Mise en ligne le Dimanche 18 Mars 2018
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BORDEAUX / RENNES (0-2) : Bien trop fluets pour le costume...

La même, mais en couleurs cette fois. Après la copie insipide en noir et blanc (couleurs originelles du SCO) rendue la semaine passée contre Angers, les Girondins ont fait plus fort encore ce samedi et remis le couvert, mais avec les couleurs cette fois. Face à un adversaire de niveau supérieur, pourtant venu lui aussi en noir et blanc pour l'occasion, il était à craindre qu'à "qualité de jeu" égale, si l'on peut dire, la sanction soit encore plus sévère. Ce qui n'a pas manqué d'arriver. De ce copié-collé ou presque du match contre le SCO, même si les failles furent ailleurs cette fois (mais le problème est qu'il y a toujours quelque chose qui cloche), reste à savoir de quelles couleurs il s'agit. Du rouge de la honte, d'avoir subi une 5e défaite à domicile et lâché ses 17e, 18e et 19e points de la saison au Matmut (excusez du peu...), ou du noir d'un horizon qui s'annonce effroyablement similaire à celui qui suivit la débâcle à Paris fin septembre. Après le 6-2 du Parc, Bordeaux enchaîna, on s'en souvient, 6 matches sans victoires, dont 4 défaites...Depuis l'accroc - pourtant honorable celui-là - à Marseille, autre ténor, le 19 février (1-0), Bordeaux a inscrit 1 seul but (inutile, à Monaco, défaite 2-1) en 5 matches, subi 3 défaites et ne met plus un pied devant l'autre. S'il perd à Guingamp le 1er avril comme on peut le craindre s'il stagne à ce niveau de jeu, on en sera exactement au même point que fin novembre. Poyet ou Gourvennec, Gourvennec ou Poyet, du pareil au même...Sans doute ce que l'on appelle l'effet papillon. Ou plus prosaïquement, celui d'un cautère sur une jambe de bois. Tout ça pour ça...Rennes n'avait plus gagné à Bordeaux depuis décembre 2006 (2-1). C'est désormais chose faite, sans avoir eu le moins du monde à forcer son talent, marquant seulement à des moments-clés, en début et en fin de seconde période, après une première d'un vide abyssal et équitablement partagé, où le néant footballistique le disputa dangereusement à la purge la plus radicale. Deux buts sur deux frappes cadrées, ou presque : il n'en fallait pas davantage pour mettre sur les fesses une formation girondine qui plie désormais comme un roseau et ne verra plus les Rennais dans son viseur jusqu'à la fin de l'exercice, c'est maintenant une certitude. Passons donc sur un premier acte d'un ennui mortel et où le seul fait marquant fut la sortie prématurée sur blessure de Braithwaite (13e), remplacé par De Préville, même si l'on retiendra aussi, en étant indulgent, une belle accélération de Malcom conclue hélas par une frappe non cadrée, juste auparavant (11e). Le second acte démarra par un coup de théâtre, sous la forme de cette grosse faute de main de Costil, généreux malgré lui avec son ancien club, qui relâcha sur son poteau une frappe de Khazri, le rennais sans surprise jusqu'alors le plus actif, Sarr bien plus prompt que Pablo n'ayant plus qu'à finir le travail à bout portant (0-1, 49e). Et se termina par un contre prévisible qui sonna comme un glas dans un Matmut qui avait fini par se faire une raison et avait constaté depuis longtemps l'évidence : celle d'une formation girondine trop limitée et inoffensive (2 tirs cadrés sur 9, 3 sur 6 pour les Bretons soit 50%, un ratio que les Girondins n'ont plus atteint depuis quelques lustres, sauf contre Nice) pour espérer se parer in extremis d'un costume européen bien trop grand pour elle. Malgré ce coup d'envoi fictif donné par deux buteurs patentés du club bordelais, Pauleta et Cavenaghi, que Bordeaux n'avait pas été capable de transformer en heureux présage. Sic transit gloria mundi...Ainsi passe la gloire du monde. Alors, comme la saison passée déjà où il avait offert l'égalisation aux rennais, Yohan Gourcuff, l'ex-bordelais à qui le public girondin sut rendre un bel hommage avant la rencontre, y alla de son petit but définitif au sortir d'un une-deux d'école avec Khazri, après une nouvelle bourde de Pablo devant Bourigeaud (0-2, 86e). Entre ces deux réalisations cruelles qui renvoient les dirigeants girondins à se poser les bonnes questions, rien à signaler, ou presque, hormis un avertissement surréaliste à De Préville (71e) tombé dans la surface alors que Khazri, sur une action et une attitude similaires 3 minutes avant à la lutte avec Koundé, n'avait pas reçu la même sanction. Mais depuis "l'exemple" Malcom, on a cessé de s'étonner de ce genre d'incongruités...7 tours avant la fin, le rideau tombe presque déjà (il faudra quand même assurer le maintien, ce qui avec 37 points, n'est pas encore fait au rythme de menhir où ils avancent) et il sera dur aux Marine et Blanc, à qui la réalité du terrain est revenue en pleine face, de trouver un peu de saveur aux deux mois de compétition qui restent, triste épilogue d'une saison ratée de bout en bout, avec une élimination dans les 3 coupes (Europa, Coupe de France et Coupe de la Ligue) dès leur entrée en lice. Même sous Sagnol et Gourvennec avant leur renvoi en cours de saison, Bordeaux n'avait jamais fait aussi mal ces dernières années. Y compris il y a deux ans quand Ulrich Ramé avait terminé la saison. Car au moins la carrière en Coupe des bordelais avait-elle été un peu plus longue. Au micro d'Anthony Ricarte qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le Matmut Atlantique aux cotés de Michel Le Blayo, écoutez la réaction des deux entraîneurs, Sabri LAMOUCHI (SRFC) puis Gustavo POYET (FCGB). D'autres réactions bordelaises et rennaises à écouter ce lundi dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.