Mise en ligne le Dimanche 13 Mai 2018
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BORDEAUX / TOULOUSE (4-2) : Le droit d'espérer jusqu'au bout...

En battant logiquement Toulouse dans un derby de la Garonne spectaculaire et incertain, les Girondins, emmenés par un Martin Braithwaite intenable contre son ancien club (2 buts, une passe décisive) se sont donné le droit d'espérer jusqu'à l'ultime journée de cet exercice 2017-2018. Montpellier freiné chez lui par un Troyes qui ne veut pas mourir (1-1), et St Etienne battu à l'ultime minute à Monaco (1-0), les Marine et Blanc, qui dépassent ces deux clubs au classement, devront s'imposer à Metz le 19 mais et espérer que Nice s'incline à Lyon pour décrocher in extremis le dernier siège européen. Un objectif qui semblait inconcevable au soir du 7 janvier et d'une piteuse élimination à Granville (2-1 A.P.) en Coupe de France, alors que Bordeaux était 15e à la mi-course avec 20 points... Et pourtant...Cette fin de saison en trombe, seulement ralentie par un hold-up parisien au Matmut (0-1) le 22 avril, n'est pas sans rappeler celle de 2012 (6 victoires, un nul sur les 7 dernières journées) qui avait permis aux Marine et Blanc de coiffer tout le monde sur le fil par un succès décisif à St Etienne (3-2). Et ce samedi, pour la probable dernière au Matmut de pas mal de ses élements (sans doute Malcom, Meïté et Braithwaite, au minimum, même si Plasil va rempiler pour une saison) l'équipe bordelaise a fait le travail sérieusement pour conserver la flamme de l'espoir, une flamme qui brille un peu plus fort qu'il y a deux semaines à mesure que la situation se décante au classement. Sérieusement, mais pas sans quelques ratures sur la copie qu'il faudra éviter à Metz pour le dernier match, à l'image des deux buts concédés, largement évitables. Sur le premier, c'est un ballon qui aurait dû être dégagé depuis longtemps mais qui vit Koundé, entouré de deux adversaires, ne trouver aucun soutien près de lui pour accomplir cette tâche, qui permit à Issiaga Sylla, servi en retrait par Durmaz, du coin gauche de la surface et libre de ses mouvements, de lober Costil, trop avancé d'une frappe en cloche dans le petit filet opposé (0-1, 29e). Sur le second, qui fut aussi le dernier de ce match assez débridé, le remplaçant Corentin Jean se débarrassa trop facilement d'Otavio avant de centrer sur la tête de Jullien. Costil réussit bien une parade-réflexe mais se retrouva livré à lui-même et sans défense sur la reprise en force à bout portant du capitaine haut-garonnais Diop (4-2, 89e). Heureusement, entretemps les bordelais avaient su se mettre à l'abri de toute mauvaise surprise, et retourner une situation mal engagée, comme à St Etienne. Ils auraient certainement ouvert le score sans un loupé magistral de Kamano seul devant le but vide après un caviar de Lerager (9e), ou sur une frappe de 20 mètres au ras de la barre de ce même Lerager après une échappée de Malcom enrhumant Sylla et un bon centre en retrait (15e). L'ouverture du score contre le cours du jeu ne perturba pas outre mesure les Marine et Blanc, tout près d'égaliser dans la foulée, quand sur un centre de Sabaly repoussé par Lafont, Lerager, contré in extremis, puis Braithwaite de la tête sur le centre de Meïté qui suivit, trouvèrent sur leur route le jeune portier toulousain (31e). Et ce ne fut que justice quand, sur un ballon remonté par Malcom, qui avait retrouvé son habit de lumière, Meïté lançait parfaitement le Danois dans le dos de la défense des Violets arrêtée pour une frappe croisée imparable à ras de terre (1-1, 38e). Des la reprise, Sabaly, pas attaqué, s'offrait une chevauchée sur le flanc droit avant de signer sa 6e passe décisive de la saison en centrant au second poteau à ras de terre, où la reprise de Braithwaite sans contrôle, déviée par Amian Adou, prit Lafont à contrepied (2-1, 50e). De Préville, tout juste entré en jeu à la place d'un Kamano visiblement marqué par son échec initial, était à deux doigts d'enfoncer le clou sur un service de l'ex-toulousain (52e). Break qui arriva finalement 20 minutes plus tard, quand Braithwaite, de double buteur, se mua en passeur, lançant De Préville sur le flanc droit dont le centre à ras de terre était repris à bout portant par l'autre Danois des Girondins, Lukas Lerager, juste récompense des gros matches qu'il a livrés ces derniers temps, à St Etienne ou Montpellier notamment (3-1, 74e). Le suspense aurait pu revenir tout de suite si un coup-franc de Gradel, après un ballon girondin perdu dans l'axe, n'avait trouvé le haut de la transversale de Costil (76e). Au contraire, le Téfécé buvait le calice jusqu'à la lie sur un modèle de contre-attaque, quand Braithwaite, d'une déviation idéale, lançait Malcom à toute vapeur sur le flanc gauche d'une défense toulousaine en perdition. Le Brésilien choisissait le côté fermé et s'en allait fusiller Lafont, avec le léger concours du montant droit (4-1, 79e) pour son 11e but de la saison, le dernier au Matmut sous le maillot bordelais, vraisemblablement. Les Toulousains, courageux mais trop fragiles derrière, ont désormais très peu de chances d'éviter les barrages, puisque Lille qui revient de très loin et a renversé la vapeur contre Dijon (2-1) et Strasbourg, sur un final ébouriffant (3-2 contre Lyon sur un bijou de coup-franc de Lienard à l'ultime seconde) ont sauvé leur tête dès ce samedi. Pour refaire le coup d'il y a deux ans à Angers, il faudra qu'ils battent Guingamp la semaine prochaine et que Caen, balayé à Nice (4-1) s'incline chez lui contre un PSG qui ne met plus un pied devant l'autre (première défaite de la saison au Parc contre Rennes 0-2, officiellement européen)...mais contre qui les Caennais s'étaient sauvés in extremis l'an passé dans la capitale (1-1). Les Girondins, eux, disputeront leur ultime "finale" à Metz, relégué en L2, le 19 mai, avec obligation de l'emporter assez nettement, au moins par 2 buts d'écart (en direct intégral sur nos ondes). Un impératif identique qui ne laissera pas le choix des armes non plus à l'OL, lequel devra battre Nice pour récupérer peut-être sa seconde place. Et si au final, il manquait 2 points, ou même seulement (en cas d'égalité) quelques buts aux Girondins pour devancer les partenaires du langonnais Pierre Lees-Melou au goal-average, on ne pourrait évidemment pas s'empêcher de repenser à ce match frustrant du 25 février au Matmut contre les Aiglons (0-0) avec 4 tirs girondins sur les barres, qu'ils méritaient de remporter cent fois...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions de Mickaël DEBEVE, entraîneur du Téfécé, Gustavo POYET, entraîneur du FGCB et Nicolas DE TAVERNOST, Président du Directoire de M6. De nombreuses autres réactions bordelaises et toulousaines à écouter ce lundi 14 mai 2018 dans nos journaux de 6h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.