Mise en ligne le Mercredi 26 Septembre 2018
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BORDEAUX / LILLE (1-0) : Grâce à Costil, évidemment, mais pas que...

Et de deux ! Les Girondins enchaînent par un second succès consécutif en championnat, et surtout par un premier clean-sheet dans cette compétition (les 3 seuls jusqu'ici avaient été réalisés en Europa League contre La Gantoise et à Ventspils au match aller le 26 juillet). L'horizon s'éclaircit réellement pour eux qui se hissent à la 9e place et entrent pour la première fois de la saison dans la première moitié du classement. Si la seconde mi-temps avait été la copie conforme de la première, l'honnêteté nous aurait sûrement obligés à écrire, nonobstant un légitime chauvinisme, que ce succès arraché aux Dogues lillois relevait d'un hold-up dans les règles de l'art. Mais la réalité n'est tout de même pas celle-là, bien que les Lillois puissent nourrir une énorme frustration après cette seconde défaite de la saison. Comme chaque année depuis bien longtemps, la décision entre Bordelais et Lillois s'est faite par un écart minime et a tenu à peu de choses. Et quand bien même les Girondins peuvent s'estimer comblés par la tournure des évènements, ce n'est sans doute que le juste retour des choses que peut offrir le football, science par définition inexacte, donc quelquefois sans explication rationnelle à des scenarii assez invraisemblables. Il ne faut pas pour autant perdre la mémoire et bouder son plaisir : il est aussi arrivé à Bordeaux de perdre des rencontres qu'il devait gagner cent fois. A Toulouse le 19 août, les Girondins, qui menaient 5 occasions à une à la pause, étaient pourtant menés 1-0 et perdirent ce derby de la Garonne. Il y a deux saisons, le 2 avril 2017 à Nice, ils s'inclinèrent tout aussi incroyablement (2-1) après avoir mené au score sur un but de Laborde puis archi-dominé la rencontre avec pas moins de 10 occasions franches, cédant sur les 2 seules frappes cadrées niçoises...Parfois, comme à Guingamp quand Roux toucha du bois dimanche dernier là où peut-être, Bordeaux aurait pris ce but en d'autres temps, la chance tourne. Mais il faut savoir la provoquer. L'exceptionnelle partie de Benoît Costil, déjà excellent à Prague et précieux à Guingamp, y est sûrement pour beaucoup. Sans lui et ces trois premiers arrêts énormes devant Pépé, absolument seul au second poteau sur un centre de Bamba alors que 120 secondes ne s'étaient pas écoulées, puis devant Bamba lorsqu'il repoussa du pied la tentative de l'ex-stéphanois (6e) et sur la tête piquée de Rui Fonte au point de penalty sur un centre de Celik (12e), il n'y aurait sans doute plus eu de match avant même la fin du premier quart d'heure...En retard sur tous les ballons, dépassés par la puissance et l'explosivité des deux flèches noires lilloises Bamba et Pepé, intenables, trop repliés sur leur but, et plus que laxistes au marquage, les Marine et Blanc, spectateurs malgré eux, donnaient l'impression d'écoper les voies d'eau en attendant que la tempête se calme...Mais entretemps, il y avait eu cet éclair de génie, presque improbable au coeur de l'orage. Ce contre d'école, juste après l'occasion de Bamba, mené côté droit et ce débordement de Kalu sur Ballo assorti d'un centre tout aussi improbable le long de la ligne de 5,5m. Juste à l'endroit où jaillit Kamano, dans le dos de Soumaoro, pour placer sa reprise du droit (1-0, 7e). Son 5e but en championnat, le 7e déjà cette année, au total. Une oasis d'espérance à laquelle les Girondins s'accrochèrent tout le premier acte, seule et unique référence offensive de ces 45 minutes de résistance, à moins qu'on y ajoute, par indulgence, deux corners consécutifs sans lendemain (23e), et une frappe dans les nuages de Kalu, servi par Briand, juste avant les citrons (45e + 1). Peu, si peu au regard de ce coup-franc excentré mais brûlant de Pépé qui frôlait la lucarne gauche (21e) même si Lille s'était fait ensuite moins menaçant dans le dernier quart d'heure du premier acte, en dépit d'une outrageuse possession (64%). Mais si Bordeaux menait à la pause, il le devait sans doute aussi à une partie très rigoureuse de ses défenseurs, avec un Pablo impérial (en photo devant Pépé) et un Koundé revenu à son meilleur niveau, l'un et l'autre signant un match à quasiment zéro faute. Poundjé et Palencia ne lâchaient rien non plus, et Otavio ratissait beaucoup de ballons sans oublier de donner de la profondeur au jeu par de longues transversales, les rares fois où cela était possible, même si à la réception, les Girondins perdaient trop vite le ballon aux avant-postes. A la reprise, cependant il y eut un mieux sensible car ils parvinrent à contenir les courses des lillois et à jouer un peu plus loin de leur but. La première escarmouche fut même girondine, avec une tête de Koundé au dessus sur un corner de Kalu, qui prit un jaune stupide sur cette action pour avoir trop joué la montre (60e). Peu à peu, le LOSC s'essoufflait, s'impatientait et perdait contenance, Soumahoro écopant d'un jaune logique pour un coup de coude dans la face de Briand (55e). Thiago Mendes prenait le même tarif pour avoir séché Otavio (84e). Mais il trouvait encore quelques fulgurances pour remettre le feu sur le but girondin. Rien n'y faisait, Costil, au chômage depuis la reprise, achevait d'écoeurer les Nordistes et sortait encore deux ballons brûlants en se couchant sur une frappe de Pepé qui venait d'échapper à Lerager (83e), puis sur une autre frappe à ras de terre de ce même Pepé après une combinaison avec Ikoné (86e). Les 5 minutes de temps additionnel où chaque seconde sembla peser une tonne, allaient offrir au maigre public du Matmut (14 700 spectateurs, mais l'horaire du match y était pour beaucoup) une ultime frayeur quand Loïc Remy, au second poteau, reprenait d'une tête smashée un centre d'Araujo (90e + 4)...repoussée par Costil. Personne n'a oublié le match hors normes du gardien du PSG Alphonse Areola à...Bordeaux la saison dernière (0-1) avec 9 arrêts décisifs comptabilisés. Mais le capitaine girondin ne fut pas loin ce soir d'un tel total (7 arrêts). Entretemps, le LOSC, dont ce n'était pas le soir, avait aussi perdu, en plus du match, son capitaine Soumahoro, logiquement expulsé après un second jaune pour une faute sur Kalu qui s'apprêtait à entrer dans la surface (88e). On devine déjà la patte de Ricardo dans ce match remporté au terme d'un bras de fer défensif sans doute peu spectaculaire au regard, mais férocement efficace. Et il est rassurant de constater que Bordeaux sait aussi remporter des matches à l'énergie, où la solidarité et la rigueur compensent une probable infériorité technique. Entre le très spectaculaire après-midi "portes ouvertes" mais..."concours de gaffes" contre Nîmes (3-3) où il avait cédé quasiment sur chaque attaque gardoise, et le succès en acier trempé de ce mercredi soir face à des Dogues qui en mordront beaucoup cette année, le choix est vite fait, en tout cas...Une utile répétition qui tombe à pic avant un match à Reims samedi (à vivre en direct sur nos ondes) qui pourrait bien ressembler à celui-ci. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des entraineurs, Christophe GALTIER (LOSC) puis Eric BEDOUET (FCGB), Benoît COSTIL le gardien de but et capitaine du FCGB, homme du match, XEKA le milieu de terrain portugais du LOSC, et Younousse SANKHARE le milieu de terrain du FCGB. D'autres réactions bordelaises à écouter ce jeudi 27 septembre dans nos journaux de 7h à 18h, puis vendredi 28 septembre dans Le Week-end en Sport à partir de 19h15. Ne manquez pas non plus Top Girondins, le nouveau magazine consacré au FCGB, ce vendredi à 18h30, avec de nombreux invités au micro de Jérémy Berrié, Philippe Osuna et Christophe Monzie.