Mise en ligne le Dimanche 23 Septembre 2018
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Guingamp / Bordeaux (1-3) : Celle-là, elle tombe à pic...

Voilà un joli coup réalisé dans un Roudourou en courroux...Dans un match capital où il fallait d'abord garder son sang-froid et attendre son heure, Bordeaux n'est pas tombé dans le piège breton et a remporté sa 5e victoire en terre Costarmoricaine dans l'histoire des confrontations entre les deux clubs, la première à l'extérieur de la présente saison. Un grand bol d'air frais à l'amorce d'une semaine qui en cas de nouveau revers, aurait pu devenir celle de tous les dangers. Les Girondins n'avaient pourtant jamais remporté un match de Ligue 1 dirigé par M.Schneider jusqu'ici mais la malédiction a pris fin au meilleur moment pour eux, même si l'on ne peut pas dire que le référé les a aidés dans cette tâche, c'est un euphémisme. Pour les Bretons, c'est la 7e défaite consécutive en championnat, en comptant celle de la saison dernière, une série noire sans précédent qui pourrait bien coûter sa tête au coach Antoine Kombouaré, la patience du fidèle public breton (ils étaient encore 15 000 à soutenir la lanterne rouge qui compte toujours un zéro pointé en 6 rencontres) étant semble-t-il arrivée à son terme, comme le signifia clairement leur dernière banderole déployée pendant les arrêts de jeu. Après l'insipide production pragoise de jeudi dernier, les Girondins, où Plasil et Briand avaient été laissés au repos, ont redressé la tête et on ne leur en demandait pas davantage, même si leur première période a eu de quoi inquiéter. Car c'est bien le Bordeaux timoré et imprécis dans ses relances que l'on a (re)vu à ce moment-là, laissant le monopole du ballon à des Guingampais d'abord tendus par l'enjeu, puis de plus en plus entreprenants et menaçants. La première (timide) banderille était d'ailleurs locale, mais Costil captait la frappe trop écrasée de Thuram (11e). La menace se précisait dans la foulée quand Roux ratait de peu le cadre d'un extérieur du pied (14e). Titularisé pour la première fois, Cornelius bien lancé par Sankharé adressait la première frappe cadrée bordelaise captée par Johnsson (23e). Mais Bordeaux frôlait le pire quand Koundé, décidément méconnaissable depuis un mois, commettait une énorme erreur, sa passe à Palencia étant interceptée par Nolan Roux qui prenait aussitôt sa chance, mais c'est la barre transversale qui renvoyait sa tentative alors que Costil était battu (38e). La baraka était visiblement girondine, mais comme à Prague, il était grand temps que la mi-temps arrive pour des Girondins trop repliés sur leur but, minés par un trop grand déchet technique à l'image d'un Lerager qui continue de perdre autant de ballons qu'il en gagne, et qui manquaient de verticalité et de vitesse dans leurs contres, tels le Nigerian Kalu se perdant trop souvent dans un cortège de dribbles inutiles. Changement de décor à la reprise avec un contre d'école enfin prestement joué, parti de Koundé, relayé par Cornelius pour Sankharé dont l'extérieur du pied décalait Kamano sur la gauche. Le Guinéen repiquait au centre, enrhumait Ikoko avant d'adresser une splendide frappe brossée du droit en pleine lunette, avec la complicité de la barre (0-1, 53e) pour son 4e but en championnat, le 6e depuis le début de la saison en comptant l'Europa League. L'horizon semblait alors enfin s'éclaircir pour les Girondins qui recouvraient peu à peu une certaine sérénité et qui dans la foulée manquaient le KO quand Kamano, l'homme en forme du moment, grillait Fofana avant d'offrir un caviar à Sankharé, mais la frappe en pleine course de l'ex-Guingampais était sauvée du pied par Johnsson (59e). On put craindre alors que ce soit le tournant du match, surtout quand M.Schneider, déjà pas très judicieux dans sa distribution de cartons (notamment celui à Lerager, 58e pour un contact anodin) décidait d'offrir un cadeau aux guingampais quand, sur un coup-franc tiré de la droite par Benezet, il sanctionnait Pablo (jusque là impeccable et récemment appelé en équipe du Brésil) d'une prétendue faute avec son bras sur Thuram en extension, qui, trop court sur sa reprise de la tête, s'était laissé tomber grossièrement. Le genre d'action que l'on voit 15 fois dans la surface sur un match (faut-il siffler 15 penalties ?), mais pour lequel le banc bordelais réclama en vain la vidéo, le même Thuram se faisant justice d'une frappe en rupture (en photo, 1-1, 70e). D'autant plus consternant de la part du référé que Pablo, injustement averti sur le coup, manquera le match face à Nantes le 7 octobre et surtout que 3 minutes plus tard, sur un ballon de Sankharé vers le véloce Karamoh qui venait d'entrer en jeu et dont Johnsson, sorti loin de sa cage, manquait l'interception, l'attaquant bordelais après avoir contourné le portier breton subissait exactement le même type de faute - si faute il y avait - de la part de Sorbon au moment de se retourner, près du poteau gauche, en pleine surface...De la même façon, comment trouver justifié le carton infligé à Sabaly (58e), plus maladroit que méchant dans son intervention en retard sur Didot alors que quelques minutes plus tard, le même Didot s'en tira impunément pour une action identique sur Kamano (76e) ?...Johnsson sortait ensuite d'une belle parade une déviation astucieuse d'un Cornelius bien plus inspiré que lors de ses deux précédents bouts de match contre Nîmes et à Prague (74e). C'est d'ailleurs le géant Danois qui d'une louche parfaite, mettait Karamoh sur orbite dans le dos d'une défense bretonne bien passive, l'ex-Caennais se jouant ensuite du portier suédois d'un crochet extérieur avant de marquer dans un angle impossible, avec un sang-froid admirable (1-2, 79e). A cet instant du match et nonobstant leur première période médiocre dont l'EAG n'avait pas su profiter, il est clair que les Girondins méritaient de s'imposer en Bretagne, étant dangereux sur chacun de leurs contres, dans le sillage d'un Karamoh insaisissable. Et même si les Rouge et Noir poussaient confusément pour échapper à leur funeste sort et que le portugais Rebocho obligeait Costil à un dernier arrêt délicat (90e), sur un contre et un long ballon dans l'axe dégagé en avant par Koundé qui se transforma en passe décisive (volontaire ? Pas sûr, mais qu'importe...), Nicolas De Préville, qui venait juste de remplacer Kamano, filait dans le dos de Sorbon et Rebocho mal alignés pour signer le but de la délivrance, aussi bien pour sa formation que pour lui-même, qui courait après cette récompense depuis longtemps (1-3, 90e + 4). Au micro de Gaétan Pinel qui commentait cette rencontre en direct du stade de Roudourou à Guingamp, écoutez les réactions d'Eric BEDOUET l'entraîneur du FCGB, et Bertrand DESPLAT le président de l'EA Guingamp. D'autres réactions guingampaises et bordelaises à écouter ce lundi 24 septembre dans nos journaux puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.