Football, Ligue 1 (13e journée) : Avant Bordeaux / Brest : Du tonnerre et surtout des éclairs, pour entrer dans l'histoire


05 décembre 2020

En ce temps-là, le standard couleur des images télévisées enregistrées en VHS était encore le Secam en France, quand la plupart de l'Europe utilisait déjà le PAL, et les chaînes diffusant le football n'étaient pas légion, ni prêtes à sacrifier à une surenchère mirifique dénuée de la moindre déontologie pour le faire. La grand'messe du samedi soir rassemblait petits et grands, jeunes et anciens, devant l'écran magique sans qu'un virus putride ne saccage la joie de ces réunions de famille. Les résumés passaient, commentés souvent par le sémillant Frédéric Jaillant et son zézaiement qui devint célèbre. Parmi eux, celui de cette chaude soirée de fin d'été du 30 août 1989, couronnée par la belle victoire des Girondins de Raymond Goethals (3-0) contre des Finistériens qui défendaient encore à l'époque les couleurs du FC Brest Armorique, nom choisi quelques années avant par le président de l'époque Francois Yvinec pour affirmer la couleur locale. Le puissant attaquant néerlandais Piet Den Boer, dans la lignée des attaquants taillés comme des armoires normandes qui défilaient aux Girondins à l'époque (Dieter Muller, Uwe Reinders...), la pépite venue de l'Auxerre de Guy Roux Jean-Marc Ferrerri et un gamin de même pas 20 ans à qui beaucoup prédisaient un avenir brillant, un certain Bixente Lizarazu que le sorcier belge venait de lancer dans le grand bain de la D1, avaient éclairé cette belle soirée passée au Parc de Lescure, pas encore rebaptisé Chaban-Delmas. On ne savait pas encore, on ne savait évidemment pas que Bordeaux venait de battre Brest, tout juste remonté en D1 après des barrages homériques contre Strasbourg, pour la dernière fois des...31 années qui allaient suivre. Pas tout à fait l'ère galactique à laquelle remonte le dernier succès des Marine et Blanc contre Reims en Gironde, mais pas très loin quand même. La saison suivante, d'ailleurs, marquait le début des vaches maigres : Bordeaux sombrait à domicile, ridiculisé (1-4) par les bretons de Martins, Ginola, Guivarc'h et du regretté paraguayen Roberto Cabañas, décédé en 2017 et dont le portrait orne encore l'un des murs ceinturant le stade Francis le Blé. Certes, le club breton connut 20 ans de purgatoire par la suite, mais pour son retour en Ligue 1, il sut agiter les fantômes du passé pour venir gagner à Chaban en 2010 (2-0). Les deux saisons qui suivirent ne furent pas plus roses pour les Girondins (1 nul et une défaite à la maison, encore, en février 2013, sous nos yeux consternés). Certes, les hommes de Francis Gillot avaient eu le bon goût d'infléchir la tendance par un succès arraché dans le Finistère près d'un an plus tôt, grâce à Gouffran puis Plasil, mais encore avait-il fallu que Cédric Carrasso repoussât un penalty de Bruno Grougi (76e) pour épargner aux siens une fin de match étouffante. Enfin, il y eut la saison dernière et ces 3 affrontements dont Bordeaux sortit chaque fois avec une frustration immense et quelques nuits blanches à la clé. Un match aller au Matmut sur courant alternatif où le pire avait côtoyé le meilleur, ponctué d'un nul flatteur (2-2) arraché par Pablo en seconde période quand la bouillie sentait le brûlé à la mi-temps (1-2); puis un match retour invraisemblable le 5 février dernier où, après avoir manqué des ballons de break immanquables, tiré sur le poteau,  mené au score depuis la 11e minute (but de Hwang Ui-Jo), terminé en supériorité numérique suite à l'expulsion de Castelletto (68e), et résisté plus de 60 minutes grâce notamment à un exploit de Costil repoussant le penalty de Battochio,  les Girondins trouvèrent le moyen de ne pas gagner ce match, Benito marquant contre son camp sur une tête anodine de Duverne (75e). Entre ces deux nuls rageants au possible, un désastre à Le Blé, juste avant les fêtes de Noël en Coupe de la Ligue (2-0) face à une équipe bretonne quasiment Bis (neuf absences) alignée par Dall'Oglio presque embarrassé de s'être qualifié malgré lui, à l'issue de ce qui, avec l'élimination à Pau en Coupe de France mi-janvier (3-2 A.P), restera certainement comme le plus mauvais match à l'extérieur des Girondins la saison dernière, dans des conditions météo assez proches de celles qui sévissent sur Bordeaux en ce moment. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les hommes de Gasset ont donc, d'une certaine façon, rendez-vous avec l'Histoire en ce dimanche, car ils ont jusqu'ici plus souvent subi le Tonnerre de Brest que connu des éclairs dans leur jeu. Pour enfin en finir avec cette tenace malédiction en Gironde qui veut, depuis plus de 3 décennies, que ces coriaces Bretons aient toujours des chapeaux ronds et nos Bordelais des pieds carrés. Même si Kalu, touché cette semaine aux quadriceps, manquera à l'appel, le coach languedocien du FCGB en appellera sans doute encore à la "casta", autrement dit cette détermination et cette solidarité qui lui ont tant plu à Rennes et à Paris. Bordeaux a la possibilité de revenir dans les 10 premiers, mais cela passe désormais par beaucoup plus de maîtrise à domicile, où il a déjà lâché trop de points cette année. Chez les Rouge et Blanc, le coach Olivier Dall'Oglio a décidé de se passer de Faussurier, Brassier et Philippoteaux, les deux derniers cités relevant de blessure et ayant été absents à Metz. Découvrez ci-dessous les groupes retenus par les deux entraîneurs.

Ecoutez les réactions de Jean-Louis Gasset, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, et Paul Baysse, le défenseur central du FC Girondins de Bordeaux au micro de Christophe Monzie, et Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur du Stade Brestois 29. Pour entendre également des réactions brestoises d'avant-match, rendez-vous ce dimanche 6 Décembre dans le mag d'avant-match de Top Chrono à partir de 14h20. Coup d'envoi : 15 heures. Commentaires de Christophe Monzie et Laurent Brun.

Match à suivre en direct intégral sur toutes nos fréquences depuis le Matmut Atlantique de Bordeaux-Lac, ainsi que sur notre site arlfm.com et sur l'appli Les Indés Radios de votre téléphone.

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction de Paul Baysse

Réaction d'Olivier Dall'Oglio