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Mise en ligne le Samedi 28 Avril 2018
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BORDEAUX / DIJON (3-1) : Kamano sauve des Girondins laborieux

Heureusement qu'il est là en ce moment... Couteau suisse multi-usages, pompier de service ou simplement l'homme qui tombe à pic pour dénouer des situations compliquées, François Kamano l'attaquant des Girondins est l'homme en forme de cette formation depuis un mois. Auteur d'un doublé providentiel qui tira ses coéquipiers d'un sacré pétrin et permit de sauver les meubles contre un LOSC d'une faiblesse pathétique (2-1), décisif de nouveau à Montpellier (1-3) sur un second but qui fit basculer la rencontre, puis malchanceux contre Paris à l'image de ses coéquipiers, l'ex-Bastiais est encore celui qui a débloqué la situation ce samedi contre des Dijonnais pourtant ô combien affaiblis (9 titulaires absents) mais toujours aussi joueurs et sans complexes, au point de faire retomber les Girondins dans des travers qu'on leur connaît trop souvent au Matmut. Dans cette rencontre où l'on attendait de voir s'ils seraient aussi appliqués et volontaires que face aux Parisiens, si certains joueurs ont peut-être perdu quelque crédit aux yeux de l'entraîneur uruguayen des Girondins au moment où il le fallait le moins, le Guinéen, lui, est assurément en train d'en gagner. Mais si ce succès permet aux bordelais d'entretenir une lueur d'espoir européen une semaine de plus, sur un score identique à celui obtenu à Montpellier, il ne faut pas s'y tromper, la ressemblance entre les deux matches s'arrête là. Dans l'Hérault, la victoire des Girondins ne devait rien à la chance et était le couronnement d'un match maîtrisé de bout en bout, leur meilleur de la saison hors de leurs bases, avec celui à Nantes. Contre le DFCO, force est de constater qu'ils s'en sont tirés avec un maximum de réussite, pour une copie tout juste passable, les visiteurs les ayant bien aidés dans leur tâche autant que les bordelais eux-mêmes avaient aidé les Bourguignons au match aller à Gaston Gérard, ce qui n'est pas peu dire. Pour espérer un exploit à Geoffroy Guichard la semaine prochaine qui les relancerait pour de bon dans leur quête européenne, il est évident qu'il faudra aux Girondins montrer tout autre chose que ces prestations en mode alternatif, où ils ne jouent sur leur vraie valeur que sur des bouts de matches.  Et ne pas lever le pied ni reculer dès l'instant que le score leur sourit en pensant que l'affaire est déjà dans la poche. Car c'est ce qui s'est (encore) passé ce samedi, - comme si les désillusions précédentes, pourtant nombreuses, n'avaient pas servi de leçon - au terme d'une entame de bonne facture, logiquement couronnée par l'ouverture du score sur une frappe à ras de terre de 20 mètres de Kamano bien lancé par Plasil, qui n'hésita pas à prendre sa chance sur une pelouse rendue glissante par la pluie. Reynet repoussait le ballon dans les pieds de Sankharé qui avait suivi et qui inscrivait son 6e but de la saison (1-0, 24e). Rien à redire tant,jusque là, Cédric Yambéré et ses partenaires s'étaient retrouvés à la limite de la rupture plus souvent qu'à leur tour. Ce qui ne les empêchait pas de se compliquer la vie par des relances  parfois risquées dans leur surface. Sur l'une d'elles, Kamano fondait sur Chafik puis Reynet obligé de sortir à sa rencontre, mais Laborde (qui retrouvait une place de titulaire en l'absence de Braithwaite, suspendu) qui héritait du contre, ne trouvait pas la mire sur son tir en pivot (7e). C'est encore le Landais des Girondins qui manquait d'un crampon la reprise au second poteau d'un centre fuyant de la gauche de Kamano (10e). Et qui perdait son duel avec le portier dijonnais, qui repoussait le ballon du pied, après un bon appel en profondeur et un service millimétré de Poundjé sur une action qui eût pu mettre Bordeaux à l'abri (29e). Hélas la suite fut beaucoup moins convaincante, avec notamment un Malcom pas loin d'être transparent que Poyet finit d'ailleurs par remplacer (66e) par le revenant Igor Lewczuk (qui n'avait pas encore rejoué en 2018). Brusquement empêtré dans le 3-5-2 mis en place par Dall'Oglio, Bordeaux recula, cessa d'exercer le pressing qui avait tant gêné son adversaire jusqu'alors, et se mit à multiplier les approximations, par manque de concentration ou excès de facilité. Le DFCO ne tarda pas à en profiter, d'abord par Sliti qui se joua de 3 défenseurs bordelais spectateurs de ses dribbles, ponctués par une frappe enroulée du droit sur laquelle Costil se détendit superbement pour la dévier en corner (33e). Puis par Kwon, qui hérita d'un long ballon en profondeur donné par le très actif Amalfitano et qui fit jouer sa vitesse face aux défenseurs girondins, mais Costil, tel un gardien de handball, repoussa du pied sa frappe croisée (42e). Enfin par une gaffe entre Poundjé et Costil qui faillit offrir au même Kwon - lequel mit son lob juste à coté, heureusement - un but qui aurait sûrement fait le tour de la toile (45e). Il était temps que la pause arrive et que Poyet recadre ce (et ceux) qui en avai(en)t besoin. Pas franchement efficace à la reprise cependant, puisque Bordeaux recommença sur le même tempo de sénateur, jusqu'à cette nouvelle approximation de Poundjé qui remit à Sankharé un ballon improbable dans l'axe, obligeant le Sénégalais à tenter de se rattraper par un tacle irrégulier sur Sliti que M.Hamel ne pouvait que sanctionner d'un penalty, le Tunisien se faisant justice lui-même en prenant Costil à contrepied (1-1, 52e). Une égalisation qui pendait au nez des bordelais depuis 20 bonnes minutes, il faut l'avouer, et confirmait la tendance des Dijonnais à toujours marquer en Gironde. A partir de cet instant, c'est eux qui prirent la direction du jeu, imprimant aux débats une sorte de faux rythme dans lequel les Girondins, en panne totale d'accélérateur de jeu, se laissaient entraîner. Il ne restait plus qu'à espérer un coup du sort, comme l'erreur de Koffi le portier lillois par exemple, pour les sortir de l'impasse. Celui-ci arriva quand Djilobodji, plus maladroit que méchant, sécha Kamano dans la surface, qui venait de le dribbler. Là encore le penalty, indiscutable, était transformé sans élan par le Guinéen d'une frappe en pleine lucarne, que Reynet faillit détourner (2-1, 71e). D'autant plus flatteur que Bordeaux ne s'était plus créé la moindre occasion de but depuis la pause. Dopés par les entrées de Meité, Lewczuk et Vada (Poyet ayant tenté des remplacements surprenants qui, au final, ont porté leurs fruits), les Marine et Blanc reprenaient quelques couleurs, mais sans parvenir toutefois à retrouver leur cohésion du début de match ni à gagner des duels décisifs. Un bon pressing de Lerager obligeait Yambéré à concéder un corner inutile sur le flanc droit. Celui-ci, bien tiré par Poundjé en l'absence de Malcom sorti, trouvait Pablo au premier poteau, un peu court de la tête...mais Reynet dégageait le ballon des deux poings sur celle de son coéquipier Valentin Rosier qui marquait contre son camp...(3-1, 80e). Les Girondins pouvaient s'estimer heureux d'avoir dompté, à l'usure et plus avec hargne qu'avec panache, une équipe dijonnaise sans doute un peu tendre (deux jeunes joueurs, Enzo Loïodice et surtout Adrian Sahibeddine l'ancien joueur d'Arlac-Mérignac ont connu au Matmut leur baptême du feu en Ligue 1) seule la victoire est jolie, et c'est la 8e à domicile, celle qui les remet dans la première partie du tableau. Mais Poyet sait qu'il a du pain sur la planche avant le déplacement dans le Forez...Car cette fois, les Verts, qui tournent au supercarburant depuis 13 matches, n'auront pas la moitié de leur équipe-type sur le flanc, comme au match aller le 28 novembre...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre aux côtés de Pierrick Landais, entraîneur du FC Langon (en photo), écoutez les réactions des deux entraîneurs, Olivier DALL'OGLIO (Dijon FCO) puis Gustavo POYET (FCGB). Pour entendre d'autres réactions bordelaises et dijonnaises d'après-match, rendez-vous ce lundi 30 avril 2018 dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.