Mise en ligne le Lundi 23 Avril 2018
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BORDEAUX / PARIS SG (0-1) : Ils méritaient mieux que ce hold-up...

Et à la fin, c'est toujours Paris qui gagne...Le refrain devient lancinant en Gironde depuis au moins 3 saisons. Même quand ils ne le méritent vraiment pas, les joueurs de la capitale ont toujours avec eux l'once de chance du champion qui sourit aux puissants et leur permet de s'imposer in fine. Comme ils l'eurent par exemple à Dijon (1-2) en octobre, à Nantes (0-1) en janvier pour des succès plus que flatteurs, ou dernièrement à St Etienne (1-1) pour un nul miraculeux. Si le suspense avait tourné court au Matmut ces deux dernières saisons (0-3 et 1-4) avec des bordelais rapidement dépassés, il n'en aura sûrement pas été de même cette fois-ci. Disons le tout net sans chauvinisme, voilà bien un hold-up en bonne et due forme, et les Marine et Blanc méritaient au moins de ne pas perdre, sans doute même de gagner au regard de leur implication et de l'énergie déployée, car rarement une équipe de Ligue 1 se sera procuré autant d'occasions franches face à l'armada parisienne cette saison. Mais pas plus que contre Nice, qui avait réalisé lui aussi un demi hold-up en Gironde début mars (0-0) avec une baraka maison, ils ne sont parvenus à marquer ce but qui aurait suffi à leur bonheur...et à les maintenir dans la course à l'Europa League. Car désormais, compte tenu des succès de St Etienne (2-1) et Nice (1-0), espérer le dernier strapontin européen supposera un carton plein jusqu'à la fin de l'exercice, et un utile crochet par Lourdes pour aller y quérir un miracle...20 frappes au but parisien dont 10 cadrées, rarement Bordeaux se sera montré aussi précis à domicile cette année. Mais Areola (dont on se demande bien pourquoi le club parisien cherche à le remplacer...) a fait le match parfait, écoeurant les attaquants girondins qui ratèrent aussi des occasions qu'il est convenu d'appeler "immanquables" ou "brûlantes" : on pense à cette tête de Pablo à la réception d'un coup-franc excentré de Malcom (73e), ou à cette fusée de Lerager du droit, toujours servi par Malcom en retrait, que le portier parisien repoussa d'une parade-réflexe comme un gardien de handball (69e), au plus fort de la domination bordelaise. Et c'est précisément au moment où l'on s'y attendait le moins que le PSG, simplement efficace à défaut d'être brillant, trouva l'ouverture, quand un corner de la gauche de Draxler, renvoyé malheureusement dans l'axe vers Kamano qui tarda à aller sur le ballon, revint sur Lo Celso qui reprit sans contrôle et sans se poser de question. Le ballon traversa une forêt de joueurs pour finir, à ras de terre, dans les filets de Costil, masqué et impuissant (0-1, 76e). Pas malheureux sur le coup, le milieu de terrain parisien...Trois frappes cadrées en tout et pour tout pour les visiteurs, un but, c'est ce qui s'appelle du réalisme...Les deux autres vélléités sérieuses avaient vu Lo Celso (déjà) faire briller Costil d'une frappe tendue après un ballon perdu par les Girondins (12e), puis Cavani, très effacé dans cette rencontre et qui pour une fois n'aura pas inscrit ses deux buts annuels, reprendre victorieusement une louche de Pastore, mais voir sa frappe croisée logiquement invalidée pour un hors-jeu préalable (47e). Quant au reste, il fut exclusivement girondin, le portier parisien signant pas moins de 8 arrêts décisifs, aussi bien que...Sirigu en 2011. Berchiche connut aussi une soirée compliquée, avec 2 petits ponts subis devant Malcom en première mi-temps, puis Sabaly en seconde, Rabiot n'hésita pas à commettre une collection de fautes loin de son but, qui, à la longue, aurait dû lui valoir un jaune justifié après une semelle sur Lerager (60e) que M.Gautier ne voulut pas voir. Généreux et dominateurs dans l'entrejeu pendant les 25 premières minutes avant de connaître un coup de mou jusqu'à la pause, les Girondins se montrèrent assez tôt menaçants, par une volée trop croisée de Sankharé (7e), puis une frappe instantanée à ras de terre de Braithwaite qu'Areola alla dévier en corner, près de son poteau droit (18e), ou par une tête de Kamano hélas non cadrée (20e), après un très bon centre de Sabaly au second poteau où Dani Alves n'était pas non plus à la noce. A la reprise, Braithwaite, lancé par Kamano, manqua la cible de quelques centimètres, d'une frappe vicieuse (50e), avant deux essais moins dangereux, mais cadrés, de Kamano (51e) puis Sankharé (59e) sur le portier francilien. Bordeaux termina le second acte aussi fort qu'il avait fini le premier, par encore 3 incursions sérieuses menées par ses remplaçants, d'abord De Préville dont la tête piquée sur centre de Kamano manqua le cadre (83e), puis par Laborde, toujours de la tête, servi par Meite (85e), enfin et surtout dans le temps additionnel quand Marquinhos vint jouer les pompiers de service pour suppléer son gardien battu sur une reprise au second poteau de Koundé à bout portant (92e). A l'évidence, et malgré ce 6e revers à la maison - sûrement le moins justifié de tous - , ce n'est donc pas en ce dimanche printanier que Bordeaux aura perdu ses illusions d'Europe, se hissant encore une fois au niveau de l'évènement, comme face à Marseille, puis Lyon. Le gâchis a été commis bien avant, face à des adversaires qui n'avaient pourtant rien d'irrésistible (Strasbourg, Caen, Angers voire Rennes, qui bénéficia de cadeaux à l'aller comme au retour...) ainsi que le prouve leur classement actuel, et que les Girondins avaient obligation de battre à la maison, comme l'ont fait leurs concurrents directs dans la course à l'Europe. La différence est sans doute là, et elle pèse très lourd aujourd'hui. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Unai EMERY (PSG), Gustavo POYET (FCGB), et Souhaliho MEITE le milieu de terrain du FCGB. D'autres réactions parisiennes et bordelaises d'après-match à écouter ce lundi 23 avril dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.