FOOTBALL (Ligue 1, 20e journée) : NICE / BORDEAUX (0-3) : Encore plus séduisants qu'une suite au Negresco...


17 janvier 2021

Celle-là, elle fait vraiment du bien par où elle passe...Par les temps qui courent, qui n'incitent ni à l'optimisme sur le plan économique, ni à l'exaltation sur celui du spectacle dans des stades toujours aussi vides et avec la menace d'un écran noir sur le foot français à la télé, on ne va pas bouder son plaisir...Six ans et demi que les Girondins attendaient cela : dompter enfin les Aiglons, et qui plus est, dans leur antre, avec la même maestria qu'ils avaient affichée en août 2014 (victoire 3-1 ce soir-là). Les farcis niçois ont donc vécu. Aujourd'hui, l'heure serait plutôt à la ratatouille au gôut de brûlé, côte azuréen, avec cette nouvelle défaite à domicile qui allonge la stérilité des Rouge et Noir sur leur pelouse, désormais de quasiment 3 mois et demi en championnat (dernier succès contre Nantes 2-1 le 3 octobre), à peine estompée par une victoire honorifique sur l'Hapoel Beer Sheva le 29 octobre (1-0) en Europa League. Depuis lors, deux petits nuls et sept défaites dans un Alianz Riviera qui n'a plus rien d'une arène...Même l'actuel dernier de Ligue 1, Lorient, n'a pas fait pire chez lui. Les Girondins, eux, n'auront cure de ces tourments. Le ciel râclé azuréen de ce dimanche les protégeait, ce devait être un heureux augure. Et l'histoire retiendra qu'ils ont glané - fort logiquement - leur 4e victoire hors de leurs bases, assortie comme les 3 précédentes d'un clean-sheet (Angers, Rennes, Strasbourg) et que surtout, ils sont enfin parvenus à aligner deux victoires en championnat pour la première fois depuis plus de deux ans (janvier 2019). Avec 7 points pris en 3 matches, 2021 démarre tout de même beaucoup mieux que n'avait fini 2020, avec deux gamelles à domicile regrettables contre Reims et St Etienne venues ternir leur bonne fin d'automne. La série est lancée, il faut à présent la prolonger contre Angers, qui sera sans doute plus consistant que ces Niçois trop oublieux des fondamentaux défensifs, afin de pouvoir se présenter à Lyon l'esprit libre et sans rien à perdre à la fin de ce mois. L'avenir dira vite si ce succès à Nice a servi ou non de déclic dans leur saison et marqué enfin le début d'une certaine régularité dans leurs performances.

Sans contestation possible

En vérité, les Girondins n'ont tremblé qu'une seule fois dans ce match devant une attaque niçoise bien timorée (1 tir cadré contre 9 aux Girondins) : à la 62e minute précisément, quelques secondes après que Hwang, bien lancé par Adli, eut manqué le break en butant sur Benitez, quand le contre niçois mené  par Maolida, entré en jeu peu auparavant, aboutit à un centre au second poteau sur Gouiri, l'un des rares niçois à n'avoir pas sombré sur ce match. Mais la tête piquée de l'Algérien, qui avait pris le meilleur sur Sabaly, vint tutoyer l'extérieur du bas du poteau de Benoît Costil. Heureusement car on ne peut pas dire que l'égalisation niçoise aurait été méritée à cet instant de la partie, tant les Girondins, menant des contres décidés, semblaient proches d'enfoncer le clou dans la jeune défense niçoise (Saliba et Daniliuc, 19 ans chacun). La chance des Aiglons venait de passer, et ils n'existèrent ensuite que par cette frappe de 20 mètres du gauche de Pierre Lees-Melou sans danger pour Costil (72e), la seule cadrée du 2e acte pour les locaux, l'entrée en jeu du langonnais à la place d'un Boudaoui plus qu'effacé ayant apporté un léger mieux à l'entrejeu niçois. Tout le reste fut girondin, et l'on comprit assez vite que les Marine et Blanc auraient une belle occasion à saisir à la façon dont ils s'approprièrent le ballon et ne tardèrent pas à porter le danger sur le but du capitaine Benitez. Dès la 2e minute, Basic avait chauffé les gants du portier argentin, obligé de s'y reprendre à deux fois pour capter sa frappe de 20 mètres. Puis c'est Kalu côté gauche qui semait une belle panique dans la surface avant de se heurter à Atal (4e). Nice tentait de donner le change mais c'est une partie de billard, après un renvoi dans l'axe de Baysse sur une réception manquée de Dolberg, qui permettait à Kamara d'adresser la première frappe niçoise cadrée du match, déviée deux fois avant de finir dans les gants de Costil (12e). Oudin, servi par un Adli dans tous les bons coups et bénéficiant d'une grande liberté de mouvement, sollicitait de nouveau Benitez (15e), et la menace se faisait plus précise sur une belle frappe de 20 mètres du même joueur, repoussée par Benitez et sortie in extremis par Atal des pieds d'Oudin qui avait suivi (18e). Si Hwang donnait quelques sueurs froides au tandem Saliba-Daniliuc par sa position avancée (et parfois un peu trop, avec deux hors-jeu signalés en début de match), la pause arrivait sans que Bordeaux, pourtant menaçant, ne soit parvenu à concrétiser son indéniable domination dans le jeu. Mais son heure allait venir à la reprise, après 3 corners consécutifs coté droit, tirés à deux joueurs et sans résultat. Puis Yacine Adli, qui a sans doute livré son meilleur match de la saison (et peut-être aussi depuis qu'il est à Bordeaux, même si sa prestation à Amiens la saison passée, avec deux buts, avait aussi été d'excellente facture), lancé par Sabaly, s'avançait sur le flanc droit sans la moindre opposition, Nsoki et Kamara, aux abonnés absents, n'ayant pas fermé le couloir.  Le milieu de terrain girondin n'avait plus qu'à obliger Saliba à sortir du marquage pour centrer au point de penalty pour Hwang Ui-Jo dont la reprise instantanée du droit en pivot faisait mouche (0-1, 50e) pour son 3e but de la saison. Dès lors, les espaces se faisaient plus larges dans une défense locale qui commençait sérieusement à donner de la bande, surtout Nsoki, qui oubliait régulièrement ses tâches défensives. Bordeaux insistait donc sur ce côté droit et Adli parvenait à trouver Oudin dont la frappe sèche était repoussée par Benitez dans les pieds de Nicolas De Préville, entré en jeu à la place de Kalu, qui terminait le travail à bout portant...mais hélas en position de hors-jeu incontestable (68e). Otavio, très précieux dans la récupération sur ce match, chipait encore un enième ballon brûlant à Gouiri dans la surface de réparation girondine (74e). Comme à Strasbourg, le salut allait finalement venir de l'arrière et sur un coup de pied arrêté : les 3 premiers corners joués à la Rémoise (qu'il connaît pourtant bien) n'ayant, comme on l'a vu, rien donné en début de seconde période, Rémi Oudin décidait cette fois de le tirer tendu au premier poteau où Paul Baysse, arrivé comme un obus et bien plus prompt que Nsoki, fusillait Benitez d'une reprise de la tête en pleine lucarne (0-2, 75e). Restait aux Girondins à ne pas faire n'importe quoi et à ne pas reculer afin d'assurer un succès qui leur tendait les bras, Nice accusant le coup à partir de cet instant. Hwang, sur un bon travail d'Oudin, voyait sa tentative du pied droit sauvée par Benitez (82e), mais le portier argentin ne pouvait rien sur ce contre d'école initié par De Préville coté droit, poursuivi par le jeune Traoré aussi libre de ses mouvements qu'Adli sur l'ouverture du score, et qui, tout juste entré en jeu, signait sa première passe décisive en L1. Toma Basic, bénéficiaire de l'offrande, reprenait comme à la parade du plat du pied (0-3, 87e) pour son 4e but personnel et la plus nette victoire des Girondins à l'extérieur depuis la courte ère Poyet et un succès 0-4 à Metz en mai 2018 qui leur ouvrait in extremis les portes de l'Europa League. Avec une fluidité dans le jeu et une verticalité dans les contres qu'on ne lui avait pas vues souvent cette saison jusqu'ici, Bordeaux plus flambant encore qu'une suite au Negresco (le plus célèbre hôtel de charme de Nice, situé sur la Promenade des Anglais, pardon...des Bordelais) s'invitait à la 8e place de la Ligue 1, et signait du même coup son 11e match sans but encaissé qui lui permet d'égaler la performance de l'Atletico Madrid, seule équipe des 5 principaux championnats européens à avoir été aussi hermétique depuis le début de la présente saison. 

Ecoutez les réactions de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du Football Club des Girondins de Bordeaux, Walter BENITEZ, le gardien de but et capitaine de l'OGC Nice, Yacine ADLI, le milieu de terrain du FCGB, passeur décisif sur le but de Hwang, et Adrian URSEA, l'entraîneur de l'OGC Nice au micro de Christophe Monzie, qui commentait cette rencontre en direct intégral de l'Allianz Riviera à Nice.

Prochain match à suivre en direct sur nos ondes : BORDEAUX / ANGERS Dimanche 24 Janvier 2021 à 13h, en direct intégral du Matmut Atlantique.

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction de Walter Benitez

Réaction de Yacine Adli

Réaction d'Adrian Ursea