Mise en ligne le Samedi 03 Novembre 2018
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LYON / BORDEAUX (1-1) : Et ils méritaient encore mieux...

On craignait un avis de tempête en Rhône et Saône pour les Bordelais. On se trompait lourdement. D'ouragan il n'y eut jamais et aujourd'hui, s'il y a quelques regrets à nourrir, c'est au contraire qu'ils n'aient pas su réussir le gros coup qui leur tendait sans doute les bras, face à un OL méconnaissable (Genésio parle lui-même du plus mauvais match de la saison), qu'on a eu connu plus redoutable, et dont le jeu fut miné par un déchet technique qu'on ne lui avait plus vu depuis longtemps. Mais il a encore une fois manqué la justesse dans le dernier geste offensif pour que les Girondins imitent Nice, vainqueur ici même le 31 août (0-1). Et il a aussi manqué l'intransigeance sur le but rhodanien, survenu au pire moment juste avant la pause, sur l'une des seules frappes cadrées lyonnaises de toute la rencontre...et sur la seule erreur défensive des Girondins, par ailleurs extrêmement sérieux et vigilants. Sauf quand ils laissèrent Fekir, pourtant convalescent et loin de son rendement habituel - cela s'est vu - déborder sur la droite et délivrer au second poteau un centre pour Aouar arrivé de l'arrière (et totalement seul, Palencia étant bien trop loin de lui), et dont la volée du plat du pied ne laissa aucune chance à Costil, livré à lui-même (1-0, 44e). Voilà comment Bordeaux regagnait les vestiaires aux citrons avec le plus frustrant et le plus immérité des handicaps à la marque, tant les quelques occasions de s'enflammer avaient jusqu'alors été girondines, presque exclusivement. Après la tête décroisée de Sankharé au point de penalty, placée mais pas assez appuyée et captée par Lopes sur un bon centre de Palencia (3e), il y eut même ce but refusé pour hors-jeu de Karamoh, après que ce mêem Sankharé eut intelligemment exploité un mauvais contrôle de Denayer en phase de relance et que Briand eut impeccablement lancé le Milanais en profondeur, qui piquait son ballon au-dessus de Lopes façon Giresse (9e). Las, la vidéo, qui fonctionne tout de même plus facilement à Lyon dès qu'on la demande qu'à Guingamp, par exemple, quand les Girondins la réclament après un penalty imaginaire sifflé contre eux, révélait la position de hors-jeu de l'attaquant girondin au départ de l'action...Si l'on excepte une frappe timide et écrasée de Fekir sur Costil (29e), Lyon ne réussissait rien de bon offensivement, à l'image d'un Depay et d'un Dembelé fantômatiques, le (relatif) danger venant le plus souvent des montées des deux latéraux, Rafael et Mendy, pendant que Bordeaux gagnait les duels au milieu et en défense, à l'image d'un Otavio et d'un Plasil qui moissonnaient comme en période de vendanges. Sur un ballon perdu côté droit par Rafael et récupéré par Poundjé, Briand ouvrait son pied droit à l'entrée de la surface et faisait briller Lopes, qui s'envolait pour dévier en corner, secteur de jeu dans lequel Bordeaux menait aussi à la pause (3 à 1). Après la frappe de Karamoh sur Lopes (42e) arrivait donc le coup de poignard lyonnais. En d'autres temps, cette réussite insolente aurait suffi à l'OL pour qu'il prenne feu et se mette à lâcher les chevaux. Pas cette fois. Alors qu'on craignait un départ des Gones pied au plancher à la reprise, ils persistaient dans cette sorte de faux rythme visiblement contre nature, qui provoquait les premiers sifflets dans les travées d'un Groupama Stadium bien garni (46 643 spectateurs). Alors, c'est Bordeaux qui insistait, manquant simplement d'un peu plus de rythme et de transversalité - toujours le même constat - pour mettre au supplice une défense centrale Denayer/Marcelo qui ne respire pas la sérénité, c'est un euphémisme. Sankharé ratait d'abord l'immanquable au presque, sur une louche parfaite de Briand par dessus la défense, en reprenant en demi-volée (et donc dans les nuages) un caviar à 10 mètres seul face à Lopes (55e). Puis sur une énième ballon lyonnais perdu, Karamoh réussissait l'ouverture parfaite vers l'avant pour Briand dont le lob à 40 mètres du but au devant de Lopes sorti vers lui à toute allure, allait mourir doucement à 20 cm du poteau droit, avec la bénédiction de la bonne étoile lyonnaise (60e). Un action suspecte de Mendy sur Palencia, bousculé en pleine surface, laissait ensuite de marbre M.Millot (71e) mais la récompense arrivait enfin pour Bordeaux quand un nouveau ballon dans l'axe, de Koundé cette fois, était renvoyé acrobatiquement par Rafael d'un retourné à l'aveugle à l'entrée de la surface. Le ballon montait haut dans le ciel avant de retomber sur Cornelius, entré en jeu peu auparavant, pas attaqué par Marcelo, et dont la volée instantanée à ras de terre du pied gauche faisait mouche, dans le soupirail de Lopes (1-1, 73e). Déjà précieux dans le jeu depuis plusieurs matches, le géant Danois trouvait enfin là la récompense à son investissement irréprochable, par ce premier but en Marine et Blanc. Les entrées de Traoré, Ferri et Terrier ne changeaient rien aux approximations lyonnaises, c'est au contraire De Préville, sur un coup-franc monumental de 30 mètres dévié par le mur et frôlant le montant de Lopes battu, qui héritait de la dernière occasion du match (87e). L'OL s'en tirait vraiment bien, mais Bordeaux, pour n'avoir jamais lâché avant l'égalisation ni reculé ou cessé de jouer ensuite, mettait un terme à sa mauvaise série par ce 2e nul à l'extérieur, amplement mérité. Une manière de remercier M6 et l'ancienne équipe dirigeante (Nicolas De Tavernost et Stéphane Martin étaient présents à Lyon) dont c'était officiellement le dernier match à la tête du club, après 19 ans de bons et loyaux services. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral depuis le Groupama Stadium de Lyon-Décines, écoutez les réactions des deux entraîneurs Bruno GENESIO (OL) et Eric BEDOUET (FCGB). D'autres réactions bordelaises et lyonnaises à écouter ce lundi 5 novembre dans nos journaux, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.