Football (Coupe de France, 32e de finale) : Bordeaux / Rennes (1-2). Les Girondins quittent la coupe la tête haute !


07 janvier 2023

Pas de miracle hélas ce samedi au Matmut Atlantique : sous une pluie continuelle rendant le terrain difficile et malgré le soutien massif de plus de 24 000 spectateurs, les Girondins, avec une équipe sérieusement remodelée privée notamment de son capitaine Barbet (touché au genou) et de Nsimba qui n'est entré qu'en seconde période, ont quitté la Coupe de France les armes à la main, battus par plus haut classé qu'eux, hiérarchiquement parlant. Mais l'impression d'ensemble restera largement positive, car cette équipe, qui avait pris un gros coup de jeune, s'est montrée capable - même à dix contre onze pendant plus d'une demi-heure - de rivaliser avec l'actuel 4e de Ligue 1 qui se présentait presque au complet, exception faite tout de même de son fer de lance Martin Terrier, blessé cinq jours plus tôt contre Nice. La plus agréable des surprises ne fut d'ailleurs pas tant de voir les jeunes de cette équipe (Pirringuel, titularisé en milieu de terrain, ou Bokelé et Ekomié le revenant, positionnés sur les ailes, avec le retour de Mwanga dans l'axe aux côtés de Gregersen) tenir la dragée haute aux expérimentés Bretons - car on savait déjà les qualités de ce jeune groupe en championnat - que de constater que deux garçons supposés cadres, mais plutôt décevants jusque là (Fransergio et Elis) avaient retrouvé sur ce match le (bon) niveau que l'on attend d'eux. L'affiche était belle, il est vrai, et l'occasion de briller sous les feux de la rampe l'était tout autant, surtout en période de mercato.

Le froid réalisme rennais

Mais cette générosité dans l'effort n'aura pas suffi. Au final, ce sont bien les Bretons, vainqueurs de l'épreuve en 2019, qui se sont tirés du guêpier girondin, alors que leurs hôtes avaient rendu coup pour coup en première période, au point d'atteindre les citrons avec un score de parité logique et une égalisation dans le temps additionnel on ne peut plus méritée, au regard des occasions obtenues. Car ce sont bien les Girondins qui prirent la plupart des initiatives en première mi-temps, à l'image d'un Davitashvili insaisissable mais parfois brouillon, face à des Rennais cherchant surtout à se nourrir de leurs erreurs sur des contres le plus souvent mal terminés. C'est donc Maja (9e but de la saison, toutes compétitions confondues) qui a relancé le suspense et conclu d'un plat du pied seulement freiné par Mandanda une action initiée sur la droite par Bokele puis Elis, poursuivie par Pirringuel dont les frappes successives avaient été mal renvoyées dans l'axe, avant que l'anglo-nigérian ne finisse le travail (1-1, 45e + 2). Sur une de leurs rares incursions, les hommes de Genesio avaient ouvert le score par Bourigeaud, parti seul dans le dos de la défense (mais couvert par Ekomié un peu à la traîne) s'en aller exécuter Straczek d'un extérieur du pied dans le petit filet, sur un long service axial de Théate (0-1, 24e). mais il avait fallu toute la vigilance de Mandanda pour détourner une volée de Davitashvili au terme d'une belle panique dans la surface bretonne et d'un lob manqué d'Elis sur Mandanda sauvé tant bien que mal par la défense visiteuse (26e). Puis c'est Pirringuel, servi par Fransergio et dos au but, qui pivotait mais précipitait un peu sa frappe, au-dessus de la transversale (41e).

Rennes accélère, Bordeaux à dix

Hélas le décor changeait à la reprise. Sermonnés par leur coach, qui remplaçait Meling par Truffert sur le couloir gauche qui apportait tout de suite le surnombre, les Rennais obtenaient d'entrée deux corners qui annonçaient la couleur. La sanction ne tardait pas, face à des Girondins qui subissaient et reculaient trop. Une touche vite jouée sur la droite relayée par Bourigeaud et Traoré permettait de démarquer Gouiri qui était contré une première fois. mais le ballon revenait au point de penalty sur Doku un peu trop libre de ses mouvements, qui tirait en pivot, malgré Gregersen devant lui. Le ballon, dévié par le bordelais, prenait Straczek à contrepied (1-2, 53e). Gouiri était à deux doigts de sceller le sort du match d'une frappe enroulée, mais Straczek se détendait et détournait en corner (58e). Moins précis dans la dernière passe qu'en première période, et donc moins dangereux, les Marine et Blanc n'abdiquaient cependant pas. Mais les occasions d'inquiéter Mandanda se faisaient rares, hormis ce ballon chipé le long de la ligne de but par Fransergio dans les pieds de Théate, et dont le centre devant le but, sauvé par Traoré, aurait mérité un meilleur sort (65e). A cet instant, les Girondins étaient réduits à dix après l'expulsion de Bokélé pour un contact dangereux avec Gouiri dans le rond central, qui en avait pas mal rajouté, et rien fait pour stopper son élan sur un ballon où de toute évidence, le défenseur bordelais était le premier (61e). Une expulsion sévère qui avait le don de stimuler les bordelais, plus dangereux et volontaires en fin de match qu'au cours du premier quart d'heure de la reprise, où ils avaient payé au prix fort leur passivité. Mais ils jouaient mal les coups de pied arrêtés, à l'image de ce coup-franc de Michelin (71e) ou de ce dernier corner de Nsimba (89e) gâchés lamentablement. En contres, la menace rennaise restait réelle, avec Gouiri encore, qui butait sur Straczek (83e) ou Kalimuendo, qui ne cadrait pas pour quelques centimètres, dans la minute suivante. C'est Elis, en déséquilibre et sur une reprise en pivot un peu molle, qui héritait de la dernière chance pour les Girondins d'arracher la série de tirs au but, mais Mandanda se couchait sans trop de difficulté (90e + 4). Toujours aussi difficile à battre, Rennes assurait le minimum, mais les Girondins venaient de démontrer, malgré leurs imprécisions, une réelle capacité à se hisser à hauteur de l'évènement. Reste à savoir désormais s'ils seront animés de la même grinta pour les échéances moins exaltantes, mais capitales de la Ligue 2 qui s'annoncent, au cours d'une semaine qui va prendre des allures de travaux forcés, avec 3 rencontres à disputer en six jours... 

[Par Christophe Monzie au Matmut Atlantique à Bordeaux, crédit photos C.M]

Prochain match à vivre en direct intégral sur nos ondes : Caen / Bordeaux (Ligue 2, 18e journée) mardi 10 janvier 2023 en direct du stade Michel D'Ornano à Caen, coup d'envoi 20h45.

Notez également que la reprise de nos magazines sportifs du week-end aura lieu ce lundi 9 janvier 2023 à 19h, avec Sports Magazine, présenté par Philippe Osuna.

Les réactions !

Réaction de Wesley UGOCHUKWU, milieu de terrain du SRFC qui a remplacé Xeka, blessé, dès la 13e minute.

Réaction de Tom LACOUX, milieu de terrain et capitaine du FCGB.

Réaction de Bruno GENESIO, l'entraineur du Stade Rennais FC.

Réaction de Jacques EKOMIE, latéral gauche du FCGB.

Réaction de Benjamin BOURIGEAUD, attaquant du SRFC auteur du 1er but (23e minute).

Réaction de David GUION, l'entraîneur du FCGB.