Mise en ligne le Vendredi 21 Septembre 2018
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SLAVIA / BORDEAUX (1-0) : Bordeaux à sec sur son compte tchèque

On espérait un (électro)choc...mais on a vu des Girondins bien trop chics avec les Tchèques, autrement dit, bien trop complaisants pour espérer autre chose qu'une défaite frustrante, mais logique, qui les relègue à la dernière place du groupe, compte tenu du nul entre Copenhague et St Petersbourg (1-1). Il reste certes beaucoup de points à prendre et rien n'est perdu. Mais pour espérer ne pas faire que de la figuration dans ce groupe, autant le dire tout de suite avant qu'il ne soit trop tard, ils devront proposer offensivement beaucoup plus que le pauvre match que l'on a vu sur la pelouse de l'Eden Arena (en photo, Sabaly à la lutte avec Stoch sous l'oeil de Plasil). L'Eden, il fut en effet plutôt pour le Slavia en première période, les Girondins se contentant d'un purgatoire qui frôla plusieurs fois l'Enfer, et presque d'une purge pour leurs observateurs. A la pause, c'était un moindre mal s'ils n'accusaient qu'un but de retard, signé du milieu offensif Jaromir Zmrhal d'une frappe croisée du gauche en pleine lucarne (1-0, 35e), laissé bien trop libre de ses mouvements comme ses deux partenaires qui contribuèrent à cette action décisive, le latéral droit Coufal, qui se promena sur le flanc droit toute la première période, multipliant les centres sans opposition, et l'omniprésent capitaine Husbauer, plus souvent qu'à son tour lâché au marquage lui aussi. Car Bordeaux n'avait pas pris le match par le bon bout, malgré une timide première banderille sous la forme d'un centre de Kalu que ni Briand ni Kamano au second poteau ne purent exploiter (10e). Trop loin du porteur du ballon adverse, pas présents sur les seconds ballons, et trop bas sur leur but, les Girondins étaient souvent au supplice dans l'axe central face à la puissance physique des tchèques, le seul vraiment capable de rivaliser dans ce domaine étant Pablo, une fois de plus égal à lui-même mais trop esseulé. Parfois imprécis après avoir bien préparé leurs actions, comme Husbauer dont la frappe en pivot à ras de terre à l'entrée de la surface flirta avec le montant droit (18e), ou Traoré dont le retourné acrobatique fila au-dessus de la barre après un loupé de Koundé (20e), les tchèques, pas irrésistibles techniquement mais bien plus en jambes que des Marine et Blanc amorphes, ne se décourageaient pas, à l'image de cette énième montée de Coufal et de ce centre remisé par Stoch que Traoré ne pouvait exploiter, par une reprise trop molle sur Costil (34e). Mais à force de ne pas tenir les ballons, les Girondins s'exposaient au pire, qui allait arriver dans les conditions citées précédemment. Si l'on excepte une frappe de 20 mètres dans les nuages de Sankharé (43e), on aura fait le tour des velléités (ou possibilités ?) offensives des Girondins du premier acte, c'est dire... Premier acte qui se terminait par une ultime frayeur quand Sankharé, inexplicablement, stoppait son effort défensif côté gauche pour laisser Coufal centrer en toute tranquillité pour Husbauer dont la reprise à ras de terre était sauvée sur la ligne par Pablo (45e). A la reprise, les Marine et Blanc semblèrent animés de meilleures intentions et exercèrent un pressing plus haut qui perturba les tchèques, lesquels ne trouvaient plus dans la profondeur leur deux latéraux aussi facilement qu'en première période. Mais ce ne fut qu'un feu de paille et Kolar continua de rester au chômage technique, puisque la frappe de Briand se perdit dans les tribunes (55e) et le centre de Kalu au 3e poteau (64e) déclencha les railleries du kop pragois. Pendant ce temps, Tecl, qui court bien plus vite que le canidé du même nom, avait failli enfoncer le clou en prenant de vitesse un Koundé vraiment pas dans son assiette, mais Costil s'était interposé proprement et sans commettre de faute (52e). Le capitaine bordelais, seul joueur à surnager avec Pablo, s'avérait même déterminant et maintenait les siens en vie par deux parades remarquables, d'abord sur une tête de Soucek au second poteau à la réception d'un coup-franc de Stoch (74e), puis sur un double raté des défenseurs girondins au point de penalty, après un nouveau ballon perdu en phase offensive, mais que Zmrhal ne pouvait exploiter, sa frappe sèche étant repoussée par le portier bordelais avec autorité (81e) avant que Stoch, dans la continuité de l'action, n'expédie une mine qui frôlait la lucarne. En terminant avec 4 attaquants (entrées de Karamoh 60e, puis Cornelius 70e), Bordeaux ne parvenait pas à déstabiliser une défense pragoise qui accusait pourtant le coup physiquement depuis pas mal de minutes. Le géant Danois signait la seule frappe bordelaise cadrée de la rencontre dans les bras de Kolar à la...87e minute. Un match qui, par l'indigence de son contenu, notamment offensif, ressemble comme un frère à celui perdu à Flecsùt contre Videoton (1-0 également) il y a treize mois, où Bordeaux aurait pu jouer cinq heures de plus sans marquer. Trop timoré, trop indolent aussi, comme s'il avait mené au score, tels ces derniers instants (4 minutes de temps additionnel) où l'on vit Palencia traverser le terrain pour venir exercer lui-même un pressing près du poteau de corner qui aurait dû commencer dix secondes plus tôt, Bordeaux n'ouvre donc pas son compte (de points) tchèque et n'aura déjà plus le droit à l'erreur le 8 octobre au Matmut contre Copenhague. Ceux qui espéraient qu'il profite de cette parenthèse européenne pour se refaire un moral devenu aussi fragile que du cristal de Bohême devront remettre à plus tard leurs voeux pieux et revenir en deuxième semaine. Soigner le mal par le mal pour sortir des bas fonds, serait-ce alors le bon remède ? Rien de tel à cet effet qu'un bon vieux match de muerte entre relégables ce dimanche en Bretagne pour enfin lever les yeux vers la lumière...peut-être. L'heure de la prise de conscience a sonné, en tout cas, avant de sombrer dans une "nervous breakdown" en bonne et due forme, comme on dit en Amérique...Car désormais, avec une opposition d'un autre calibre que celle des tours éliminatoires, la Coupe d'Europe ne peut plus être l'arbre qui cache la forêt. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis l'Eden Arena de Prague, écoutez les réactions d'Eric BEDOUET, le coach, Younousse SANKHARE, le milieu de terrain des Girondins, et Ibrahim-Benjamin TRAORE, l'attaquant ivoirien du Slavia Prague. D'autres réactions bordelaises à écouter ce vendredi 21 septembre dans nos journaux, puis dans Le Week-end en Sport. Les invités de notre nouveau magazine Top Girondins présenté par Jérémy Berrié et Philippe Osuna ce vendredi à 18h30 seront les anciens bordelais Nisa Saveljic et Jean-Pierre Papin.