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Football (Ligue 1, 19e journée) : Bordeaux / Lorient (2-1) : Bordeaux passe à l'orange, mais peut respirer

10 janvier 2021 à 01h15 Par Christophe Monzie et Dominique Darriet
Crédit photo : Christophe Monzie ARL

Même si son succès fut laborieux et longtemps menacé par des Bretons plutôt joueurs, privés en fin de match de l'égalisation pour hors-jeu après avoir trouvé le poteau de Costil à 1 partout, les Girondins ont assuré l'essentiel et renoué avec la victoire à domicile, pour s'inviter de nouveau dans la première partie du tableau. Par les temps qui courent, on s'en contentera, avec 2 buts au Matmut grâce à Oudin, ce que l'on n'avait plus vu depuis le 25 octobre contre Nîmes.

Aux idéalistes qui, nonobstant l'évidence, en douteraient encore, il leur faudra se faire à cette idée : rien cette année aux Girondins ne s'obtiendra dans la facilité ni même la maîtrise, sauf si le sorcier Jean-Louis Gasset trouve en 2021 le vaccin-miracle et parvient à changer le plomb en or avec seulement ce qu'il a. Le club traverse une période transitoire, pas florissante sur le plan économique, c'est peu de l'écrire (26 licenciements imminents et 4 départs volontaires confirmés ce samedi par le président Longuépée à l'occasion des voeux présentés avant la rencontre). Il va devoir garder la tête froide dans l'adversité, en attendant que l'argent espéré revienne, que la LFP trouve peut-être un terrain d'entente avec ceux qu'elle a ostensiblement ignorés il y a peu encore, cédant au plus offrant sans vergogne avant de vite déchanter et de voir la diffusion de la Ligue 1 transformée en patate chaude que personne ne se bouscule désormais pour récupérer à un prix surévalué, et que le public et les sponsors reviennent au stade avant la fin du présent exercice, si cela n'est pas une utopie. D'ici là, l'objectif des actuels propriétaires du club, ou celui des futurs qui pourraient d'ailleurs arriver plus tôt que prévu, reste de maintenir en Ligue 1 l'un des plus vieux clubs du football français, qui fêtera cette année ses 140 ans. Et pour cela, d'assurer les affaires courantes en prenant les points quand il le faut.

Mission accomplie

Vu sous cet angle, les Marine et Blanc ont fait le job en ce glacial samedi de janvier, ponctuant par un succès poussif mais mérité une semaine très convenable, entamée par un vieux 0-0 des familles en terre lorraine. 26 points à la mi-course, exactement comme l'an passé à ce stade de l'épreuve, c'est un bilan qui reste satisfaisant, de l'aveu du technicien languedocien. Si sa formation avance sur les mêmes bases lors de la phase Retour, elle se maintiendra sans trembler avec 52 unités au compteur, sans doute au rang qu'elle occupe actuellement. Mais ne pourra en aucune façon convoiter quelque strapontin européen, qui se négocie au bas mot avec 10 à 12 points de plus. A moins d'un parcours magistral en Coupe de France, qu'elle n'a plus réalisé depuis bientôt 8 ans et sa victoire en 2013 contre l'ETG. La victoire obtenue en suant contre l'avant-dernier de la Ligue 1, qui a prouvé sur ce match qu'il valait mieux que son classement mais n'était pas servi non plus par la réussite, permet au FCGB de rééquilibrer sa balance entre victoires et défaites (7 dans chaque cas) et celle des points glanés à domicile (15 sur 30 possibles). L'autre point positif est qu'elle fut scellée par des buts d'attaquants, qui avaient été si effacés trois jours plus tôt à Metz, et que Bordeaux a su gagner sans Ben Arfa. Finalement, et malgré les sorties de route à Monaco, Marseille, Lens ou contre Montpellier à la maison, ne semblent manquer au tableau de marche théorique des Girondins que les 6 points qu'ils auraient dû prendre contre St Etienne et Reims, des équipes du même calibre et dans la même détresse avant de venir en Gironde que leur victime de ce samedi. Avec ce pécule supplémentaire, l'air de rien, ils seraient sixièmes, ex-aequo avec l'OM...D'autant plus rageant que ces deux non-matches n'ont même pas marqué la renaissance de leurs bourreaux : St Etienne est reparti sur les mêmes bases qu'avant son succès au Matmut, alignant 3 nuls et une défaite au Stade de Reims (3-1), sauvé par son buteur Dia mais qui lui-même, n'avait pas su au préalable battre Dijon mercredi soir à Delaune (0-0)...C'est donc bien Bordeaux qui, ces soirs-là, s'est montré très largement en-dessous du minimum exigible, et pas son adversaire qui a sorti le match-référence.

Des occasions, à défaut de maîtrise

En ce samedi, c'est à un match beaucoup plus plaisant que l'on a pu assister, les Merlus n'étant pas venus en Gironde pour placer un bus devant leur cage, et finalement moins diminués que prévu, Wissa et Grbic étant rétablis du Covid à temps pour au moins prendre place sur le banc de touche. Côté girondin, Gasset avait décidé de se passer de Pablo (qui sera de toute façon suspendu à Nice) et de titulariser Koscielny, qui l'avait remplacé sur la dernière demi-heure à Metz. Le capitaine bordelais, encore à court de compétition, n'a certes pas livré son meilleur match de la saison, coupable sur le but lorientais, mais sa régularité et son professionnalisme font qu'on ne lui tiendra pas rigueur de ces hésitations passagères. Du coup, les trois autres de derrière, Baysse en tête, auteur d'un gros match même si Sabaly et Benito apportèrent aussi un impact offensif intéressant par leurs montées fréquentes, prirent le relais et ce ne fut pas de trop quand Bordeaux, comme à son habitude, recula dans le dernier quart d'heure et ne fit plus rien de bon aux avant-postes, au point de laisser la possession majoritairement aux Bretons, qui faillirent trouver la récompense à leurs efforts quand Grbic, lancé par Le Fée en profondeur, croisa sa frappe dans le petit filet de Costil (86e), mais l'Autrichien était heureusement hors-jeu. Ou quand le VAR ne trouva rien de répréhensible à un ultime contact dans la surface entre Benito et le remuant Wissa (90e) après quelques secondes d'angoisse. Une vulnérabilité qui tenait au fait que Bordeaux n'avait pas su se mettre à l'abri auparavant, même si ses occasions de le faire se comptèrent sur les doigts d'une main en seconde période, il faut le reconnaître. Les deux frappes cadrées mais quasiment inoffensives de Kalu sur Dreyer (50e, 56e) n'étaient pas de nature à enfoncer le clou, au contraire de ce contre d'école, peut-être sur la plus belle action du match, initié par Adli qui lançait De Préville côté gauche à toute vapeur. L'ex-rémois, qui courut beaucoup ce samedi mais ne connaît toujours pas la réussite, effaçait impeccablement Gravillon d'un crochet en pleine course mais sa frappe était repoussée par Dreyer. Oudin qui avait suivi optait, en toute logique, pour un plat du pied pour cadrer sa reprise, qui était malheureusement contrée par Le Goff, revenu du diable vauvert (68e). La seule vraie occasion bordelaise du second acte venait de passer et l'autre ex-Rémois des Girondins se voyait donc privé du triplé, puisque c'est lui, depuis la fin du premier, qui permettait aux Girondins de mener à la pause, un peu flatteusement.

Mal payé, Lorient oublie le blackson...

Car la première alerte du match avait été bretonne, quand Moffi avait bien décalé Laurienté (le bien nommé...) pas attaqué à 20 mètres, dont la frappe tendue avait été repoussée des deux poings par Costil (5e). Les Merlus étaient bien en place, mais les dribbles de Hwang, positionné en avant-centre qui est sans doute sa meilleure place, mettaient la défense centrale sur le grill. Sur le 2e corner du match, tiré de la droite par De Préville, Baysse sautait plus haut que tout le monde et rabattait le ballon sur le Coréen qui, en pivot, voyait Oudin mieux placé que lui à l'angle des 5,50 mètres. La frappe croisée du bordelais surprenait Dreyer, légèrement masqué par Gravillon sur cette action un peu confuse (1-0, 13e). C'est encore Hwang, lancé par Basic, qui prenait de vitesse Chalobah et malgré l'angle fermé adressait une frappe sèche du gauche déviée en corner par le portier visiteur (19e). Un peu contre le cours du jeu à cet instant du match, Terem Moffi obtenait pourtant l'égalisation et signait son 4e but de la saison quand Monconduit, profitant d'une mauvaise relance girondine, s'inflitrait plein axe et le trouvait en profondeur, oublié au marquage par Koscielny. Sa première frappe était repoussée par Costil, mais le Nigérian, plus prompt que les défenseurs bordelais qui s'étaient arrêtés, terminait le travail de la tête en ayant bien suivi, un peu comme l'avait fait Dia sur le second but rémois le 23 décembre (1-1, 22e). Dans la foulée, le même homme était à deux doigts de doubler la mise, contré in extremis par Baysse (24e). Qu'à cela ne tienne, le Nigérian, intenable, fixait les deux centraux dos au but au point de penalty, mais sa talonnade sans élan, qui passait entre les jambes de Koscielny, allait finir sur le bas du poteau droit de Costil, battu (28e). Tournant du match probablement, car rien ne permet de penser que si Lorient avait mené au score à cet instant, les Girondins se seraient imposés, et surtout pas les statistiques, puisqu'ils ne l'ont encore jamais fait cette saison dans ce cas de figure. Les mouches avaient changé d'âne en tout cas et la rencontre de physionomie, les Girondins connaissant un inquiétant passage à vide depuis l'égalisation lorientaise, que même la tête décroisée de De Préville frôlant le poteau de Dreyer, sur un service de Kalu, ne suffit à estomper (33e). Une période de doute matérialisée aussi par le carton jaune stupide de Hwang, retenant inutilement Laurienté par le maillot au milieu du terrain alors qu'il n'y avait aucun danger (41e). C'est donc là aussi contre le cours du jeu qu'Oudin redonna l'avantage à la pause aux Marine et Blanc, sur une montée de Sabaly coté droit lancé par De Préville, et une frappe en pivot pas très appuyée mais cadrée, suffisamment déviée par Gravillon pour prendre totalement à contrepied Dreyer, fautif de n'avoir pas blacksonné sa défense en la protégeant...d'anti-gravillons (2-1, 43e). Un doublé pour l'ex-rémois, puisque la LFP décida de lui attribuer ce but, qui en fait désormais le meilleur réalisateur du club (4 buts). Le second acte, comme on l'a vu, fut mieux contrôlé par les Girondins juqu'à la 75e minute, avant une fin de match des plus crispantes et qui parut bien assez longue. Bordeaux empochait donc son premier succès de 2021 dans la douleur tout de même, comme il l'avait fait face aux autres relégables précédemment venus en Gironde, Nîmes et Dijon. Pour poursuivre la petite série qui s'amorce, il lui faudra néanmoins monter le curseur à Nice dans une semaine, puis contre Angers et surtout chez le leader lyonnais (champion d'automne) à la fin de ce mois.

Prochain match à suivre sur nos ondes : Nice / Bordeaux (20e journée) ce dimanche 17 janvier, coup d'envoi 15 heures, en direct intégral de l'Allianz Riviera à Nice.

Ne manquez pas non plus Top Marine et Blanc, ce jeudi 14 janvier entre 19 heures et 20 heures, présenté par Dorian Malvesin et Christophe Monzie.

Ecoutez les réactions de Matthieu DREYER, le gardien de but du FC Lorient, titularisé en dernière minute à la place de Nardi, Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du Football Club des Girondins de Bordeaux, Christophe PELISSIER, l'entraîneur du FC Lorient, et Rémi OUDIN, l'attaquant du FC Girondins de Bordeaux et double buteur du match, au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo.

Réaction de Matthieu Dreyer

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction de Christophe Pelissier

Réaction de Rémi Oudin

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