Girondins de Bordeaux

Football, Ligue 1 (22e journée) : avant Bordeaux / Marseille : Chancelants devant l'éternel défi...ou pas ?

02 février 2020 à 11h20
Benoît Costil le capitaine et gardien de but des Girondins, a bien l'intention que le règne bordelais dure un an de plus face à l'éternel rival...et que Bordeaux épingle enfin un ténor à son palmarès cette saison
Crédit photo : ARL Christophe Monzie

42 ans et 3 mois que du haut de Notre Dame de la Garde, 42 ans d'invincibilité du FCGB dans son antre contemplent les Olympiens. Chaque année, le défi revient avec la force d'une tradition ancrée dans les mémoires de deux générations de supporters. Un jour pourtant, le record tombera, c'est inévitable, et mathématique. 16e équipe à domicile de Ligue 1, Bordeaux a-t-il les atouts pour tenir le choc cette année encore face à une formation invaincue depuis 13 matches ? Le 13 justement, département des Bouches-du-Rhône, portera-t-il chance aux Phocéens, cette fois ? Faites vos jeux...

On a beau dire et beau faire, un Bordeaux / Marseille continue au fil des ans à ne pas être un match comme les autres. A peine les clameurs du match aller près du Vieux Port se sont-elles apaisées que moins de deux mois plus tard, par la loufoquerie d'un calendrier de L1 où la logique et la cohérence sont devenues tellement anecdotiques qu'un match Retour peut quelquefois se jouer avant l'Aller pour peu que ce dernier ait été reporté pour intempérie (ce qui est déjà arrivé...), les deux formations se retrouvent pour l'Acte 2 près d'un autre port, celui de la Lune.  L'inébranlable invincibilité girondine, vieille désormais de plus de 42 ans (octobre 1977, défaite 1-2 et grave blessure ce soir-là de Daniel Jeandupeux) alimente les veillées dans les chaumières girondines depuis deux générations et s'engouffre tel un Mistral mauvais, sifflant furieusement entre les calanques qui dominent la cité phocéenne, comme pour ressasser aux inconditionnels des lieux cette douloureuse infâmie. Sauf que, comme le rappelait dans Top Girondins de ce jeudi (voir par ailleurs) Pape Diouf, l'ex-président olympien qui fut lui-même confronté à la Chose ("The Thing"), chaque année qui passe rapproche les acteurs de cette incroyable série de sa fin, pure évidence mathématique. Viendra un jour où la balle roulera enfin de la façon dont l'espèrent les Marseillais, peut-être sur des paramètres échappant au rationnel ou en raison de l'alignement des planètes, peut-être sur des erreurs d'arbitrage (à ce sujet, espérons que le référé désigné, M.Buquet, sous la férule de qui les Girondins n'ont plus gagné un match depuis des lustres, se montre davantage à la hauteur de l'évènement que lors des deux dernières fois qu'il les a arbitrés, contre St Etienne la saison dernière puis cette saison), peut-être sur une vulnérabilité passagère de leurs hôtes que même la fierté de défendre le maillot Marine et blanc ne suffira plus à compenser. Entre une équipe qu'il est un peu trop tôt pour qualifier d'irrésistible, mais qui s'est trouvé une "caisse", une solidarité et une opiniâtreté qui lui permettent souvent d'enlever la décision au finish à force de remettre le métier sur l'ouvrage, invaincue depuis 13 matches toutes compétitions confondues, qualifiée en Coupe de France pour les quarts ce mercredi contre Strasbourg à l'énergie (3-1) et une équipe girondine seulement 16e à domicile et déjà battue 4 fois cette saison au Matmut, il semble que les statistiques - et seulement elles, heureusement - soient réunies cette année pour que le risque d'un tremblement de Terre ou d'une crue subite de la Garonne ne soit pas à exclure. Oui, disons-le, malgré son succès salvateur mais ô combien laborieux à Nantes dimanche dernier, grâce à un éclair in extremis de Jimmy Briand, l'Homme qui tombe à pic, face à des Canaris réduits à 10 une mi-temps et privés de 6 titulaires, Bordeaux n'a pas complètement rassuré sur son jeu, encore moins sur sa capacité à se transcender après quasiment deux mois de vaches maigres et à épingler enfin un cador de la L1. Même s'il semble avoir retenu les leçons des scories de jeu qui le plombèrent à Pau et...au match aller au Vélodrome le 8 décembre (3-1) dans une deuxième mi-temps à sens unique, après un premier acte prometteur. Mais contrairement à ce qui a suffi pour dompter Nantes, jouer sobre et sans fioritures - si Bordeaux reconduit cette option - ne suffira pas à contenir un adversaire de ce calibre (quel que soit le dispositif adopté, 4 défenseurs ou 3 centraux), finalement au complet ou presque (hormis Thauvin), puisque Benedetto, annoncé incertain (info ou intox ?) devrait débuter la rencontre. Il est clair qu'il faudra autre chose aux Girondins. Sans son catalyseur Payet suspendu, l'OM, dont l'effectif n'est pas pléthorique, a certes montré ses limites contre Angers la semaine passée (0-0), mais l'international français, dépositaire du jeu olympien et casseur de lignes, sera bien là cette fois, lui aussi, comme Sarr, absent face au SCO. Un OM plus au complet sportivement que financièrement, donc, puisque les comptes de la holding Eric Soccer, récemment connus et publiés, ont révélé un déficit abyssal de 91,5 M€, dont 60 à combler d'ici juin 2020. A côté duquel le trou girondin ressemble à une petite ornière... A Bordeaux, Kamano sera enfin de retour, Briand bon pour le service, mais Kalu, dont la vague blessure au genou paraît plus diplomatique que réelle, avec un malaise grandissant entre le Nigérian et son entraîneur, déçu par ses dernières sorties et qui semble lui faire de moins en moins confiance, ne sera pas dans le groupe retenu pour ce dimanche. Ni sans doute l'espagnol Ruben Pardo, la 2e recrue du mercato arrivée ce vendredi en Gironde, mais à court de condition et pas à même de débuter la rencontre, donc. De la façon dont Bordeaux, qui s'est séparé de Tchouameni cette semaine, gagnera ou pas la bataille du milieu (qu'il perdit dans les grandes largeurs il y a 3 semaines contre l'autre Olympique de la Ligue 1) dépendra grandement l'issue de ce Classico annuel. Or, on ne peut pas dire que c'est dans ce domaine qu'il soit équipé comme un cuirassé, cela saute aux yeux...Le public, que l'on attend nombreux, aura donc un rôle essentiel à jouer, même si comptablement parlant par rapport à la suite de la saison, et quelles que soient les exhortations des supporters qui ne manqueront pas d'aller rencontrer, comme chaque année, les joueurs au Haillan la veille du match, il n'y aura jamais que 3 points en jeu. Et qu'à choisir, perdre contre l'OM ne sera pas la fin du monde si derrière, Bordeaux est capable de réagir et d'aller gagner à Brest et à Metz la semaine prochaine, les deux promus en L1 des deux dernières saisons...A la réflexion, on se demande s'il ne vaudrait pas mieux cela que l'inverse, d'ailleurs, pour donner du sel à une fin de parcours qui n'en a pas eu du tout l'an dernier, le succès sur l'OM (2-0 buts de Kamano sur penalty et De Préville) ayant à lui seul paru dispenser les Girondins de tout effort et d'implication supplémentaires par la suite. Mais on était début avril, à 7 tours de la fin, et sans plus rien à espérer. Cette fois, il est encore trop tôt pour finir en roue libre...d'autant que les résultats de ce samedi 1er février se sont plutôt bien ficelés pour les Girondins, qui en cas de succès ce dimanche, remonteraient à la 7e place. On n'ose à peine le signaler, et surtout, ne le répétez à personne...Ecoutez les réactions de Benoit COSTIL, le gardien de but du FCGB, Paulo SOUSA, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, au micro de Christophe Monzie, Bouna SARR, le défenseur de l'OM excellent contre Strasbourg en Coupe de France, et André VILLAS BOAS, l'entraîneur de l'OM au micro de Karim Attab. Pour entendre aussi ces réactions ainsi que l'analyse de nos confrères journalistes bordelais et marseillais en direct du Matmut, rendez-vous ce vendredi 31 janvier 2020 dans Le Week-end en Sport à partir de 19h, puis dimanche 2 Février 2020 dans le mag d'avant-match de Top Chrono à partir de 19h55. Coup d'envoi : 21 heures, commentaires de Christophe Monzie et Michel Le Blayo.

Match à suivre sur toutes nos fréquences, en direct intégral du Matmut Atlantique de Bordeaux-Lac, sur notre site internet www.arlfm.com et sur la nouvelle appli ARL (gratuite, à télécharger sur votre mobile).

Réaction de Benoit COSTIL

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction de Bouna SARR

Réaction d'André VILLAS BOAS