Mise en ligne le Dimanche 08 Avril 2018
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Bordeaux / Lille (2-1) : Laborieux, mais ô combien précieux...

Petite victoire, mais grand bénéfice. Les Girondins de Bordeaux joueront bien en Ligue 1 la saison prochaine. Cela allait presque sans dire, nonobstant un doute certain, et ce sera donc encore mieux en le disant, après ces 3 points attendus de longue date (6 matches), selon un parcours dont le canevas ressemble comme un frère à celui de l'hiver où les Girondins, après déjà 6 matches de disette faisant suite à la débâcle parisienne de fin septembre (6-2), avaient retrouvé des couleurs en semaine, l'espace d'une soirée (3-0 le 28 novembre), contre une équipe stéphanoise en perdition qui n'avait rien à voir avec ce qu'elle est aujourd'hui.  Hélas, 3 jours après, Bordeaux on s'en souvient avait renoué avec ses vieux démons en sombrant à Dijon. Espérons cette fois-ci que la similitude s'arrête là et qu'à Montpellier le 15 avril, les Girondins se donnent les moyens de disputer chez un concurrent direct la minuscule chance de s'inviter au dernier strapontin européen qu'il leur reste encore, chance bien réelle, aussi incroyable que cela paraisse (encore18 points à distribuer...enfin...15 plutôt, puisque par précaution l'on exclut le PSG du décompte, qui sera à Bordeaux le 22 avril...), à condition de ne pas le crier trop fort, dans un championnat tout de même nivelé par le bas, qui, hormis par ses deux locomotives Paris et Monaco, avance à la vitesse d'un menhir, tant pour la course à l'Europe que pour celle du maintien...Mais avec la mathématique, il ne faudra pas oublier de considérer la réalité du terrain, qui incite infiniment moins à cet optimisme béat. Pour relever un challenge aussi improbable, les Girondins savent qu'ils devront montrer tout autre chose que ce que l'on a vu ce samedi, contre des Dogues moribonds et réduits à dix sur la dernière demi-heure de jeu après un disjonctage stupide (2 jaunes logiques en 3 minutes, 59e, 63e) du milieu de terrain brésilien Thiago Mendes. Avantage numérique dont ils ne surent même pas profiter pour se mettre définitivement à l'abri, butant par trois fois (Sankharé 81e, en photo, De Préville 82e, Koundé 84e) sur le jeune gardien Koffi, préféré à Maignan, avant de trembler sur une dernière échappée de Maia repris de justesse (87e). Pourtant, depuis la frappe de Malcuit au second poteau sauvée par Lerager (55e) sur une action venue de la gauche de Maia et un loupé à bout portant de Mothiba devant Costil, il y avait belle lurette que les Lillois n'existaient plus offensivement et s'acheminaient, fatalistes, vers leurs 9e match consécutif sans victoire, incapables eux aussi de profiter du naufrage de leurs adversaires directs, Toulouse et Troyes. Pas question de faire la fine bouche, donc, pour des Girondins tout heureux de mener au score à la pause, car cet avantage providentiel octroyé par un Francois Kamano en net regain de forme, auteur de son premier doublé de la saison, n'était absolument pas le reflet d'un premier acte notoirement médiocre de leur part. Rien ou quasiment pendant 35 minutes, hormis une frappe à ras de terre du gauche de Plasil (17e), certainement le bordelais le plus actif ce samedi, et une équipe dans la totale incapacité de mettre du rythme, d'aligner plus de 3 passes et de gagner un duel balle au pied, à l'image d'un Malcom encore une fois loin d'être transcendant (coup-franc de 20 mètres non cadré après une semelle de Mendyl sur Lerager, 5e), même s'il ne fut pas ménagé par des lillois auteurs de fautes grossières et nombreuses qui eussent mérité une sanction plus rapide de M.Léonard, où d'un Meïté transparent qui continue d'être l'énigme de ce mercato hivernal, Cafu en étant pour sa part le plus gros échec. Lequel Meïté, par une boulette regrettable, plaça les siens en situation plus qu'inconfortable quand il remit une touche anodine de Sabaly dans les pieds de Mothiba, au départ et à la conclusion de l'action. Benzia écartait ensuite sur la droite pour Malcuit, sans opposition sur son couloir, dont le centre au cordeau à l'angle des 5,5 mètres retrouvait Mothiba entre Pablo et Koundé trop passifs, pour une partie de billard gagnante avec la transversale de Costil (0-1, 13e). Fort heureusement les Nordistes ne surent pas profiter de l'ascendant psychologique qu'ils semblaient alors avoir sur une équipe girondine une fois de plus en retard à l'allumage, et pendant près de 30 minutes, les débats ne furent pas d'un niveau qui donne à la L1 ses lettres de noblesse, c'est le moins qu'on puisse écrire. On ne voyait pas comment les Girondins allaient pouvoir revenir au score...sauf en s'en remettant à la complicité de leur adversaire. Elle arrivait à la suite d'un centre du droit de Malcom, le jeune Kouakou Koffi évaluant mal la profondeur de la trajectoire et relâchant le ballon, du bout des doigts, sur la tête de Kamano au second poteau (1-1, 43e). Une gaffe de chaque coté, 1 partout et balle au centre...Un but-gag qui allait suffire à ébranler le moral des lillois, déjà fragile comme un château de cartes. Bordeaux se décidait enfin à emballer le match par une action qui illustre ses capacités réelles du moment, quand il veut s'en donner la peine. Plasil lançait Braithwaite sur le flanc droit de la surface qui déposait Mendyl et centrait fort au second poteau à ras de terre, pour la reprise imparable de Kamano (2-1, 45e). A défaut de trouver lui-même la faille, le Danois, malchanceux depuis plusieurs matches, voyait enfin son abnégation récompensée par une première passe décisive. La seconde période, comme on l'a vu, se résumait au fil des minutes à une attaque-défense des Girondins, avec quelques fulgurances hélas bien trop rares et toujours sur courant alternatif. N'empêche que ce qui est pris n'est plus à prendre et qu'il était grand temps de laver la sale impression laissée par les purges angevine, pusi rennaise au Matmut. Au micro ARL de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Gustavo POYET (FCGB) et Christophe GALTIER (LOSC). De nombreuses autres réactions bordelaises et lilloises à écouter ce lundi 9 avril dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.