Mise en ligne le Dimanche 07 Octobre 2018
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BORDEAUX / NANTES (3-0) : Vite fait, (très) bien fait...

C'est ce qui s'appelle expédier les affaires courantes, vite et bien...Le succès est trop large pour qu'on ne se laisse pas aller à une légitime fierté, en tout bien tout honneur et de bonne guerre, dès l'instant qu'il s'agit de titiller l'orgueil du voisin de l'Atlantique. Voilà une paille en effet que Bordeaux, plutôt en souffrance tant à domicile qu'à la Beaujoire face à son vieux rival depuis pas mal de temps (il y eut bien un succès 2-0 il y a 3 ans au Matmut, mais aussi un terrible 0-3 deux ans plus tôt à Chaban-Delmas, entre autres), ne s'était pas adjugé le derby aussi largement. 18 ans exactement, depuis qu'un soir de février 2000, Saveljic, Legwinski et Micoud, après avoir buté près d'une heure et quart sur le roc nantais, avaient fini par faire sauter le bouchon, dans un stade Chaban-Delmas comble et en transes (32 419 spectateurs). Ils étaient à peine la moitié (17 014) en ce début d'après-midi dominical bien arrosé (le premier de la saison, après 16 premiers matches de sècheresse), mais les absents craignant le déluge auront eu tort. Les retardataires aussi, car au bout de 6 minutes seulement, le Canari était déjà presque bon pour l'empaillage...Plutôt rompu à des KO au premier round, mais à son détriment ces dernières années (faut-il rappeler par exemple les entames suicidaires contre Monaco 0-4, St Etienne 1-4, ou Strasbourg 0-3 la saison dernière), Bordeaux a cette fois-ci tout de suite été dans le bon sens, n'a pas ressassé bien longtemps sa déception danoise et n'a guère laissé espéré des Nantais venus en Gironde pour "tout donner et finir sur les mains s'il le faut" (dixit coach Vahid) mais qui se sont surtout retrouvés cul-par-dessus tête en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Sur deux actions d'école à une touche de balle par joueur concerné, induisant inévitablement cette vitesse et cette verticalité dans le jeu qui avaient tant manqué aux Girondins 3 jours plus tôt face aux Danois. C'est d'abord Yann Karamoh, titulaire pour la première fois de la saison au Matmut, qui avait enroulé en pleine lucarne une frappe somptueuse de la gauche, en dehors de la surface, peut-être inspiré par son compère Kamano auteur du même bijou à Guingamp deux semaines plus tôt, au terme d'un contre amorcé promptement par Otavio et une passe précise de Lerager pour le Milanais (1-0, 4e). A peine le temps de réengager et les Canaris, pas franchement à l'aise en ce début de rencontre, se mettaient à deux pour commettre une énorme bourde, Tatarusanu relançant à très mauvais escient sur son compère Matthew Miazga, surpris par une passe pas vraiment cadeau. Kamano, qui avait flairé le bon coup, chipait le ballon au polonais de naissance mais international américain pour s'en aller fusiller, malgré un angle moyennement fermé, le géant roumain du FCNA (2-0, 7e). Il y a belle lurette que le public du Matmut n'avait plus été à pareille fête sur une entame de match, période au cours de laquelle en général le diesel bordelais en est encore au stade des ébrouements. Si Sala, sur un mauvais renvoi de la tête de Jovanovic, de retour en grâce après 10 mois d'absence, voyait sa tête lobée frôle rle montant gauche de Costil (9e), c'est Bordeaux qui continuait de dérouler et d'être dangereux presque sur chacun de ses contres, Kamano, en demi-volée, expédiant au-dessus un centre de Karamoh de la droite (16e). Nantes essayait bien d'exister, mais s'en remettait à des essais de loin, comme celui de Boschilia, un des rares nantais à avoir surnagé, dont la frappe de mule de 20 mètres était repoussée des deux poings par Costil, Moutoumassy qui avait suivi ne pouvant cadrer sa reprise (20e). Kamano de 20 mètres, manquait de peu la lucarne droite (38e), mais se rattrapait sur l'action suivante, limpide, initiée par Jovanovic, avec une déviation subtile de Cornelius (qui prenait régulièrement le dessus sur son adversaire direct) et sans contrôle vers la gauche pour le Guinéen, lequel grillait Fabio et se présentait dans la surface, avant d'être crocheté par Miazga, qui poursuivait son après-midi cauchemardesque. Le penalty, évident, était transformé d'un contrepied imparable par Kamano lui-même, plus précis et concentré que 3 jours plus tôt face à Andersen (3-0, 41e), qui signait son 7e but en championnat et revient à la hauteur des artificiers de la Ligue 1 comme Neymar, Bamba et Thauvin. Tatarusanu d'une horizontale désespérée sauvait encore les meubles sur un centre de Karamoh (43e) et à la pause, l'abattement d'Halilhodzic en disait long sur l'ampleur de la tâche qui attend le technicien bosniaque pour redonner une âme à cette équipe. Dès la reprise, une combinaison des KK (Karamo-Kamano) se terminait par une frappe pas assez appuyée du second nommé (52e), puis sur une faute sur Karamoh, M. Letexier laissait l'avantage mais Sankharé qui avait suivi manquait la lucarne gauche de quelques centimètres (53e). Bien plus précis que d'ordinaire dans ses frappes au but, Bordeaux commençait néanmoins à reculer quelque peu et le rythme baissait d'un ton, à mesure que la pluie refaisait son apparition. Costil, comme en première période, devait sortir un arrêt délicat, toujours face à Boschilia, bien démarqué par Rongier (57e). Puis Lerager s'essayait sans succès à une frappe de 20 mètres sur le portier des Jaunes (60e), lesquels, malgré leurs efforts pour réduire le score et les entrées de Limbombe et Coulibaly notamment, ne parvenaient pas à prendre en défaut une défense girondine bien organisée autour d'un Koundé intraitable et d'un Jovanovic qui, après dix premières minutes délicates, prit de plus en plus d'assurance au fil du match, sachant faire oublier Pablo, suspendu. Jimmy Briand, entré en jeu à la place d'un Cornelius toujours sans but marqué certes, mais encore décisif dans ses déviations comme il l'avait été à Guingamp, eut même la balle de 4-0 après un service de Sankharé, mais sa belle frappe enroulée en lucarne du pied droit fut sortie par Tatarusanu, qui évita certainement aux siens une volée plus mémorable encore. C'est à Kalu, entré en jeu lui aussi, que revenait la dernière occasion du match mais sa frappe trouvait encore le portier roumain (81e), au terme d'un second acte plus quelconque, comme on pouvait s'y attendre compte tenu du scenario. Avec ce 3e clean-sheet consécutif (en championnat s'entend, car il y eut malheureusement la fatale exception danoise) et 10 points glanés sur 12 possibles, Bordeaux poursuit son redressement et pointe désormais à la 7e place, derrière l'OM victorieux de Caen (2-0), et pas très loin non plus de l'OM ni de Lyon, laminé à Paris (5-0) par un PSG toujours en pantoufles dans la Ligue 1 (9 matches, 9 victoires), où n'existent que lui et le reste du monde. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du Matmut Atlantique aux côtés de Michel le Blayo, écoutez les réactions des deux coaches, Eric BEDOUET (FCGB) puis Vahid HALILHODZIC (FCNA), ainsi que les deux capitaines, Benoît COSTIL (Bordeaux) et Valentin RONGIER (Nantes). D'autres réactions bordelaises et nantaises à écouter ce lundi 8 octobre dans nos journaux de 7h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.