Mise en ligne le Dimanche 01 Avril 2018
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GUINGAMP / BORDEAUX (2-1) : Un quart d'heure bordelais, cela ne suffit pas...

Nous voilà revenus à la case départ, ou plutôt quatre mois en arrière, à l'aube d'un mois de décembre qui, on s'en souvient, allait être le pire de la saison actuelle pour le FCGB sur le plan comptable (5 défaites en autant de rencontres). L'En Avant de Guingamp, une seule victoire sur ses onze derniers matches et 10 buts encaissés sur les trois derniers, est parvenu à honorer le slogan qui trône en bonne place au dessus de la tribune du Roudourou et à repartir...de l'Avant par un succès précieux qui le rapproche du maintien mathématique et qui lui permet même de dépasser au classement sa victime du jour. Pour les Girondins, eux, c'est En Arrière, toute ! Depuis l'accroc à Marseille le 19 février, six matches sans victoire désormais, pour deux petits buts marqués, et à quel prix : le bilan est l'exacte réplique de celui de Jocelyn Gouvennec qui suivit la défaite au Parc des Princes fin septembre...et il prouve bien, à postériori et comme on craignait de le vérifier, que le coach breton, s'il fut bien le fusible d'une situation devenue intenable, n'en était pas forcément le responsable. Aussi longtemps que les joueurs souffleront le chaud et le froid, n'auront pas bien compris qu'un match de football dure 6 quarts d'heure et non pas un seul et continueront d'en faire moins que le minimum exigible, il leur sera difficile d'espérer battre qui que ce soit en Ligue 1 jusqu'à la fin du présent exercice. Pendant une heure et quart au Roudourou ce dimanche 1er avril, la copie rendue fut en effet, sinon d'une insigne faiblesse, du moins d'un ennui abyssal, et jamais l'on n'eut l'impression que les Marine et Blanc étaient venus en Bretagne pour se relancer et disputer leur ultime et infime chance de se rapprocher un tant soit peu de l'Europe. Bref, un mauvais poisson d'avril dont on se serait passé volontiers. En conséquence de quoi, c'est de la zone rouge qu'ils se sont rapprochés, car avec toujours 37 points au compteur et s'ils conservent le rythme d'escargots auquel ils avancent (2 points en 6 matches), c'est à 39 points qu'ils pourraient terminer l'exercice. On se pince et on n'ose imaginer pareille éventualité, parce que rien ne dit qu'un total aussi misérable suffira à les mettre à l'abri de la place de barragiste, même si Troyes traîne encore 8 points derrière, après avoir gâché une belle occasion contre Nice, heureusement (0-2)...Fidèles à leur empathie légendaire qui les pousse irrésistiblement depuis plusieurs saisons à relancer les adversaires criant famine ou en quête de confiance, les Girondins, devenus une sorte d'Abbé Pierre de la Ligue 1, ont donc relancé des Costarmoricains pourtant loin d'être irrésistibles, comme ils avaient relancé auparavant - par exemple - à la mi-janvier au Matmut des Caennais moribonds et sans victoire depuis...le match aller contre eux en Normandie ! Mais pour éviter cette nouvelle désillusion, encore aurait-il fallu montrer un visage plus offensif, quitte à s'exposer à des contres qui, de toute façon, ont fini par leur être fatals. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs - fussent-ils de Pâques - mais les stats à la pause laissaient clairement apparaître que ce sont bien les locaux qui avaient été les plus entreprenants. Coté girondin, à l'exception d'une frappe de 18 mètres bien enroulée de Lerager, servi par De Préville, déviée en corner par Johnsson (26e), rien à signaler, pas d'autre tir cadré susceptible de faire planer la moindre menace, pas même de Braithwaite ni de De Préville, alignés ensemble mais qui ne purent ni l'un ni l'autre déclencher la moindre frappe au but... Costil, lui, avait dû s'employer avec autorité sur une tête de Diallo à la réception d'un débordement de Rebocho face auquel Sabaly fut rarement à la noce (36e), puis en repoussant du pied une frappe croisée de Briand, bien lancé en profondeur par Ikoko après un ballon perdu par Malcom (41e). Dès la reprise, Grenier, libre de ses mouvements, faisait frémir le gardien bordelais d'une demi-volée au ras du montant droit (51e)...avant de trouver la mire en transformant un coup-franc en pleine lunette, sanctionnant une faute loin d'être évidente de Paul Baysse sur Briand qui s'était écroulé aux 18 mètres (1-0, 55e). Mais si les Girondins peuvent déplorer cette erreur de M.Moreira abusé par le capitaine guingampais qui fait partie, lui aussi, de ceux qui ont tendance à tomber facilement, une fois de plus il ne surent renverser la vapeur après avoir concédé le premier but, un mal récurrent cette saison puisque c'est la 14e fois que ce scenario se produisait... Pire : sur un énième coup-franc concédé aux abords de leur surface (car il y en avait déjà eu beaucoup trop en première période), la frappe de Ngbakoto, d'abord contrée par deux bordelais mais renvoyée dans l'axe, revint sur Diallo à dix mètres. Cette fois-ci, du droit, le Sénégalais ne laissait pas passer l'aubaine (2-0, 59e). En presque moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le château de cartes girondin venait de s'effondrer, comme tant d'autres fois cette saison, à Dijon, contre Strasbourg à Bordeaux ou à Toulouse en Coupe de la Ligue. L'humiliation fut même évitée de justesse quand Costil, bien resté sur ses appuis, remporta son duel face à Briand, après un ballon en profondeur de Blas dévié par Baysse qui avait pris Koundé complètement à contrepied (75e). Alors, et alors seulement, les Girondins, au point où ils en étaient, se décidèrent à lâcher les chevaux, à faire ce qui aurait dû être fait une heure plus tôt et à jouer sur leur valeur. Si le mal était fait, on vit néanmoins une autre équipe sur les quinze dernières minutes, qui cessa de subir et d'attendre pour bousculer enfin son adversaire et le pousser à la faute, Malcom (en photo face à Diallo) sonnant la révolte d'une frappe enroulée que Johnsson claqua au-dessus de sa barre (76e). Faute qui ne manqua pas d'arriver quand Ikoko, à la lutte sur le flanc gauche avec Kamano qui venait d'entrer, empêcha le centre du Guinéen avec la main droite en taclant. Un penalty logique, mais que Malcom, marquant un inexplicable temps d'arrêt bien trop lisible pour Johnsson, rata lamentablement. Par chance, Laborde fut le plus prompt à reprendre ce ballon relâché par le gardien suédois, poussant Kerbrat à la panique avant que Malcom, resté sur la ligne de but, ne termine le travail pour un penalty inscrit en 6 temps et 3 mouvements, sûrement le plus laborieux de l'histoire de cette saison de Ligue 1 (2-1, 79e). C'est encore le Landais, très en vue sur cette fin de match, qui fit briller le portier suédois de l'EAG d'une frappe instantanée en pivot (85e), avant de ne pas cadrer sa reprise de la tête, de peu à droite, sur un centre de la gauche délivré par Poundjé (90e + 1), alors qu'entretemps, Sankharé de la tête, avait bien cru égaliser (82e). En quinze minutes, les dernières, Bordeaux venait de se créer 3 fois plus d'occasions qu'au cours des 75 précédentes...Mais comme dans la Fable du lièvre et de la tortue, rien ne sert de courir, il aurait fallu partir à point. Pour avoir encore été trop frileux puis joué avec le feu, les Girondins, trop longtemps léthargiques, ont perdu un nouveau match largement à leur portée, et glissent à une anonyme 12e place qui est sans doute le reflet de leurs capacités du moment, surtout psychologiques. Avant deux sorties contre Montpellier puis le PSG sur lesquelles il vaudra mieux ne pas trop se bercer d'illusions, ils ont grand intérêt à prendre samedi prochain 7 avril les 3 points qui manquent à leur pécule pour assurer un maintien sans gloire, face à des Lillois encore plus pathétiques qu'eux ce dimanche à domicile contre Amiens (0-1). Car s'ils ne battent pas ce LOSC en perdition, alors il y aura vraiment du souci à se faire pour la fin de l'exercice... Au micro de Gaétan Pinel qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade du Roudourou à Guingamp, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Gustavo POYET (FCGB) puis Antoine KOMBOUARE (EAG). D'autres réactions guingampaises et bordelaises à écouter ce lundi 2 avril 2018 dans Sports Magazine à partir de 18h30.