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Football (L1, 8e journée) : Bordeaux / Nîmes (2-0) Sans brio mais avec Briand, Bordeaux a fait sauter le verrou en deux minutes...

25 octobre 2020 à 19h03 Par Dominique Darriet et Christophe Monzie
Crédit photo : ARL Christophe Monzie

Loin d'être transcendants, surtout en première période, les Girondins, plus lucides après les citrons mais pas plus précis, s'en sont remis à la verticalité et aux dribbles de Ben Arfa pour faire enfin sauter le verrou nîmois. Un penalty a permis à Jimmy Briand d'inscrire son 100e but en L1, suivi dans la foulée par un contre d'école conclu par Oudin. Trois points laborieux, mais précieux avant un mois de novembre monumental.

Deux minutes salvatrices, au moment où on commençait vraiment à ne plus y croire et où se profilait le spectre d'un 4e nul vierge à domicile peu glorieux...Encore convalescents après leur déconvenue marseillaise et toujours aussi longs à trouver le bon tempo, les Girondins auront au moins eu un grand mérite, celui d'être patients et de croire en leur étoile. Et face à un bloc gardois bien en place mais qui n'a jamais refusé le jeu, le salut est venu du seul joueur susceptible de les sortir d'un tel guêpier à l'heure actuelle, par ses dribbles et sa percussion, en d'autres mots, sa verticalité. Pas récompensé à Marseille quand son but fut invalidé pour hors-jeu, Hatem Ben Arfa, bordelais le plus en vue sur cette rencontre, a fini par pousser les Nîmois à la faute, en étant déséquilibré par Miguel dont le geste du bras fut incontestable, malgré la colère du coach des Crocodiles, au terme d'une accélération côté droit entre 4 adversaires sur un bon ballon en profondeur d'Oudin (79e). Un penalty accordé par le référé M.Dechepy qui avait remplacé en dernière minute Jérôme Brisard prévu sur ce match, et qui ne sembla pas plus généreux que les deux sifflés dernièrement contre les Girondins à Lens et à Marseille, il faut le rappeler. Le pied de Jimmy Briand n'a pas tremblé, avec un contrepied parfait et le 100e but en Ligue 1 de l'ancien joueur de Lyon, Rennes et Guingamp, qui est le 88e joueur du championnat français à franchir le cap des 100 buts marqués au plus haut niveau national. A peine le temps pour les Crocodiles de réengager et de digérer la déception liée à ce fait de jeu, qu'un contre d'école mené par Zerkane était relayé dans l'axe par Briand, lequel décalait sur le flanc gauche, lancé à toute vapeur, Rémy Oudin, dans une configuration sur le terrain qui rappelait étrangement l'action du but de Maja à Marseille. La frappe du gauche très pure de l'ex-Rémois, seulement effleurée par Reynet, finissait sous la transversale (2-0, 81e). Bordeaux pouvait enfin souffler. Du coup, le reste, et notamment toutes les approximations qui avaient précédé, se digérait plus facilement. Et les nîmois pouvaient sans doute s'en vouloir de n'avoir pas su saisir leur chance en première mi-temps, quand Bordeaux n'avait de toute évidence pas encore trouvé le bon tempo ni la sérénité nécessaire, prenant souvent des risques inutiles dans certaines relances qui faillirent lui coûter cher, Otavio étant obligé d'écoper d'un jaune pour rattraper une mésentente avec Costil auteur d'une sortie hasardeuse (37e). Si c'est bien De Préville, d'un corner rentrant, qui avait été le premier à faire briller Reynet sur un ballon au premier poteau que Hwang fut à...un cheveu de couper (4e), la suite fut surtout nîmoise, avec des Gardois plus précis que leurs hôtes du jour dans les tirs au but, pour une possession quasi-égale (52-48 pour Bordeaux à la demi-heure de jeu). Le couperet était déjà passé près quand Denkey avait décalé Fomba à l'entrée de la surface, pas attaqué, dont le tir dévié par Pablo avait obligé Costil à sauver du pied in extremis (23e). Et que serait-il advenu si Burner, bien lancé côté droit par Denkey, au lieu de tenter sa chance dans un angle trop fermé et d'expédier sa frappe sur le petit filet, avait centré en retrait pour Eliasson, seul au point de penalty (35e) ? Manquant de rythme, les Girondins gagnaient rarement les duels et perdaient beaucoup trop de ballons dans l'entrejeu, à tel point que Gasset décidait, dès la 40e minute, de sortir De Préville et Otavio, hors du coup, pour les remplacer par Oudin et Adli. Changement qui allait surtout porter ses fruits après les citrons. Maja écopait d'un carton jaune sévère pour avoir, en jouant seulement le ballon, touché la main de Reynet sur un centre fuyant de Sabaly (41e). Et le portier nîmois, bien que diminué, sauvait les meubles en déviant sur l'arête de son but une frappe rusée d'Oudin qui l'avait vu avancé (45e + 4). Une action brûlante qui ne suffisait pas à effacer le premier acte très insuffisant des Marine et Blanc. Si ces derniers évoluèrent un cran plus haut en seconde période et avec moins de déchet technique, les occasions continuaient de se faire rares. Ben Arfa sema bien la panique dans la surface nîmoise mais n'obtint qu'un corner (53e). Une volée précipitée de Basic, à la récupération d'un nouveau corner obtenu par Hwang et renvoyé dans l'axe, se perdit dans le ciel chargé de nuages qui surplombait le Matmut encore vide (60e). Et Costil évita de nouveau le pire face au même joueur qu'en première mi-temps, le longiligne Fomba, en claquant d'une manchette la frappe tendue du milieu de terrain nîmois qui avait profité d'une bévue d'Adli (67e). Si la possession était maintenant girondine (62%) et les tirs plus nombreux, le scenario de ce match joué sur un faux rythme laissait augurer un énième 0-0 très frustrant, jusqu'au dénouement que l'on sait, les entrées de Briand et Zerkane, impliqués sur les deux buts, s'étant avérées déterminantes. 12 points au compteur qui ne seront pas de trop, un nouveau match à domicile sans but concédé où Bordeaux n'a pour l'instant pas cédé une seule fois, voilà de quoi aborder le mois de novembre titanesque qui arrive avec un minimum de sérénité. Ecoutez les réactions de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Jimmy BRIAND, l'attaquant des Girondins auteur de son 100e but en Ligue 1, et Jérôme ARPINON, l'entraîneur du Nîmes Olympique au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlnatique aux côtés de Michel Le Blayo.

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction de Jimmy Briand

Réaction de Jérôme Arpinon

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