Mise en ligne le Jeudi 04 Octobre 2018
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BORDEAUX / COPENHAGUE (1-2) : Pas vernis, certes, mais trop naïfs et brouillons

Un ange est passé sur le Matmut qui sonnait creux en ce jeudi soir estival (11 860 spectateurs, encore merci aux matches à 19 heures en semaine, qu'ils soient de championnat ou de Coupe d'Europe...). Un ange qui a sans doute emporté avec lui la majeure partie des illusions européennes . Soyons honnêtes : même en faisant preuve d'un optimisme qui friserait l'inconscience, cela ne paraît pour l'instant pas réaliste, sur ce que l'on a vu jusqu'ici, tant à Prague que sur ce premier match à la maison. Malgré la grosse production d'Otavio, de loin le meilleur girondin, il leur a manqué bien trop de choses, à commencer laissé un peu d'espoir et qui en privait aussi leurs adversaires de deux, ce qui était un moindre mal et presque une aubaine tant ils avaient dû batailler pour l'arracher sur ce long dégagement de Koundé, cette remise de la poitrine de Cornelius pour Sankharé dont la frappe splendide en pleine course avait enfin raison de la vigilance de la pieuvre Andersen (1-1, 83e), les Marine et Blanc ont tout perdu et bu le calice jusqu'à la lie, à la faveur d'un scenario qu'on pouvait difficilement imaginer pire que ce qu'il fut. La réussite qui leur avait offert le succès providentiel sur Lille huit jours plus tôt (1-0) leur a cette fois résolument tourné le dos, c'est incontestable. Mais affirmer que cette rencontre fut le parfait cliché en négatif de celle face aux Nordistes serait réducteur et inexact, car Bordeaux ne peut s'en prendre qu'à lui-même d'avoir offert aux Danois - auteur de 3  quand la scoumoune et la maladresse (deux tirs sur les montants Kamano 29e, Tchouaméni 80e, un penalty de Kamano dans les nuages au pire moment, dans le temps additionnel du premier acte, ou une occasion aussi immanquable qu'un éléphant dans un corridor pour Karamoh seul face à Andersen 73e) avaient déjà démontré à l'envi que ce ne serait sur les têtes bordelaises ce jeudi soir, de toute évidence. Une imprudence payée cash sur l'ultime occasion du match rondement menée par les remplaçants danois, une touche anodine suivie d'une talonnade du perspicace Falk (pas Peter alias Columbo, mais sûrement son fils spirituel) prévisible comme le nez au milieu de la figure pour Robert Skov, inexplicablement seul à l'angle des 6 mètres pour ajuster Costil (1-2, 94e). Cette erreur-là ne devait rien à la malchance, mais bien à un manquement défensif grave que l'on n'a normalement pas le droit de commettre à un tel instant. Aussi grave que celui de la fin du premier acte, quand, sur l'un de leurs rares corners inutilement concédé par Pablo devant N'Doye, Gregus trouva au point de penalty la tête du chypriote Pieros Sotiriou (déjà buteur contre le Zenit au premier match), à une liste déjà trop longue. De telles erreurs pardonnent difficilement en championnat, elles sont rédhibitoires en Coupe d'Europe quand le curseur se trouve placé deux crans plus haut, ce n'est pas une nouveauté. On en croyait - sans doute un peu vite - les Girondins débarrassés, on se trompait. De même, pour généreux qu'il ait été, après ce ballon remonté sur un contre éclair, puis perdu par Kalu et en dernier lieu par Briand qui poussait trop loin son ballon au terme d'un contre peu académique, le penalty accordé par l'arbitre israélien M.Reinshreiber pour une faute de Papagiannopoulos qui parut assez mystérieuse, mais expédié dans les nuages par Kamano au milieu de la consternation générale (45e + 2), ne devait rien lui sur des transmissions à 3 mètres, sans opposition des danois. Scories regrettables et beaucoup trop nombreuses à ce niveau qui minèrent leur jeu et gâchèrent leur copie du premier acte, joué davantage en mode alternatif que sur une vraie maîtrise des évènements, les Danois ayant passé de nombreuses minutes dans le camp girondin, surtout en début de rencontre. Le penalty raté laissa donc l'emprise psychologique aux visiteurs, qui n'en demandaient pas tant, emprise dont ils surent profiter lors des 20 premières minutes du second acte où, après une timide frappe de Poundjé sur Andersen concluant un corner mal joué en deux temps sur la droite et trop téléphoné (48e), Bordeaux ne fut pas loin de la rupture, N'Doye voyant son caviar en retrait de Zeca auteur d'un petit pont sur Poundjé (57e) contré in extremis par Poundjé, imité par N'Doye sur un centre de Gregus après un loupé de Pablo (76e). Un nouveau corner du slovaque mettait encore les Girondins au supplice, mais Costil claquait heureusement la tête de Boilesen en corner (58e). On peut alors se demander pourquoi, devant un tel manque de répondant physique aux avant-postes, les Girondins n'avaient pas fait rentrer plus tôt Cornelius, après la pause par exemple. Le géant danois finit par faire son apparition, en même temps que Karamoh, et il ne fallut pas plus de 30 secondes pour que les deux remplaçants girondins, sur une touche de Poundjé de la gauche, ne soient étroitement impliqués dans une action brûlante et un cafouillage qu'Andersen sauva du pied, sur une frappe en pivot à bout portant du Milanais (62e). Suivirent donc le duel perdu par Karamoh face au portier danois, puis l'intérieur du pied de Tchouaméni, à la réception d'un bon débordement et d'un centre de Poundjé sur lequel Sankharé s'effaça intelligemment, mais qui vint se fracasser sur le montant droit d'Andersen, battu, Papagiannopoulos déviant la frappe au départ (80e). Copenhague peut sans doute s'estimer heureux d'un scenario que l'on n'a hélas que trop vu par le passé en Coupe d'Europe au détriment d'une équipe française, qui domine nettement mais en pure perte et laisse au final les visiteurs, bien plus réalistes, repartir avec le sourire. Et ceci malgré l'effarante expulsion de leur capitaine grec Carlos Zeca (93e), tout aussi surréaliste que l'avait été le carton jaune infligé à Pablo (65e) pour avoir effleuré N'Doye, qui sait tomber, alors qu'en première période, on se demande encore comment M.Reinshreiber put faire preuve de clémence sur ce tacle pied en avant de Gregus sur Kamano (25e), autrement plus dangereux. Une défaite qui s'ajoute à une affligeante soirée européenne pour les clubs français, Rennes ayant sombré au Kazakhstan à Astana (2-0), et Marseille s'étant montré incapable de s'imposer à Nicosie face à l'Apollon Limassol (2-2) après avoir mené 2-0... Un onzième match consécutif en phase de poule sans victoire pour les Girondins (la dernière en date remonte au 24 octobre 2013 au stade Chaban Delmas contre l'APOEL Nicosie avec un but d'Henrique à la...90e minute, mais Bordeaux n'a jamais gagné au Matmut jusqu'ici...) qui a ressemblé à et d'efficacité dans les zones de vérité. La suite de la compétition semblait inéluctable, avec une élimination consommée sur l'avant-dernier match à Liverpool (2-1). Pour ne pas connaître le même cheminement cette année qui lui semble pourtant promis, Bordeaux devra désormais réaliser un exploit majuscule à St Petersbourg, qui a battu Prague ce jeudi (1-0) et partage la tête du groupe C avec les Danois. A cet effet, un crochet par Lourdes avec une mise au vert est prévu peu avant le déplacement en Russie...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du Matmut Atlantique aux côtés de Michel le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs, Stale SOLBAKKEN (Copenhague) puis Eric BEDOUET (Bordeaux) ainsi qu'une interview exclusive du président du FC Copenhague Christian HOLMSTROM, ancien attaquant des Girondins de Bordeaux dans les années 70. D'autres réactions bordelaises à écouter ce vendredi 5 octobre dans nos journaux de 7h à 18h, puis dans Top Girondins (avec de nombreux invités) et Le Week-end en Sport à partir de 18h30, émissions présentées par Jérémy Berrié, Philippe Osuna et Christophe Monzie.