Girondins de Bordeaux

FOOTBALL, LIGUE 1 (16e journée) BORDEAUX / NIMES (6-0) : Le cirque, puis la parade illuminée

04 décembre 2019 à 00h38
Au bout de 10 minutes de jeu, les Ultras Marines, privés de leurs banderoles à l'entrée du stade, ont provoqué une interruption de la rencontre de 28 minutes, jusqu'à obtenir le droit de les récupérer.
Crédit photo : ARL Christophe Monzie et Dorian Malvesin

Maja c'est magique ! Les Girondins ont croqué les Crocos, transformés en sacs à main...Leur plus large succès depuis 2015 qu'ils évoluent au Matmut Atlantique.

Dans le genre soirée atypique et rocambolesque, où le chaos le dispute au panache, il sera difficile de faire mieux dans les annales de la Ligue 1...Les absents (ils étaient trop nombreux, hélas, à peine 12 000 spectateurs abonnés inclus, présents ou non) auront eu tort, bien qu'ils bénéficient de circonstances atténuantes avec ces rencontres programmées à 19h en semaine, incompatibles avec les bouchons des grandes villes, une véritable hérésie qui vide les stades. Et le football, qui n'en est plus à un paradoxe près, nous aura montré les multiples facettes d'une rencontre inclassable, hors normes, qui aurait pu ne jamais se terminer et être reportée ou même donnée perdue aux Girondins si l'interruption du jeu avait duré plus de 45 minutes, compte tenu du contexte, une rencontre que les Marine et Blanc prirent pourtant par le mauvais bout jusqu'à la susdite interruption, et qu'ils ont finalement remportée en faisant mouche à pratiquement chacune de leurs tentatives (8 tirs cadrés pour 6 buts, un record difficile à battre, même à l'échelon européen). Le tout dans une ambiance complètement surréaliste, entre vivats de leurs supporters et demandes de démission du président délégué Frédéric Longuépée, dans un conflit dont on a du mal à imaginer une issue favorable à l'heure qu'il est, compte tenu des positions figées des uns et des autres. Il convient tout de même de rappeler que David Lafarge, patron de la sécurité du stade depuis de longues années, avait reçu un avertissement cette semaine et était en arrêt de travail ce mardi soir. Ne doutant pas de l'efficacité de son équipe, qui a prouvé maintes fois son professionnalisme tant au Matmut qu'à Chaban-Delmas, on se demande pourtant comment la poignée de supporters a pu pénétrer sur la pelouse par le corridor du virage Sud, provoquant l'arrêt du match par Clément Turpin pour d'évidentes raisons de sécurité, même si l'absence totale de banderoles en début de match annonçait sans doute le calme avant la tempête. A cela une explication : celles-ci, régulièrement hostiles à la Direction du club depuis plusieurs matches pour ne pas dire le début de la saison, avaient été confisquées aux Ultras avant leur entrée au stade. Y compris les banderoles habituelles et plus "neutres" à leur effigie. La mesure de trop, visiblement, qui provoqua le clash que l'on redoutait depuis des semaines, et donc l'irruption d'un groupe d'une vingtaine de supporters sur le bord de la pelouse près du but gardé par Costil, lequel tenta d'ailleurs, avec quelques coéquipers dont De Préville, de les raisonner. Etonnant aussi, alors que plusieurs cars de police se trouvaient exactement à l'opposé de l'évènement, derrière le Virage Nord où il n'y avait aucune situation de tension à gérer, que les manifestants n'aient pas été évacués des abords du terrain plus rapidement. Ayant obtenu au bout de longues minutes de pouvoir récupérer leurs banderoles et de les disposer comme d'habitude dans leur Virage, les supporters intégrèrent peu à peu, et sans le moindre incident, la tribune André Gallice, avant de déployer sans tarder un nouveau message très direct à la gouvernance du club (voir photos ci-dessous), fumigènes à l'appui, qui vaudront à minima une lourde amende au FCGB et peut-être même un huis-clos partiel ou total début 2020... La rencontre, interrompue exactement après 10 minutes et 50 secondes de jeu, pouvait enfin reprendre, et les Girondins oublier leurs errances des premières minutes où un loupé de Pablo quasiment sur le coup d'envoi, puis une passe en retrait de Sabaly mettant Costil en situation de péril devant sa ligne de but sous le pressing de Duljevic, auraient pu gravement compliquer leur tâche. Sans oublier ce passement de jambes coté droit du remuant Ferhat (le meilleur nîmois) dont la frappe croisée frôla le poteau gauche de Costil (12e), immédiatement après la reprise du jeu. Bordeaux n'avait encore rien montré offensivement, mais après les banderoles de la discorde allaient arriver les banderilles girondines, autrement plus réjouissantes. La première était enrayée par Bernardoni, qui s'opposait à la reprise de la tête de De Préville, à la suite d'un bon centre de la gauche de Sabaly, auteur d'une très bonne rentrée (22e). Sur l'action suivante, De Préville lançait idéalement Josh Maja qui s'avançait sans opposition dans le dos d'une défense gardoise croyant au hors-jeu, l'arbitre assistant levant son drapeau au moment du plat du pied victorieux de l'anglo-nigérian (1-0, 25e). D'abord refusé, le but était finalement validé au bout d'une bonne minute par M.Turpin après recours au VAR, à la grande surprise des bordelais eux-mêmes...Nîmes ne capitulait pas encore, à l'image de ces deux tirs lointains de Fomba (29e) puis Sarr (34e), pas loin du poteau droit bordelais. Mais le second but allait porter un coup fatal aux Olympiens quand Adli réussissait un une-deux parfait avec Otavio avant de démarquer idéalement Maja, parti entre Martinez et Briançon pour aller posément défier Bernardoni et doubler la mise d'une frappe croisée du plat du pied pleine de sang-froid (2-0, 37e). A la reprise, nouveau coup dur pour les Crocos qui rataient d'un cheveu la réduction du score sur un coup-franc de Ferhat repris de la tête par Martinez mais sorti par Costil avec autorité (47e). Bordeaux, redoutable d'efficacité autrement plus que lors de ses dernières sorties niçoise et rémoise, continuait son récital et Maja, intenable, amusait son vis-à-vis Alakouch sur un bon service de Jovanovic qui venait de gagner son duel face à Miguel, avant d'ajuster une merveille de frappe en rupture qui lobait Bernardoni, légèrement avancé, et terminait dans la lucarne (3-0, 53e). Premier hat-trick de sa carrière pour le jeune nigérian, auteur donc de 4 buts en deux matches (5 au total), et quels buts...Cette fois, les Crocos étaient KO et pouvaient redouter de finir en pièces, voire en sacs à main face à un Bordeaux à l'appétit d'ogre qui gérait cette rencontre sans forcer son talent. Tout au plus regrettera-t-on le carton jaune sévère à Jovanovic (64e) pour une obstruction totalement involontaire, quand Miguel, pour une faute similaire sur De Préville, s'en était tiré impunément peu avant. De Préville, justement, ne se ressentait guère de ladite faute puisque, sur un modèle de contre initié par Maja, il filait de la médiane dans le dos d'une défense en perdition défier Bernardoni d'un crochet extérieur avant de marquer dans le but vide (4-0, 57e), signant lui aussi son 5e but de la saison. Après le triplé, c'est un doublé qui allait clôturer le bal : celui d'Otavio, un garçon pourtant peu habitué à ces honneurs. Adli se muait encore en passeur décisif pour un une-deux d'école à l'entrée de la surface et un plat du pied chirurgical du Brésilien dans le soupirail droit de Bernardoni (5-0, 76e) avant de tenter sa chance d'une puissante frappe du droit à ras de terre de 25 mètres...dans le soupirail gauche (6-0, 86e) ! La fête, d'abord perturbée, avait finalement été plus belle que tout ce qu'on aurait pu imaginer en cette soirée glaciale, et Bordeaux ne ratait pas, cette fois-ci, l'occasion de grimper sur la 3e place et de s'offrir un vrai match d'outsiders au Vélodrome contre l'OM ce dimanche 8 décembre. En espérant que les Girondins, malgré ce feu d'artifice sans précédent au Matmut Atlantique et dont le dernier 6-0 en date avait été acquis à Monaco en 2008 avec notamment deux doublés de Cavenaghi et Micoud, ne partent pas sur la Canebière la fleur au fusil et trop confiants pour y affronter un OM qui marche sur l'eau en ce moment. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre aux côtés de Michel le Blayo, écoutez les réactions de Paulo SOUSA, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Bernard BLAQUART, l'entraîneur du Nîmes Olympique, très abattu et fataliste après cette claque, Frédéric LONGUEPEE, le président délégué du FCGB qui répond aux supporters, Pablo MARTINEZ, le défenseur central du Nîmes Olympique, Yacine ADLI, le milieu de terrain et passeur décisif sur le second et le 5e but bordelais, Paul BERNARDONI, le gardien de but du Nîmes Olympique, Laurent KOSCIELNY, le défenseur central du FC Girondins de Bordeaux, Anthony BRIANCON, le défenseur central et capitaine du Nîmes Olympique qui réaffirme son soutien et celui des joueurs à leur coach, OTAVIO, le milieu de terrain et double buteur, Josh MAJA, attaquant du FCGB et auteur d'un hat-trick.

A noter que les invités d'ARL dans Top Girondins ce jeudi 5 décembre à 19h seront Gaétan HUARD, ancien gardien de but du FCGB et de l'OM, détenteur du record d'invincibilité en Ligue 1 (1176 minutes, soit plus de 13 matches consécutifs), Thierry AGNELLO, journaliste à "La Provence", spécialiste de l'OM...et deux internationaux français dont nous vous réservons la surprise. Une émission à ne pas manquer...

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction de Bernard BLAQUART

Réaction de Frédéric LONGUEPEE

Réaction de Pablo MARTINEZ

Réaction de Yacine ADLI

Réaction de Paul BERNARDONI

Réaction de Laurent KOSCIELNY

Réaction de Anthony BRIANCON

Réaction d'OTAVIO

Réaction de Josh MAJA

Photos