Girondins de Bordeaux

FOOTBALL, COUPE DE LA LIGUE (16e de finale) : BORDEAUX / DIJON (2-0) : Deux éclairs dans le silence...

30 octobre 2019 à 01h55 Par Christophe Monzie
Le dijonnais Soumaré stoppé par le tacle de Mexer, sous l'oeil de De Préville
Crédit photo : Le Bien Public

Sans la manière, les Girondins ont assuré l'essentiel et se qualifient contre Dijon grâce à deux jolis buts de leurs attaquants Maja et De Préville, dans un silence de cathédrale...ou presque.

Au moins auront-ils renoué avec la victoire à domicile après un mois et demi de disette, ce qui, dans la compétition concernée, présente un avantage immédiat par rapport au championnat puisqu'il vous permet de rester dans la course. C'est bien là l'essentiel et l'on ne retiendra (presque) que cela de cette soirée très printanière, et pourtant presque glaciale par son ambiance, dans un Matmut aux trois quarts vide, plongé dans un silence de cathédrale que seuls quelques timides encouragements au bout de 35 minutes de jeu, puis des slogans hostiles à la direction du club vinrent troubler, les mêmes que l'on avait déjà entendus à Toulouse et dernièrement à Lille. Il faut le reconnaître, quand les supporters font la grève des encouragements, le Matmut, déjà si impersonnel, paraît encore plus lugubre. Même si l'on se demande si ce conflit ouvert trouvera un jour une conclusion heureuse et intelligente, chacune des parties campant sur ses positions jusqu'ici, cette ambiance spéciale n'aura heureusement pas trop perturbé les Girondins, qui ont fait le job avec sérieux, à défaut de génie ou de panache. Mais trois jours après un KO lillois dans les règles, et même si Sousa avait pas mal remodelé son onze de départ, il ne fallait pas leur demander la Lune. Juste de se qualifier pour le tour suivant prévu les 17 et 18 décembre, en attendant des jours plus souriants et plus sereins, où la motivation sera plus grande. C'est chose faite, grâce à deux jolis bus d'attaquants, marqués du sceau de la puissance, que ce soit avec la tête ou avec le pied. Si Hwang avait allumé la première mèche par une frappe tendue que Runarsson, le portier réserviste islandais du DFCO, avait boxé des deux poings en corner (4e), la seconde banderille était la bonne quand Benito débordait et délivrait un long centre que Kalu récupérait sur l'aile droite, avant de déposer Ngonda et de centrer fort sur la tête de Josh Maja, arrivé lancé à 5 mètres du but, dont le coup de bélier renversait Coulibaly et laissait le portier bourguignon impuissant (1-0, 8e). Déjà buteur à Nîmes la saison dernière, puis contre Montpellier le 17 août, le jeune anglo-nigérian ne pouvait rêver mieux pour remercier son coach de lui avoir fait confiance en l'alignant titulaire pour la première fois de la saison. Sur un nouveau corner obtenu par des Girondins rapidement maîtres de débats face à une équipe dijonnaise elle aussi remaniée, Adli, dans un angle fermé, trouvait Runarsson sur sa trajectoire (11e). Puis Tchouameni, lui aussi titulaire, s'avançait plein axe mais sa frappe à ras de terre trop timide passait à droite (15e). Le bon quart d'heure des Girondins venait de passer. Si Dijon, le plus souvent par maladresse à l'image de son longiligne attaquant Jhonder qui réussit rarement les gestes compliqués qu'il tenta, n'en resta qu'au stade des escarmouches, Gaétan Poussin passant une première mi-temps très tranquille, Bordeaux, au fil des minutes, parut avoir le séant entre deux chaises, partagé entre l'envie d'insister pour enfoncer le clou et d'en garder sous la semaine pour un derby de l'Atlantique qui devrait être d'une tout autre intensité ce dimanche. Pourtant, sur un nouveau corner d'Adli de la gauche, la tête surpuissante de Benito aux 16,50m effleura la lucarne du portier du DFCO, figé sur sa ligne (34e). Mais à la pause, Bordeaux n'était toujours pas à l'abri. Et comptait déjà deux cartons bien sévères, distribués sans trop de discernement par M.Léonard à Benito (40e, qui ne le méritait pas sur l'action où il le reçut, mais davantage sur la faute suivante, plus intentionnelle) puis à Otavio pour un tacle banal (43e) qui n'aurait pas dû être plus réprimé que le gros coup d'épaule de Coulibaly sur Hwang huit secondes plus tôt. Adli, blessé au visage, quittait ensuite la pelouse, remplacé par De Préville (53e). Faute d'avoir su doubler la mise, Bordeaux s'exposait aux contres d'une équipe dijonnaise nettement moins timorée que lors du premier acte. Poussin effectuait son premier arrêt en déviant en corner un tir sans angle de Ndong (58e). Bordeaux ne faisait plus grand chose de bon aux avant-postes, et ne s'en remettait qu'aux erreurs bourguignonnes (mauvaise passe en retrait de Ngonda) pour inquiéter Runarsson, par une accélération suivie d'une frappe trop croisée de De Préville (60e). Puis Tchouameni, victime d'une bonne semelle pas sanctionnée d'un carton jaune ni même d'un coup-franc par M.Léonard - qui a réussi le tour de force d'être médiocre dans un match pourtant guère compliqué à diriger - quittait à son tour le terrain, et Balmont bénéficiait de la même mansuétude une minute plus tard. Sans pour autant afficher la puissance de feu d'un croiseur, le DFCO s'enhardissait et le danger se précisait quand Baldé, en pivot à l'entrée de la surface, obligeait Poussin à un arrêt au pied autoritaire (75e), puis quand Jondher et derrière lui Baldé, rataient d'un cheveu - c'est le cas de le dire - un centre de la gauche fuyant de Soumaré (77e). Si Maja au second poteau ne cadrait pas sa volée sur un centre de Nicolas De Préville (78e) qui fut le bordelais le plus incisif dans cette soirée terne, et que Hwang, sur une nouvelle erreur de relance de Loiodice, trouvait Runarsson sur la trajectoire de sa frappe du droit (80e), la dernière frayeur des Girondins survenait sur un déboulé du véloce Baldé qui grillait Pablo côté droit, avant de délivrer un missile au premier poteau que Tavarès, bille en tête, ne cadrait miraculeusement pas (83e)...Le même Tavarès, qui avait hérité du brassard de capitaine à la sortie de Balmont (72e), commettait une faute sur Mexer à 18 mètres dans l'axe. Un coup-franc indiscutable et du pain béni pour Nicolas De Préville, dont le coup de tatane aussi monumental que celui qui avait failli démonter le poteau de Butelle à Angers le 10 août, expédiait le cuir en pleine lucarne de Runarsson (90e +4), sur le plus beau coup-franc direct qu'on ait vu marqué à Bordeaux depuis de longues années et les bijoux de Khazri ou Wendel. Sans avoir vraiment joué, mais en laissant quelques cadres au repos (et il semble que cette équipe en ait besoin, car elle est en panne de rythme depuis 3 matches, mais si cela ne fut pas rédhibitoire contre les Bourguignons, il pourrait en être autrement très bientôt contre un autre adversaire), Bordeaux s'imposait donc une nouvelle fois en Coupe(s) contre sa victime favorite, qu'il a déjà sortie deux autres fois sur les 3 dernières années. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct du Matmut Atlantique aux côtés de Michel le Blayo, écoutez les réactions de Paulo SOUSA, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Stéphane JOBART, l'entraîneur du Dijon FCO, Laurent KOSCIELNY, le défenseur et capitaine du FCGB, Nicolas DE PREVILLE, l'attaquant du FCGB, Florent BALMONT, l'inusable milieu de terrain du DFCO, 40 ans et toujours titulaire en Ligue 1, OTAVIO, le milieu de terrain du FCGB, sanctionné d'un carton jaune sévère qui le privera du match à Nice ou contre Monaco, et Josh MAJA, l'attaquant du FCGB.

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction de Stéphane JOBART

Réaction de Laurent KOSCIELNY

Réaction de Nicolas DE PREVILLE

Réaction de Florent BALMONT

Réaction d'OTAVIO

Réaction de Josh MAJA

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