FOOTBALL (Ligue 1, 15e journée) : Après BORDEAUX / ST ETIENNE (1-2) : Des Verts et des pas mûrs...


17 décembre 2020

Retour à la case départ et fin de l'embellie... La verte espérance de voir les Girondins s'inviter enfin, pour la première fois depuis (trop) longtemps dans le casting du Top 10 de la Ligue 1, en a pris un sérieux coup en cette douce soirée de décembre enfin épargnée par la pluie. Sans tirer de conclusion trop hâtive sur le reste de leur saison, et bien que celle-ci ait un peu de retard par rapport aux précédentes pour cause de Covid, avec encore deux matches Aller à disputer en janvier, on n'est pas du tout convaincus, même avec le Monsieur Plus venu en Gironde pour le franc symbolique ou presque, mais qui ne peut jouer les magiciens à chaque match, que les Marine et Blanc soient mûrs pour exister durablement dans la première partie du tableau de la Ligue 1 et y jouer un rôle intéressant. Car leurs vieux démons sont peut-être revenus pour un moment hanter les tribunes désertes du Matmut Atlantique ce mercredi, les deux matches qui arrivent avant la trêve répondront vite à cette question. Les démons de toujours, archi-connus et revus depuis trop d'années, tels cette légendaire magnanimité qui vaut à Bordeaux de relancer les équipes moribondes ou en mal de points, quand bien même la famine s'étale sur 11 matches et 3 mois, comme c'était le cas ce mercredi de l'ASSE. Ces démons qui  l'incitent aussi à surprendre agréablement et se sortir les tripes contre un ténor quand on le donne perdant à cent contre un et simple outsider, mais à relâcher son effort, plus ou moins consciemment mais collectivement (c'est bien là le problème), et se mélanger lamentablement les pinceaux sur sa pelouse dès qu'on lui colle l'étiquette de "favori", pourvu que l'adversaire lui soit supposé inférieur ou vulnérable. Presque une marque de fabrique girondine, qui vaut à ce club, à l'irrégularité chronique, l'anonymat du classement depuis de longues saisons, quels que soient les entraîneurs qui s'y succèdent. Jean-Louis Gasset, et avec lui les supporters, espéraient un pécule de 7 points avant les fêtes, mais une première bûche de Noël est tombée hier sur le bec de ses ouailles et il faudra désormais composer avec six, dans le meilleur des cas. Et sur ce que l'on a vu face aux Verts, ce sera loin d'être une formalité.

HWANG, l'arbre qui cache la forêt

Pour comparer ce qui est (peut-être comparable), autant le succès des Verts la saison passée en Gironde (0-1) avait pris des allures de hold-up et tenait à des faits de jeu et d'arbitrage résolument contraires aux Girondins (penalty por les Verts imaginaire à l'ultime seconde, un autre oublié pour les Girondins, un but refusé, deux poteaux, Perrin non expulsé avant la pause pour une faute grossière, etc...), autant celui qui les a totalement relancés ce mercredi, avec un jeu constamment tourné vers l'offensive et sans le moindre complexe pour une équipe pourtant privée de victoires depuis un trimestre, est de ceux qui ne souffrent pas l'ombre d'une contestation. Et il aurait pu être plus ample et se dessiner bien plus tôt qu'à la 75e minute, quand Yvan Neyou Noupa reprit sans contrôle et d'une demi-volée magistrale de 20 mètres un ballon repoussé dans l'axe par la poitrine de Pablo, après une première frappe puissante de Debuchy, totalement libre de ses mouvements sur l'action (1-2, 75e). Autant les Girondins, sur ce qu'ils avaient montré, ne méritaient pas d'être menés au score à la mi-temps à Lille trois jours plus tôt, autant le partage des points aux citrons ce mercredi face à l'ASSE tenait quasiment du miracle, celui-ci s'appelant Benoït Costil. Le gardien et capitaine bordelais avait en effet sorti le grand jeu pour empêcher le match d'être scellé au bout de 22 minutes, en remportant son duel face à Denis Bouanga, lancé plein axe par Camara après un ballon perdu dans l'entrejeu par Ben Arfa. A cet instant de la partie, les Verts menaient déjà logiquement 1-0, Nordin, pas plus gêné aux 20 mètres pour se mettre sur son pied gauche et enrouler sa frappe superbe que ne l'avait été Bamba 3 jours auparavant à Lille sur l'ouverture du score, avait puni les Girondins de leur début de match hésitant et de leur marquage élastique, concrétisant la 3e velléité des siens, après deux alertes n'ayant pas servi d'avertissement aux locaux. Nordin avait d'abord enrhumé Sabaly (de retour sur le flanc gauche, Kwateng ayant été titularisé sur le flanc droit) avant de délivrer un centre fuyant de la droite devant le but que par chance, ni Bouanga, ni Aouchiche au second poteau ne purent reprendre (6e). Ce même Aouchiche, du haut de ses 18 ans, avait aussi tenté sa chance du gauche mais trouvé la niche de Costil (8e). Les Girondins, mal rentrés dans le match à l'image d'un Kwateng vite averti (8e) et de ces trop nombreux ballons perdus par un milieu de terrain qu'on n'avait plus vu aussi transparent depuis les matches à Marseille et à Monaco, tentaient de repliquer du tac-au-tac dans un match plaisant et ouvert, certes, mais sans donner l'impression de maîtriser quoi que ce soit, surtout sur le plan technique avec un déchet trop important. Ce fut donc presque une aubaine, quand, sur le contre de l'action en or gâchée par Bouanga plus haut citée, Baysse trouva Hwang d'une transversale de 40 mètres d'une précision chirurgicale. Le contrôle parfait en pleine course du Coréen mit le capitaine stéphanois Mathieu Debuchy dans le vent, et la frappe de l'intérieur du pied dans le petit côté surprit Jessy Moulin, qui semblait avoir anticipé sur le grand (1-1, 23e). Le premier but de la saison pour l'attaquant girondin, enfin récompensé de ses efforts infructueux depuis plusieurs matches. Une réussite qui devait marquer le début du seul quart d'heure convenable des Girondins dans ce match. Ben Arfa, pas encore éteint comme en seconde période à l'instar de sa production à Lille, donnait le tournis au Péruvien Trauco côté droit avant de centrer en retrait dans la surface. La reprise de Hwang était contrée par Kolodziejczak, mais revenait sur Sabaly côté gauche dont la magnfique frappe enroulée du droit trouvait le poteau de Moulin, battu (28e). Ajoutons, dix minutes plus tard, ce bon ballon dans l'axe d'Adli pour Maja (très effacé le reste du match) qui buta sur un Moulin cette fois-ci autoritaire (38e), et on aura fait le tour des occasions girondines dignes de ce nom, aucune en effet n'ayant troublé la quiétude du portier stéphanois après la pause...

Quelques décisions arbitrales curieuses

D'autant plus inquiétant - si ce match raté ne se résume pas à un simple problème physique et de récupération insuffisante, les Girondins ayant eu 2 jours de moins que les stéphanois - que derrière, ils continuaient de pratiquer la journée portes ouvertes. Sur un coup-franc mal tiré par Ben Arfa et une faute non sifflée sur Sabaly au départ de l'action par Stéphanie Frappart (dont on eut du mal à comprendre plusieurs décisions, comme ce hors-jeu très peu évident de Briand balancé dans la surface par Moukoudi sans penalty à la 64e, le carton jaune sévère infligé à Otavio à la 30e ou ceux qu'auraient mérité au moins deux stéphanois pour des fautes autrement plus grosses en seconde période, à savoir Boudebouz pour une semelle sur Sabaly, passible d'un second carton jaune à la 48e, ou Debuchy, dont l'obstruction sur Sabaly valait le même tarif, 72e, ce qui occasionna la colère de Gasset...averti par l'arbitre !), les Verts se retrouvaient en surnombre avec un 3 contre 2 mais là encore, comme vingt minutes auparavant, Costil remportait son duel face à Bouanga, servi par Aouchiche dans la profondeur (41e). De toute évidence, le principal problème pour Bordeaux était de contrôler les courses stéphanoises, avec des joueurs souvent partis de loin et dans le dos d'une défense mal alignée et d'un milieu de terrain dominé par son vis-à-vis, Boudebouz régnant en maître dans ce domaine. Sans surprise et au terme d'un second acte crispant où les Girondins affichèrent leur stérilité offensive, les Verts, après avoir failli alourdir la note sur un coup mal joué par Neyou (87e), puis tremblé sur un dernier loupé pathétique d'Oudin qui manquait le cadre à dix mètres, à la réception d'un centre de Ben Arfa dévié par Moukoudi (90e), remportaient donc leur première victoire depuis leur coup de tonnerre à Marseille le 17 septembre (2-0). Et les Girondins baissaient pavillon pour la seconde fois à domicile, après Montpellier (0-2) le 8 novembre, soit déjà...12 points laissés en route à la maison sur 24 possibles, ce qui commence à faire beaucoup. Surtout si l'on se souvient que contre Brest, Ben Arfa ne les délivra qu'in extremis, tout comme face à Nîmes sur un penalty en fin de rencontre, et qu'une équipe comme Nantes, pourtant à la rue actuellement et décimée à l'époque par le Covid, a partagé les points au Matmut, il est vrai en supériorité numérique. Autant d'adversaires supposés à la hauteur des Marine et Blanc, comme Nice ou St Etienne donc. Une défaite qui souligne sans doute aussi le rôle d'un joueur comme Koscielny, capable d'effectuer ces relances propres qui ont manqué aux Girondins sur ce match comme en seconde mi-temps à Lille, et d'alterner temps forts et temps faibles plutôt que de confondre vitesse et précipitation comme le firent la plupart de ses coéquipiers. Au moment où le mercato d'hiver approche et où l'on entend parler de vendre des joueurs et d'alléger (encore) la masse salariale, il est tout de même bon de rappeler que les Girondins comptent (déjà) 3 joueurs sur le carreau (Koscielny, Kalu et Benito) dont l'indisponibilité reste à ce jour aléatoire, mais l'absence déjà préjudiciable au rendement offensif et défensif de l'équipe...Le propriétaire du club devra donc décider à ce moment-là de la tonalité qu'il compte donner aux six derniers mois de compétition.

Ecoutez les réactions de Claude PUEL, l'entraîneur de l'Association Sportive de Saint-Etienne, Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du Football Club des Girondins de Bordeaux, Adil AOUCHICHE, milieu de terrain de l'ASSE (18 ans, plus jeune joueur titulaire sur la pelouse ce mercredi soir) et Paul BAYSSE, défenseur central du FCGB au micro de Christophe Monzie, qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique à Bordeaux-Lac avec Michel Le Blayo.

Réaction de Claude Puel

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction d'Adil Aouchiche

Réaction de Paul Baysse