FOOTBALL (Ligue 1, 14e journée) : LILLE / BORDEAUX (2-1) : Pas si loin du compte...


13 décembre 2020

Evidemment, il restera de la frustration. Frustration d'avoir concédé les deux buts et d'être menés à la pause après une première période où ils méritaient incontestablement mieux. Frustration de voir leur belle (mais petite) série de 3 matches sans défaite s'interrompre dans un stade où seules deux formations ont réussi à partager les points jusqu'ici en Ligue 1, le LOSC signant ce dimanche sa 6e victoire de la saison dans son jardin. Frustration de ne pas avoir refait le coup du PSG sur la fin de rencontre en profitant d'une fatigue évidente de Dogues qui semblaient prenables et qui s'attachèrent surtout à gérer le chronomètre dans le dernier quart d'heure puisqu'ils n'étaient pas parvenus à estoquer leur hôte du jour par un 3e but, en dépit d'une domination bien plus nette qu'au cours du premier acte. Mais le visage courageux et solidaire qu'ont affiché les Girondins au stade Pierre Mauroy, sans aucune commune mesure avec leur vilaine copie rendue sur ce même terrain la saison dernière, a de quoi laisser espérer des lendemains un peu plus radieux. A condition qu'ils sachent prendre les points qui, sur le papier, seront maintenant à leur portée sur les 3 matches qui les attendent avant la trêve. Alors, et alors seulement s'ils engrangent un maximum d'unités contre St Etienne, Strasbourg et Reims, trois formations classées derrière eux après avoir défié trois européens, ce court revers à Lille - où beaucoup d'autres perdront - deviendra simple péripétie. Péripétie et également reflet d'une différence de moyens financiers évidente entre un club régulièrement engagé dans les joutes européennes et doté d'attaquants de haut niveau, et un autre qui semble n'avoir toujours pas compris qu'on ne peut faire d'omelette sans casser d'oeufs pour tenter de (re)trouver les mêmes sommets. Dès l'instant que les Lillois, en seconde période, sont parvenus à résoudre le problème posé par Ben Arfa en coupant les transmissions vers le meneur de jeu visiteur, Bordeaux a définitivement cessé d'être dangereux, à l'exception d'une frappe enroulée de Hwang du droit à l'entrée de la surface, sur laquelle Maignan préféra se coucher pour assurer le coup (85e). Et il a passé le plus clair de son temps à défendre, c'est vrai, avec un Poundjé finalement titulaire en dernière minute (pour remplacer Benito blessé lors de la dernière séance d'entrainement de samedi) et plutôt à son avantage malgré la qualité de ses adversaires directs successifs, que ce soit Ikoné ou le latéral droit Celik, de retour dans l'équipe nordiste après un mois d'absence pour blessure. Baysse et Pablo ont eux aussi plutôt bien tenu la baraque, mais la qualité et la verticalité des relances de Koscielny a manqué aux Girondins, avec trop de ballons perdus dans l'entrejeu sur des remontées parfois approximatives ou trop lentes... Et il a suffi de deux moments d'absence, pas davantage pour permettre à des Dogues, pourtant fatigués et pas toujours lucides dans le dernier geste, d'assurer le service minimum 3 jours après leur sortie écossaise. Pour cependant un grand bénéfice puisque ce succès étriqué les propulse en tête de la Ligue 1 après le nouveau revers à domicile du PSG contre l'OL, lequel partage le podium avec les Nordistes. Pourtant, la première banderille a bel et bien été bordelaise, quand De Préville, titularisé pour la première fois depuis le 25 octobre contre Nîmes, avait profité d'une bourde de Fonte manquant complètement sa relance pour récupérer le ballon et démarquer Ben Arfa sur la gauche, dont la frappe croisée à angle fermé, dans une position similaire à celle de son but inscrit à Rennes, était repoussée par Maignan qui bloquait en deux temps, personne n'ayant suivi (12e). Le débordement côté droit de Zerkane, de nouveau titulaire mais peu en vue sur cette rencontre, aurait lui aussi mérité un meilleur sort qu'une sortie de but liée à un mauvais contrôle (15e). Mis sur sa première attaque réellement bien menée, le LOSC n'allait pas se tromper, lui, quand Ikoné trouvait l'électron libre Bamba (qui aura empoisonné les Girondins par ses permutations incessantes et ses kilomètres parcourus) sur le flanc gauche de la surface. Devant Sabaly et Zerkane changés en statues de sel et trop loin de lui, l'attaquant international Espoirs piquait sans élan un ballon du pied droit qui laissait Costil pétrifié, avec la complicité du poteau gauche (1-0, 16e), pour son 5e but de la saison. Après une intervention décisive de Pablo face à Yilmaz pour éviter un nouveau contre fatal (27e), les Girondins, bien que dominés dans la possession d eballe, mais pas dépassés techniquement, revenaient dans le match par un coup-franc consécutif à une faute d'André sur De Préville. Ben Arfa le tirait plongeant au second poteau et obligeait Fonte à concéder le corner. Sur celui-ci, tiré de la droite par l'Algérien, Fonte et Baysse passaient au travers au premier poteau, mais pas Basic au second qui reprenait à bout portant et signait son 3e but (1-1, 29e). Pas volé tant Bordeaux, vigilant sans être timoré comme l'an passé, avait su gêner les Dogues par un pressing efficace. Lesquels commençaient à déjouer et perdre plusieurs ballons dans l'entrejeu, comme celui chipé par Ben Arfa dans les pieds de Bamba qui lançait aussitôt De Préville. Mais l'ex-Lillois et Rémois ne gagnait pas son duel dans la surface devant Fonte. Sur le contre, Bamba expédiait un ballon fuyant devant le but que ni Yilmaz, ni David ne pouvaient exploiter, à quelques centimètres près (43e). Mais c'est un ballon perdu par Sabaly qui mettait Yilmaz sur orbite, l'international turc centrant en retrait por Ikoné qui enchaînait parfaitement son contrôle du droit et sa frappe du gauche, mais Benoît Costil se couchait et déviait en corner d'un poignet ferme. On croyait le danger passé, mais sur le corner qui suivait de la droite expédié au premier poteau par Bamba, Basic et Baysse lâchaient le marquage et laissaient Fonte arriver lancé et catapulter le ballon dans la lucarne d'un coup de bélier imparable (2-1, 45e). Le second acte, comme on l'a écrit plus haut, n'eut pas la même tonalité, les Girondins perdant en lucidité dans les transmissions et les remontées de balle, malgré une possession supérieure à celle du premier acte, mais plus de déchet dans le jeu. Pour autant, malgré une maîtrise évidente, Lille ne se créa pas pléthore d'occasions cadrées : Yilmaz croisa trop sa frappe à ras de terre (53e) et expédia sa tête au-dessus (61e), David décalé sur la droite trouva Costil pour fermer l'angle (57e), et c'est peut-être Yazici, entré en jeu à l'heure de jeu, qui hérita de l'occasion la plus nette quand son tir tendu de 20 mètres fut dévié en corner par le capitaine bordelais au prix d'une belle horizontale (87e). Sûr de sa force, le LOSC tenait son succès, sauvé par la qualité individuelle de ses attaquants, sa profondeur de banc et le travail d'usure de Bamba et Yilmaz, chacun dans leur registre. Un 5e revers pour les Girondins qui ne devra pas rester dans les têtes trop longtemps, sur un score identique à leur précédente venue dans le Nord, à Lens le 19 septembre (2-1). Mais la ressemblance entre les deux matches s'arrête là, car jamais on ne leur reprochera de ne pas avoir pris de point au stade Pierre Mauroy au vu du match qu'ils ont livré, contrairement à leur fantômatique production à Bollaert. En revanche, à domicile, ils savent ce qu'il leur reste à faire d'ici la trêve des confiseurs...Tout, sauf des cadeaux avant l'heure à leurs hôtes stéphanois et rémois.   

Ecoutez les réactions de Mehdi ZERKANE, le milieu de terrain du FC Girondins de Bordeaux, Christophe GALTIER, l'entraîneur du Lille Olympique Sporting Club, Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du Football Club des Girondins de Bordeaux, et Benjamin ANDRE, le milieu de terrain du LOSC au micro de Christophe Monzie, qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade Pierre Mauroy à Lille.

Réaction de Mehdi Zerkane

Réaction de Christophe Galtier

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction de Benjamin André