FOOTBALL (Ligue 1, 23e journée) : BORDEAUX / LILLE (0-3) : Un monde d'écart...


03 février 2021
Il n'y aura donc pas eu photo. Ni bonne surprise à la clé. En toute logique, les Girondins ont baissé pavillon pour la 4e fois à domicile contre le leader du championnat, qui est tranquillement venu aligner en Gironde sa 8e victoire sur ses 10 derniers matches, et la plus nette de sa saison à l'extérieur, depuis sa démonstration à Strasbourg le 4 octobre sur le même score. Si la défaite à Lyon avait apporté son lot de frustration et de regrets, on n'en dira pas autant de celle-ci, qui a opéré comme un révélateur de tout ce qui manque actuellement aux Girondins pour espérer tutoyer le premier quart du tableau. A vrai dire, et malgré quelques velléités en première période dont la plus nette fut celle qui échut à Kalu butant sur Maignan dans un angle fermé côté gauche après un contre favorable de Hwang (29e), - première période que Bordeaux termina sans accuser un retard au score, ce qui était déjà une aubaine -, on n'a jamais vraiment pu espérer autre chose que cette issue inéluctable, tant la différence de niveau et d'expérience parut patente dès les premiers instants de la partie, étouffants pour les Girondins. Même les trois occasions franches dont les Marine et Blanc héritèrent en seconde période ne suffiront pas à estomper cette impression, car à cet instant du match, le mal était fait (0-2) et on ne voyait guère les Dogues se faire remonter de la sorte tant chacun de leur contre ressemblait à une flèche empoisonnée. Finalement, c'est peut-être au match aller le 13 décembre, où il avait atteint la pause citrons en étant mené au score contre le cours du jeu, que Bordeaux aura manqué le coche cette saison dans sa double confrontation avec cette équipe qui, à notre avis, semble mieux armée que Lyon - parce que plus homogène et moins dépendante de ses individualités, rappelons que Yilmaz son meilleur buteur et André son métronome tireur de coups de pied arrêtés manquaient à l'appel - pour contester jusqu'au bout la suprématie annoncée du PSG. 
Une entame étouffante
Le ton fut donné par les Dogues après 45 secondes à peine quand Reinildo emprunta coté gauche un boulevard laissé libre par Kwateng qui avait remplacé Sabaly (lésion derrière la cuisse lors de l'entraînement de lundi et indisponible pour au moins 3 ou 4 semaines) avant d'adresser un centre fuyant au second poteau sur lequel Ikoné, lâché par Benito, décroisa trop sa reprise de la tête, on se demande encore comment. Même si leurs essais manquaient encore de puissance ou de précision, Yazici (10e) de la tête, puis Ikoné dont la frappe fuyait le cadre (11e) concrétisaient la présence lilloise bien assez proche de la surface girondine, résultat d'un haut pressing tout terrain dont les Girondins éprouvaient mille difficultés à se défaire, puisqu'il fallut attendre la 8e minute de jeu pour les voir entrer dans le camp nordiste. Impression renforcée par la sortie de Costil au-devant de Yazici, lancé en profondeur (15e). Un ballon perdu par Kwateng devant sa surface permettait aussitôt à Bamba d'enrouler une frappe sur laquelle Costil s'envolait pour dévier en corner (23e). Petit à petit, Bordeaux desserrait l'étreinte, mais ne retrouvait pas la même verticalité dans le jeu qu'à Lyon ou à Nice, le bloc lillois coulissant comme un seul homme dès la perte du ballon, avec 3 lignes resserrées sur 20 mètres de profondeur, autant dire une forteresse. Ben Arfa se collait pourtant à la tâche, avec une série de dribbles déroutants sur le côté droit qui, dans la continuité, aboutissaient à une action d'Oudin qui servait bien Hwang à l'entrée des 6 mètres devant Celik. mais comme souvent en pareille situation, le Coréen se précipitait et frappait fort au détriment de la lucidité et du sang-froid, et son tir en pivot filait dans les nuages (39e). Si Lille avait la maîtrise du jeu, comme prévu, les Girondins, souvent gênés par l'explosivité des attaquants nordistes, et confrontés à un mur à 3 épaisseurs quand ils se mettaient en phase offensive, résistaient comme ils pouvaient et tentaient de donner le change.
KO en dix minutes
Leur seul salut pour prendre un point et croire à un hold-up en fin de match (du bon côté cette fois) aurait été de continuer à livrer un match à zéro faute. Hélas, la première qu'ils commirent allait leur être fatale. Sur un lointain dégagement, ils n'étaient pas assez tranchants à la tombée et le ballon courait jusque sur le flanc gauche sur Bamba, lâché au marquage par Kwateng, qui contournait Baysse avant de centrer en retrait sur Yazici, entré dans la surface sans opposition, qui fusillait Costil du droit sous la barre (0-1, 54e), avec le soutien d'Ikoné près de lui. L'expérience lilloise venait de faire la différence quand les Girondins, trop "gentils" dans le marquage (8 fautes commises contre...17 par les lillois, une tendance déjà constatée à Lyon), n'auraient sans doute pas dû laisser passer Bamba, peut-être auteur d'une main au départ (réclamée par Baysse), mais pas confirmée par le VAR. Juste le temps pour Galtier d'effectuer un coaching gagnant (entrées de David et Araujo, 61e) et la cabane tombait sur le chien sur un contre remarquablement mené mais infâmant de...80 mètres, quand sur un corner bordelais renvoyé dans l'axe, David tout juste entré en jeu servait Araujo sur un plateau, qui partait seul à toutes jambes fixer Costil avant de servir Weah qui marquait dans le but vide (0-2, 65e). La cause était entendue, même si Bordeaux, emmené par un Yacine Adli qui fut encore parmi les bordelais les plus en vue avec Koscielny et Ben Arfa, tentait alors de sauver l'honneur. Maignan réalisait l'arrêt du match sur une tête à bout portant de Hwang à la réception d'un centre de la gauche d'Oudin avant que Basic, qui avait suivi, ne rate l'immanquable à 5 mètres en tirant au-dessus (70e). Ben Arfa tentait sa chance du gauche, en solo, mais Maignan était encore à la parade, avant d'être sauvé par sa barre sur une belle tête plongeante de Koscielny (86e). Mais il y avait déjà un moment que la rencontre avait choisi son vainqueur, le principal mérite des Girondins ayant été de ne pas capituler comme ils le firent trop souvent par le passé, notamment durant l'automne. Avec une précision chirurgicale, le LOSC donnait aux débats une ampleur trop sévère par rapport à la physionomie du match en s'enfonçant comme dans du beurre dans l'axe central girondin sur un une-deux d'école entre David et Ikoné, après avoir profité du manque de moëlle de Bakwa et de Lacoux. Jonathan David terminait le travail sans opposition du plat du pied droit face à Costil, une fois de plus livré à lui-même (0-3, 89e). Lille signait sa 5e victoire consécutive, beaucoup plus nette que la plupart de ses précédentes, les Girondins eux, concédaient un nouveau revers après avoir lutté avec leurs armes du moment. Le plus lourd dans leur stade depuis le 8 décembre 2017 contre Strasbourg (0-3 également) sous l'ère Gourvennec.

Ecoutez les réactions de Timothy WEAH, l'attaquant du Lille Olympique Sporting Club, Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Christophe GALTIER, l'entraîneur du LOSC, et Loris BENITO, le défenseur latéral du FCGB au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo.

Prochain match en direct sur nos ondes : BREST / BORDEAUX, Dimanche 7 février à 13h en direct du stade Francis Le Blé à Brest, en duplex avec les rencontres LIBOURNE / LEGE CAP FERRET et ARLAC / AIXE-SUR-VIENNE à 13h30 (7e tour de la Coupe de France)

Réaction de Timothy WEAH

Réaction de Jean-Louis GASSET

Réaction de Christophe GALTIER

Réaction de Loris BENITO