Football (13e journée - Ligue 1) Bordeaux / Paris SG (2-3) : Des Girondins courageux à deux doigts d'une nouvelle "remontada"


06 novembre 2021

Il n'y a malheureusement pas eu de (bonne) surprise ce samedi : le PSG n'a toujours pas perdu au Matmut depuis que les Girondins y évoluent et s'en est reparti logiquement avec une 11e victoire en championnat, devant plus de 41 000 personnes. Mais les Girondins, au bord de la rupture à l'heure de jeu, ont trouvé les ressources pour transformer la nouvelle claque qui se profilait en défaite honorable et porteuse d'espoir, car l'équipe a paru en progrès. Restera à valider ces bonnes dispositions lors des 3 matchs capitaux à venir où cette fois, il faudra prendre les points.

Bouteille à demi-vide ou à demi-pleine ? 

Il y a évidemment deux façons de voir la chose, quand on vient mourir à un but du vice-champion de France en titre après avoir frôlé la rouste mémorable à domicile. La première, la plus négative, est de constater qu'une fois de plus, et sans avoir donné l'impression de trop forcer son talent même avec un effectif très remanié, un Messi absent et un Di Maria sur le banc au coup d'envoi, le PSG a continué de faire du Matmut Atlantique son jardin idéal, en particulier Neymar, critiquable sur d'autres matches certes, mais toujours inspiré depuis des années par l'air de la Gironde face à l'un de ses meilleurs souffre-douleurs. D'autant plus rageant que le PSG restait pourtant sur deux matches à l'extérieur sans but marqué (à Rennes puis à Marseille, un mutisme inédit depuis 2010) mais a retrouvé son efficacité le soir où il ne le fallait pas. De constater aussi que Bordeaux a encore cédé 3 fois, pour un total de buts concédés tout simplement alarmant (27 dont 13 à domicile) qui le mènera tout droit en enfer s'il ne ferme pas les écoutilles très vite désormais, même s'il s'agissait en ce samedi de l'une des meilleures attaques d'Europe qui lui était opposée, ceci nuançant cela. De regretter aussi qu'après une entame sérieuse et plutôt encourageante, il ait peut-être trop respecté cet adversaire, au point de défendre trop loin de lui, à l'image de ce premier but à zéro passe concédé face à Neymar, qui, arrêté aux 20 mètres, n'a eu qu'à réaliser un crochet extérieur d'école pour éliminer un Kwateng scotché à la pelouse et un Gregersen intervenu trop tard, une passivité impardonnable à ce niveau, même face à un tel joueur (0-1, 26e). Ou du troisième, encaissé au coeur d'une défense bien trop permissive au marquage là aussi, au terme d'une course de 50 mètres solitaire de Wijnaldum offrant un caviar à Mbappé, un classique girondin hélas depuis de trop longs mois (0-3, 62e).

Des raisons d'espérer...quand même

Mais on peut aussi analyser cette 3e défaite à domicile différemment et y trouver des raisons d'espérer. Au premier rang desquelles la capacité à réagir de cette équipe (même si on préfèrerait qu'elle agisse plus souvent, pour s'épargner des Everest à franchir presque à chaque rencontre). Il n'y a certes toujours pas le liant qui peut lui permettre de livrer ce match plein sur 90 minutes qu'on attend toujours depuis le début de la saison. Mais dans ses bonnes périodes, la combativité et la solidarité qu'elle affiche font plaisir à voir, quand on sait qu'elle se pliait comme un cartable sur toute la phase Retour de la saison dernière au moindre grain de sable.

A 3-0 à l'heure de jeu, là où en d'autres temps Bordeaux aurait bu le bouillon de façon aussi cuisante qu'en 2017 par exemple (1-4 le 24 janvier en Coupe de la Ligue, puis 0-3 en championnat deux semaines plus tard, sans parler d'un douloureux 6-2 au Parc en septembre de cette même année maudite qu'il traîna comme un syndrome pendant des mois), on a au contraire vu des garçons se retrousser les manches et ne pas accepter l'exécution promise. Qui semblait tout de même bien sévère, au regard des intentions affichées jusque là et des opportunités dont les Girondins avaient hérité, que ce soit avant l'ouverture du score (Dilrosun 8e, 10e, et surtout Elis, bien lancé par Onana 16e), ou même après (Pembélé sans angle, 45e + 1, Adli d'une belle frappe enroulée 53e, Elis 57e où Navas les 3 fois dut se montrer très vigilant). Le coaching de Petkovic, comme face à Reims, s'avéra alors payant, face à des Parisiens à qui trois coups d'accélérateur avaient suffi pour bâtir un succès qui s'annonçait facile, après une entame pourtant aussi poussive qu'à Leipzig en Champions League 4 jours auparavant. Oudin sonna la charge mais Marquinhos contra sa frappe (69e). Puis le danger se rapprocha de la cage de Navas quand Niang, déjà plus saignant que face aux Champenois, ne put appuyer sa reprise de la tête sur un centre du remuant, mais souvent brouillon Elis (78e). Le Hondurien allait être récompensé de son travail de sape la minute suivante après un ballon perdu par Danilo, récupéré et superbement centré par Adli d'un extérieur du droit aux 6 mètres, par une déviation acrobatique et pas si évidente (1-3, 79e), pour son 2e but de la saison. Paris retombait dans ses travers et sa désinvolture affichée souvent ces derniers temps en fin de rencontres.

Dans la foulée de Girondins remis en selle exactement comme face à Reims, Navas sortait son plus bel arrêt du match sur une reprise de plein fouet d'Oudin, servi en retrait de la gauche par Elis (81e). Si Bordeaux avait marqué à cet instant, ou si M.Buquet s'était montré plus sévère sur une touche et un ballon touché de la main en pleine surface par Mendes puis Kehrer en toute impunité, ce qui provoqua les contestations légitimes de Niang et un carton ubuesque (88e), nul ne sait ce qu'il serait advenu de ce succès promis aux joueurs de la capitale. Hélas, ce n'est qu'en toute fin de rencontre qu'après un magnifique une-deux avec Jimmy Briand mystifiant la défense parisienne, Mbaye Niang, en s'arrachant et d'un pointu, signa sa rentrée par un premier but en Marine et Blanc plein d'opportunisme (2-3, 90e + 2). Trop tard hélas pour remettre en cause la victoire des visiteurs.

Une équipe en progrès, mais lentement

Tout n'est donc pas à jeter malgré cette nouvelle défaite à domicile. Si les Girondins ont d'abord été battus dans le domaine de la justesse technique dans le dernier geste, à l'image par exemple de ces deux mauvais contrôles de Pembélé en position pourtant idéale en première période, alors que Paris a joué juste, à l'image de ce second but imparable et fulgurant marqué comme à l'entraînement par Neymar (cependant encore lâché au marquage) reprenant dans la foulée une déviation de Mbappé en pleine surface au pire moment du match, c'est-à-dire au moment où la victoire a choisi son camp (0-2, 43e), certains garçons ont paru en nets progrès sur le plan technique et/ou athlétique. Ce fut le cas de Gregersen, en partie impliqué sur le 1er et le 3e but certes, mais également auteur de plusieurs retours décisifs en seconde période pour éviter une note plus salée. Koscielny, absent contre Reims, a tenu la baraque derrière, Adli s'est montré nettement plus précis et a bien plus pesé sur le jeu contre son ancien club qu'au cours de ses 3 matches précédents (Nantes, Lorient, Reims). Elis, qui doit encore mettre sa puissance indéniable au service d'un peu plus de précision, a déjà signé son 2e but et été plus percutant qu'à Lorient. Niang a inscrit un vrai but de buteur grâce à un coup de reins décisif qui laisse penser qu'il est sur le retour de la forme. Et contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, le milieu de terrain bordelais dans son ensemble n'a pas eu à rougir de la comparaison avec celui des Parisiens, avec nettement plus de consistance qu'à Nice ou à Monaco (en 2e période surtout), qui n'auront finalement été jusqu'à présent que les deux seuls non-matches des Girondins depuis le début de l'épreuve. On mettra de côté le match initial contre Clermont, non significatif de la valeur réelle de cette équipe, puisqu'aucune des recrues du mercato n'était présente et que Petkovic découvrait son effectif. Constituée de joueurs venus d'horizons très différents et avec des degrés de forme et des temps de jeu dans leur ancien club également très disparates, cette équipe a besoin de temps pour mûrir, pour s'endurcir et devenir plus pragmatique. Elle est parfois encore trop joueuse et l'a déjà payé cher. Ce n'est pas un poncif que de répéter qu'il faut encore du temps, ce serait plutôt une nécessité, un passage obligé, pour peu que l'on repense à l'ampleur du chantier qu'il a fallu entreprendre et au champ de ruines qu'a laissé King Street, à tous les niveaux.  Sauf que la compétition avance, et qu'à la lumière de ce que l'on a vu face au champion en titre, on reste persuadé que les Marine et Blanc ont les moyens de négocier au mieux les 3 prochains maches face à des adversaires dans leurs cordes, les chiffres sont là pour l'attester. Il n'est plus question de se cacher désormais. S'il les perdent, cette fois ce ne sera pas à cause de la valeur technique collective indéniablement supérieure de l'adversaire, contrairement à ce samedi. C'est donc davantage sur l'état d'esprit et l'implication que dans leurs qualités techniques pures qu'on les attendra à Metz le 21 novembre, puis contre Brest et à Strasbourg, parce qu'il faudra des combattants sur l'ensemble de ces matches, les mêmes que ceux que l'on a vus contre Reims et Paris sur les quinze ou vingt dernières minutes, mais sur deux mi-temps. Avant d'aborder un mois de décembre assez énorme où ils auront tout intérêt à avoir rentré du bois pour l'hiver. 

[Par Dorian Malvesin & Christophe Monzie, © photo ARL - DM]]

Les réactions !

Réaction de Vladimir PETKOVIC, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux.

 

Réaction de Gérard LOPEZ, le président du FC Girondins de Bordeaux.

 

Réaction de Mauricio POCHETTINO, l'entraîneur du Paris SG.

 

Réaction de Junior ONANA, milieu de terrain du FC Girondins de Bordeaux.