Mise en ligne le Dimanche 06 Mai 2018
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ST ETIENNE / BORDEAUX (1-3) : Ils ont congelé le chaudron...

Ils auront donc écouté nos conseils et fait un crochet par les aciéries avant la rencontre, pour découvrir comment l'on y coulait le bronze. Bien leur en a pris... Au bout d'un match d'abord spectaculaire puis crispant après les citrons, les Girondins ont réalisé un coup de maître en s'imposant à St Etienne (3-1) le plus logiquement du monde, même si la fin de match fut riche en péripéties et la victoire aurait pu leur échapper à la suite des facéties arbitrales de M.Moreira, qui ne fut décidément pas meilleur qu'à Rennes il y a un an et demi quand il avait déjà dirigé un Rennes / Bordeaux de triste mémoire, valant une suspension injuste de 4 mois à Nicolas Pallois assorti d'une vilaine blessure et d'un penalty fantaisiste sifflé contre Chantôme qu'heureusement, Carrasso avait repoussé, préservant le nul (2-2). Ce succès capital, le 6e de la saison hors de leurs bases, acquis sous une chaleur assez intense (25 degrés au soleil), les Marine et Blanc le doivent avant tout à un mental d'acier (ce qui ne s'invente pas, dans une ville minière...) et une maîtrise technique indiscutable, qui parut plus flagrante encore en seconde période quand les Verts, usés par les efforts consentis, se heurtèrent à un mur et ne se créèrent aucune occasion durant près de 40 minutes. Une performance remarquable, puisque St Etienne restait sur 13 matches sans défaite, qui leur permet d'entretenir encore la (petite) flamme d'une qualification européenne, même si elle restait liée aux résultats de leurs adversaires, qui ne font pas vraiment leurs affaires puisque Rennes (contre Strasbourg 2-1) et Montpellier (à Nantes 2-0) ont gagné, un peu plus tard dans l'après-midi, mais que Nice s'est incliné à Marseille (2-1). Peu importe, il fallait une performance à l'extérieur pour couronner une phase retour déjà bien meilleure que l'aller (29 points pris en 17 matches, contre 20 en 19 matches fin décembre). Si les Girondins n'auront pas réussi à inquiéter les 4 ténors du championnat (sauf Lyon), en revanche, il faut reconnaître qu'ils auront su contrer leurs rivaux dans la course à l'Europe, que ce soit Nantes, Montpellier ou St Etienne, Rennes étant hélas la fâcheuse exception (6 points perdus) qui leur vaut aujourd'hui de dépendre des autres et qui assure quasiment les Bretons de la 5e place. Le ton fut pourtant donné d'entrée par les Verts, quand Costil stoppa impeccablement une volée du droit de Debuchy sur un centre de Selnaes (2e). Mais ensuite, c'est Bordeaux qui mit peu à peu sa patte sur la rencontre, Malcom étant victime d'une faute dans la surface de la part de Cabella que le référé fut bien le seul à ne pas voir (14e). En revanche, il fut beaucoup plus généreux 13 minutes plus tard pour l'ASSE quand Beric, qui fait partie de ces joueurs de Ligue 1 qui savent choir dès qu'on les effleure, comme Fekir, Santini ou Mbappé par exemple, s'effondra dans la surface bien après le tacle de Pablo qui avait pourtant touché le ballon...Un ballon que les Girondins auraient dû écarter bien plus vite. Le penalty en force sous la barre de Cabella donnait en tout cas aux Foréziens un avantage flatteur qu'ils n'allaient pas conserver longtemps, Sabaly signant sa 5e passe décisive depuis l'aile droite en déposant le ballon sur la tête de Sankharé, parti dans le dos de la défense stéphanoise (1-1, 29e) pour son 7e but de la saison. Les Girondins, dominateurs dans l'entrejeu malgré les décrochages incessants de Cabella et l'activité de Debuchy, insistaient et Kamano obtenait devant Perrin un corner sur la gauche que tirait Malcom sur la tête de Pablo (encore impérial ce dimanche), pour le plus grand profit de Jules Koundé au point de penalty, qui fusillait Ruffier d'une frappe en pivot en pleine lucarne, comme un avant-centre (1-2, 36e), le jeune Landiranais signant (déjà) son second but en Ligue 1. Et Malcom fut à un cheveu, d'une splendide volée décroisée mais...un peu trop, de faire le break sur un long centre de Sabaly au second poteau (39e). La seconde période, où le rythme baissa d'un ton en raison de la chaleur mais pas le suspense, débuta par une frappe pas assez appuyée de Kamano déviée au départ qui obligea Ruffier à se coucher (47e). Ensuite, silence radio complet des deux côtés avec aucune occasion à signaler, mais un vrai match d'hommes avec une farouche bataille dans l'entrejeu, que Bordeaux, plus frais physiquement, semblait en mesure de remporter, malgré les entrées de Bamba dès la reprise, puis de Ntep à la place de Monnet-Paquet (62e) pour tenter de doper l'attaque stéphanoise. C'était compter sans les errances de M.Moreira, qui avait déjà distribué à Lerager un carton ubuesque (68e) en oubliant d'appliquer le même tarif à Monnet-Paquet pour un séchage en règle sur Malcom quelques minutes plus tôt. Lewczuk, à peine entré sur le terrain à la place de Meïte, héritait d'une sanction tout aussi sévère (85e). Une minute plus tôt, le montant droit de Costil avait tremblé sur une frappe en pivot de Bamba inexplicablement oublié au marquage au coin de la surface (83e), alors que les Girondins avaient jusqu'alors été irréprochables dans ce domaine, remportant tous les duels de la tête avec un Pablo et un Koundé intraitables, et un Plasil hyper actif devant les frappes stéphanoises, qui avait remplacé Sankharé, sorti en boîtant (41e). Mais la chance qu'ils avaient connue à Montpellier tournait cette fois-ci le dos aux Verts quand la barre transversale, sur une tête de Debuchy, déchaîné contre son ancienne équipe, provoquait un gros cafouillage dans les 5,50 mètres. Après deux frappes repoussées par Pablo puis Plasil, le bras collé au corps d'Igor Lewczuk contrait une dernière frappe en déséquilibre de Perrin. Trois actions similaires à celle-ci n'avaient pourtant pas été sifflées à Salzbourg trois jours plus tôt en Europa League lors du match face à l'OM...Il serait de bon ton d'accorder enfin les violons sur cette épineuse question des mains dans la surface et de comprendre un jour que les joueurs de football ne sont pas des handicapés physiques qui jouent sans bras... M.Moreira, lui, offrait un nouveau cadeau aux Verts, plus impensable encore que le précédent. Et ce n'est que justice si Benoît Costil, parti du bon côté, stoppa la frappe de Cabella qui avait cette fois choisi la finesse, signant au passage son 5e arrêt de la saison sur penalty (88e). Le temps additionnel était tout à l'avantage des Girondins, et après une première action brûlante entre Malcom et le revenant Cafu (90e), manquée de justesse après un premier sauvetage de Ruffier, c'est Malcom, d'une frappe du gauche imparable de 20 mètres, qui trouvait le soupirail du portier forézien (1-3, 90e+4). Les Verts n'avaient plus perdu dans leur chaudron depuis le 15 décembre contre Monaco (0-4), les Girondins, eux, n'y avaient plus gagné depuis le 20 mai 2012 (2-3) et ce fameux match leur ouvrant grandes les portes de l'Europe. Mais il s'agissait alors du dernier de la saison. Or, il reste encore 6 points à distribuer, pour une 6e place peut-être qualificative si le PSG gagne la Coupe de France contre Les Herbiers, et comme nous l'annoncions et le sentions venir depuis au moins un mois, c'est bien au Matmut ce 12 mai que le voisin toulousain, grand perdant de la journée avec une défaite cauchemardesque et peut-être fatale contre Lille (2-3) in extremis, viendra jouer sa survie...Mais les Girondins, pourtant friands des derbies de la Garonne comme leurs voisins, ne pourront pas se permettre de leur faire de cadeaux ni de lever le pied...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le stade Geoffroy Guichard à St Etienne, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Gustavo POYET (FGCB) puis Jean-Louis GASSET (ASSE). Pour entendre de nombreuses autres réactions bordelaises et stéphanoises d'après-match, rendez-vous ce lundi 7 mai 2018 dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.