Football (Ligue 1, 15e journée) : Bordeaux / Brest (1-2) : Les éclairs pour Brest quand le Tonnerre gronde à Bordeaux


28 novembre 2021

Cette fois c'est grave et c'est sans doute la défaite de trop. En tête au score à la pause grâce à Gregersen à la suite d'un coup-franc de Dilrosun au terme d'un premier acte où ils avaient assuré l'essentiel à défaut d'avoir été géniaux, les Girondins se sont liquéfiés après la pause et concédé en 7 minutes une 4e défaite à domicile lourde de conséquences. Une partie de billard sur l'égalisation, puis une erreur de marquage dans l'axe central sur le second ont permis à Le Douaron d'offrir aux siens une 4e victoire en six matches sans défaite. Pour les Girondins en revanche, hors sujet après la pause et trop justes techniquement, c'est la 6e fois (après Angers, Montpellier, Nantes, Lorient et Metz) qu'ils mènent au score et ne gagnent pas la rencontre...La défaite in extremis de Clermont à Reims (1-0) leur offre certes un sursis d'au moins 72 heures, soit la durée d'un pass sanitaire "normal". Mais dans le contenu de leurs matches comme sur le plan comptable (avec 32 buts dans la musette en 15 rencontres), ils sont déjà dans le rouge et sous assistance respiratoire depuis un bon moment. L'impatience est palpable désormais, y compris chez les supporters et le Tonnerre gronde en Gironde, car l'horizon reste désespérement bouché.  

Les Girondins n'auront donc pas suivi nos conseils et ils continuent de raser gratis. Pourtant, ce n'est pas encore la période de Noël. Mais les cadeaux ont une fois de plus été trop nombreux en ce dimanche dans la défense girondine, qui remettra donc aux calendes son premier clean-sheet de la saison, si tant est qu'il arrive un jour...Trop juste dans à peu près tous les secteurs du jeu, Bordeaux a fait illusion une mi-temps, avant de retrouver ses vieux démons et de se plier comme un cartable dès que l'adversaire a enclenché la seconde, comme cela lui est déjà arrivé maintes fois depuis le début de la saison. Sans un Costil impeccable et une certaine maladresse bretonne, la note aurait pu être plus lourde d'au moins deux buts.

Déjà le temps des regrets

Le plus inquiétant dans l'affaire est qu'on éprouve la désarmante impression que l'équipe n'évolue pas au fil des semaines ni n'apprend de ses erreurs, quoi qu'on puisse dire ici et là et quel que soit le onze et le dispositif choisis. Pour n'avoir pas su (alors qu'il avait toutes les cartes en mains) prendre les 3 points promis à Metz l'autre dimanche, Bordeaux, à côté de ses pompes face à l'une de ses bêtes noires (1 seule victoire face aux Finistériens sur les 7 dernières réceptions, c'était l'an dernier et de justesse 1-0) risque fort de se retrouver dans la zone rouge ce mercredi s'il s'incline à La Meinau. Il avait devant lui 3 matches théoriquement à sa portée, du moins sur le papier. Mais il semble qu'on ait surestimé les capacités de cette équipe. A quatre matches de la trêve, le moment est venu de se poser les bonnes questions et d'envisager les renforts indispensables au mercato hivernal, même si la tendance serait à rechercher plutôt de l'argent que des joueurs à l'heure qu'il est...

Un but sur coup-franc, enfin !

On avait promis qu'on ne ferait pas la fine bouche pour autant que le résultat soit au rendez-vous. Et à la mi-temps, force est de constater que le scenario répondait à cette attente. Car Bordeaux menait au score sans avoir livré, tant s'en faut, son meilleur match de la saison. Beaucoup d'erreurs techniques, de passes mal assurées, de duels offensifs perdus, mais une certaine ardeur à l'ouvrage qui permettait encore de compenser, face à des Brestois quasiment au complet mais étrangement timorés et loin de leur dernière production face à Lens (4-0), à la grande colère de leur entraîneur Michel Der Zakarian.  A tel point qu'hormis un centre en retrait d'Honorat capté avec autorité par Costil (10e) et surtout une tête smashée de Mounié au ras du poteau gauche de Costil à la suite d'un long centre de Duverne sur lequel Mangas avait été trop court (41e), Brest n'avait quasiment jamais mis le nez à la fenêtre.  Ce sont bien les Girondins qui avaient le ballon (64% de possession à la demi-heure de jeu), mais rarement pour se montrer dangereux. Après 20 premières minutes insignifiantes, Dilrosun, nettement moins en vue que lors de ses dernières sorties au Matmut, avait vu sa frappe fuir le cadre de Bizot (32e), tout comme Elis, sur sa reprise instantanée d'un centre au cordeau de Pembélé qui passait au-dessus de la lucarne (34e). Adli se montrait un peu plus précis mais sa frappe, déviée par Hérelle, n'inquiétait guère le portier brestois (37e). C'est un coup-franc pour une faute sur Pembélé qui allait mettre les  Girondins sur orbite et leur permettre de marquer, ce qui n'était plus arrivé depuis une éternité sur ce genre d'action. Dilrosun signait sa 3e passe décisive en trouvant le bout du soulier de Stian Gregersen, monté aux avant-postes, pour devancer Bizot pas vraiment souverain dans sa sortie (1-0, 43e). Une récompense pour le Norvégien, qui fut encore l'un des bordelais les plus en vue en ce dimanche, avec notamment une énorme percée en seconde période qui aurait mérité un meilleur sort mais qui fut stoppée illicitement par le capitaine brestois Chardonnet écopant du premier carton jaune de l'après-midi (50e). Bizot repoussait ensuite des deux poings une frappe d'Adli mais ce devait être la dernière velléité sérieuse du match pour les Girondins.

Faivre et Le Douaron dégainent

Car après une soufflante de Der Zakarian à la pause, Brest était revenu sur la pelouse avec de tout autres intentions offensives et l'envie de mettre le rythme qui avait tant manqué en première période. Discret jusque là, Romain Faivre ne tardait pas à le signifier à ses adversaires par une percée non maîtrisée par la défense girondine qui lui permettait de servir Belkebla, lequel trouvait Le Douaron qui perdait son duel face à Costil. Mais les Girondins ne parvenaient pas à éloigner le ballon comme il l'aurait fallu et l'action se poursuivait côté gauche. Agoumé centrait en retrait à ras de terre sur...Mangas qui renvoyait du plat du pied sur Le Douaron qui n'avait plus qu'à mettre sa jambe en opposition pour égaliser, à la faveur d'une belle partie de billard (1-1, 59e). Un but qui avait le don de faire sortir totalement du match les Girondins, dont les replis défensifs étaient de plus en plus aléatoires, alors que devant, les attaquants ne tenaient plus un ballon, à l'image d'un Oudin revenu à la "case départ" si l'on peut dire, après sa belle production messine, un Dilrosun et un Adli trop compliqués dans leur jeu et un Onana actif, mais toujours aussi brouillon. Faivre, de plus en plus en vue, se fendait ensuite d'un loupé inhabituel pour un joueur de son niveau sur un service impeccable de Le Douaron quand, seul au second poteau, il dévissait sa reprise et frappait à droite du but girondin après une erreur de Mexer et un trois contre un pour les Brestois (63e). Mais ce n'était que partie remise. Le Douaron, décidément intenable après la pause et laissé bien trop libre de ses mouvements, réalisait un appel de balle en profondeur impeccable sur une action d'école et une passe d'Honorat avant d'ajuster Costil quasiment sans opposition (1-2, 66e). Petkovic avait beau procéder alors à 3 changements simultanés (entrées de Hwang, Fransergio et Niang), Bordeaux n'était plus du tout dans le match et n'alignait plus 3 passes consécutives. Faivre, une fois de plus lancé à toute vapeur et après avoir enrhumé deux défenseurs, était à deux doigts de sceller le sort du match mais Costil maintenait les siens en vie (70e). En retard sur beaucoup d'actions, les Girondins perdaient contenance (cartons jaunes à Pembélé 75e et Mexer 80e) mais se créaient cependant une dernière (et rare) occasion de sauver les meubles quand Fransergio, d'un pointu, testait Bizot qui repoussait sa frappe tendue en plein milieu du but (87e), au terme d'un gros cafouillage provoqué par Hwang. Mais les réactions des locaux étaient bien trop sporadiques pour qu'on puisse espérer une nouvelle remontada et un scenario similaire à celui vécu contre Reims. Un second acte très pauvre sur le plan technique pour les Girondins, pas vraiment rassurant avant le déplacement à Strasbourg de ce mercredi, avec trop de joueurs en dessous du minimum exigible à ce niveau de compétition (Elis, Dilrosun, Adli, Kwateng, et même Otavio, pour ne citer qu'eux). Le problème vient justement du fait que ce ne sont jamais les mêmes d'un match à l'autre qui passent au travers, mais qu'il se trouve toujours l'un d'entre eux pour commettre la gaffe du match, l'irréparable qui compromet tout.

[Christophe Monzie à Bordeaux, photos ARL - Loic Cousin & C.M]

Réaction d'Admar LOPES, le directeur sportif du FCGB qui ne mâche pas ses mots.

Girondins de Bordeaux Football Brest (28 Novembre 2021) Admar LOPES, Directeur Sportif FCGB.jpg (2.53 MB)

 

Réaction de Michel DER ZAKARIAN, l'entraîneur du Stade Brestois 29.

Girondins de Bordeaux Football Brest (28 Novembre 2021) Michel DER ZAKARIAN, Entraîneur du Stade Brestois.jpg (1.44 MB)

Réaction de M'Baye NIANG, attaquant sénégalais du FCGB entré en jeu à la 67e à la place de Dilrosun.

Réaction de Romain FAIVRE, milieu de terrain offensif du SB29.

Réaction de Vladimir PETKOVIC, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux.

Girondins de Bordeaux Football Brest (28 Novembre 2021) Vladimir PETKOVIC, Entraîneur FCGB.jpg (1.45 MB)

Réaction de Jérémy LE DOUARON, attaquant du SB29 et double buteur du jour.