangereusement rare depuis 4 rencontres) et lâcher deux nouveaux points capitaux qui les éloignent encore plus de l'Europe, alors que devant eux, Rennes et Montpellier, longtemps menés au score, n'ont pris qu'un point...Mais pas Nantes (1-0 contre Troyes, but d'un certain Sala, ex-bordelais), qui s'envole avec 43 points et que les Girondins, à 6 longueurs des Canaris, ne reverront sans doute plus dans leur viseur. Malgré leurs courts échecs à Marseille puis Monaco, il ne faudra pas se tromper d'analyse ni chercher longtemps où et comment ils auront laissé passer leurs chances d'être européens. Sûrement pas au Vélodrome ni au pied du Rocher sur des matches où on a pu leur reprocher leur trop grande prudence, mais bel et bien au Matmut où leur bilan (16 points abandonnés) n'est pas celui d'une équipe candidate à une telle consécration. Sur l'exercice jusqu'ici, ils ont cédé 6 points à Caen, 4 à Angers après avoir mené en Anjou, 3 contre Strasbourg sur un non-match Aller...Anormal, et bien trop pour que leur classement ne s'en ressente pas. Sans vouloir être oiseau de mauvais augure, mais pour bien faire comprendre qu'on ne peut tout de même pas changer de coach tous les quatre matins à seule fin de "rallumer la chaudière" pour un effet "feu de paille", que la solution appartient aussi aux joueurs et repose d'abord sur leur force de caractère, rappelons qu'après la dégelée du Parc des Princes le 30 septembre (6-2), Bordeaux avait enchaîné 6 autres matches de championnat sans victoire avant de regagner, (pour rechuter aussitôt, hélas), contre St Etienne le 28 novembre (3-0), seul îlot de verdure dans une traversée du désert de trois mois et demi. Depuis l'échec au Vélodrome chez un autre ténor du Top 4 le 19 février (1-0), les voilà déjà à 4 rencontres sans victoire, série en cours... On sait bien que l'Histoire est un éternel recommencement, mais ce serait très bien que pour une fois, ils puissent démentir cette fatalité. Quand Gustavo Poyet, qui ne connaît pourtant la maison girondine que depuis peu, parle de problème mental, on n'est pas loin de lui emboîter le pas...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Stéphane MOULIN (SCO), puis Gustavo POYET (FCGB). D'autres réactions bordelaises et angevines à écouter ce lundi 12 mars dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.