Girondins de Bordeaux

FOOTBALL Ligue 1 (23e journée : BREST / BORDEAUX (1-1) : Le bâton pour se faire battre, et deux points de perdus

05 février 2020 à 22h10 Par Dorian Malvesin et Christophe Monzie
Crédit photo : ARL Dorian Malvesin

Une fois de plus les Girondins ont mené au score mais n'ont pas tenu jusqu'au bout, après plusieurs occasions de break. Ils ont même cette fois poussé la générosité à marquer le but de leur adversaire, pourtant en infériorité numérique comme dix jours plus tôt à Nantes. Mais la similitude entre les 2 matches s'arrête là. Autrement moins souverain qu'à la Beaujoire, Bordeaux s'en tire finalement bien, même si, comme à Reims, la victoire aurait dû lui revenir avec plus de réalisme aux avant-postes et de maîtrise dans l'entrejeu, où Otavio a cruellement manqué.

Une fois de plus, les supporters bordelais auront longtemps espéré. Aussi longtemps que le 30 novembre dernier à Reims (1-1), soit environ 70 minutes (le temps durant lequel Bordeaux a mené au score, lors des deux matches), dans une partie qui a ressemblé à bien des égards à cette sortie en terre champenoise, dans le contenu comme dans le scenario, avec cependant plus d'occasions pour les Bordelais qu'à Delaune. Sauf que ce coup-ci, le partage des points est encore moins glorieux, face à un adversaire qui n'occupe pas le même rang que les Rémois et qui a surtout fini à dix, après l'expulsion logique de Castelletto (68e), coupable d'une semelle dangereuse qui aurait pu briser la jambe d'Adli (on n'est pas passé loin du drame).

Mais on le savait avant le match, les Brestois ne capitulent pas facilement dans leur stade hors d'âge qui en rappelle certains d'Outre-Manche, et leur grand mérite aura été d'y croire jusqu'au bout face à une formation bordelaise qui a trop gaspillé devant et s'est aussi montrée bien trop fébrile derrière pour ne pas laisser son adversaire croire en sa bonne étoile. Entre le Bordeaux de ce mercredi, qui a très tôt trouvé l'ouverture par un jump et une tête magnifiques de Hwang au second poteau après un corner joué à la...rémoise et centré finalement par De Préville (0-1, 10e), mais n'a pas su "mener le petit au bout" (comme au dit au tarot) en commettant une gaffe plus grosse que lui sur l'égalisation brestoise, et l'OM sûr de sa force qui, deux heures plus tard à St Etienne, a lui aussi marqué en début de match puis épuisé son adversaire avant de porter l'estocade en fin de rencontre sur son seul tir cadré du 2e acte, réalisant le coup parfait à Geoffroy Guichard, il existe une infinie différence, douloureuse à admettre, qui se résume à tout ce que Bordeaux ne sait ou ne peut pas faire à l'heure qu'il est...et à 15 points au classement.

Faute de disposer d'un milieu de terrain suffisamment expérimenté pour savoir casser le rythme et alterner les temps forts et faibles, et d'un finisseur à même de transformer le plomb en or, comme Bordeaux avait pourtant su le faire, une fois - mais une seule hélas, dans la saison - à Nantes ce 26 janvier en convertissant l'une de ses deux seules occasions du match, et en l'emportant "à la Marseillaise".

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Il est vrai que ce jour-là, le but de Briand était arrivé si tard qu'il ne laissait guère le temps à l'adversaire de réagir, ou à Bordeaux de lui offrir le cadeau pour revenir, question de point de vue... En revanche, lorsqu'elle marque tôt, que ce soit à l'extérieur (Reims, Marseille, Brest) ou à domicile (Brest à l'aller, Lyon), la propension à reculer qu'à cette équipe dès qu'elle mène au score, à commettre des étourderies de marquage et prendre des options de relance parfois aussi pertinentes et lisibles que le nouveau site internet de la LFP font qu'elle ne tient jamais la distance et finit toujours par craquer. A Francis le Blé ce mercredi, on a encore trop souvent revu le Bordeaux qui aime se compliquer la vie, donc se noyer dans un verre d'eau (même si, pour une fois, il ne pleuvait pas dans le Finistère) et vivre dangereusement, devant des Brestois chez qui l'engagement physique n'est pas un vain mot, c'est peu de le dire.

Dans ce genre de matches, il faut d'abord des guerriers, et ensuite seulement des tireurs d'élite, en fin de rencontre quand les belligérants de la première ligne sont fatigués. Or, les Girondins n'ont pas du tout les uns, et pas assez des autres, mais il faut croire que cela est suffisant aux yeux des propriétaires du club, puisque la venue de Taremi, pourtant bradé par Rio Ave, ne s'est finalement pas conclue... Basic, d'une frappe tendue superbement claquée par Larsonneur, puis De Préville, d'abord dans un angle fermé face au portier brestois (65e), puis idéalement lancé sur un contre côté gauche mais qui conclut lamentablement son échappée par un lob dans les nuages (77e) ont raté quelques-unes des occasions de break les plus franches, mais Hwang Ui-Jo, malgré un 4e but en Ligue 1, a lui aussi beaucoup vendangé.

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Même si Grandsir, presque aussi inspiré et libre de ses mouvements que lors du match de Coupe de la Ligue du 18 décembre, fut le premier menaçant (3e), on se demande comment le Coréen s'y prit, dans la foulée de son ouverture du score, pour perdre son duel face à Larsonneur (15e) alors que le match aurait peut-être pu être plié au bout d'un quart d'heure. Cardona, le brestois le plus dangereux, échoua de peu dans sa reprise de volée sur un centre d'Autret qui faisait son retour en équipe fanion après deux mois d'absence (16e) et ne fut pas plus heureux sur sa reprise de la tête (37e). Castelletto enrhumait 4 girondins avant de servir Grandsir, taclé in extremis par Benito auteur d'un retour décisif (29e).

Puis M.Delajod, grand adorateur des penalties (il en a sifflé 5 lors des 7 derniers matches qu'il a dirigés) en sifflait un totalement surréaliste pour une prétendue faute de Pablo sur Cardona qui s'affalait dans la surface, même pas touché par le bordelais. Du grand guignol, que le VAR confirma, mais en vain...Justice immanente, Costil partait du bon côté et repoussait le tir de Battocchio (44e). Dans un match plaisant et rythmé mais truffé de "courants d'air", avec un marquage assez élastique de part et d'autre, on se disait que l'on verrait d'autres buts, malgré la qualité des deux gardiens en présence. De Préville fut le premier à dégainer après les citrons (49e) avant que Hwang, sur le corner qui s'ensuivit, ne trouve...le bas du poteau (50e). La suite, comme on l'a vu précédemment, fut davantage en faveur des Brestois, même si Bordeaux eut largement la place de réaliser le break. Jusqu'à cette gaffe qui, on le craint, fera le tour de la toile et vient s'ajouter à la liste déjà trop longue de celles commises à Lille, Marseille ou plus récemment à Pau en Coupe de France. En l'occurrence, une ouverture d'Autret (bien trop libre de ses mouvements toute la rencontre) sur Duverne, seul sur le flanc droit de la surface, dont la remise de la tête était déviée dans son but par Benito, pourtant pressé par aucun adversaire (1-1, 80e). Court, stoppé licitement par Benito en dehors de la surface, n'obtint - logiquement - pas le nouveau penalty qu'il espérait après consultation du VAR (86e), et ce fut pur miracle si, tout au bout du temps additionnel, Duverne, absolument seul sur le flanc droit après avoir suivi une première frappe repoussée par Costil, rata l'immanquable en expédiant son missile sur le poteau, à bout portant ou presque (90e + 4).

Bordeaux enchaîne par un 3e match sans défaite, certes, mais perd 4 places au classement dans une journée marquée par une constellation de nuls où il avait une belle carte à jouer. Et plus que le point pris au terme d'une sortie un peu plus consistante que celle de la Coupe de la Ligue où il n'avait pas existé, et qui offrit à la nouvelle recrue espagnole Ruben Pardo ses premières minutes sous le maillot Marine et Blanc, c'est une impression de gâchis et une grosse frustration qui prédominent, celle d'avoir offert le nul à dix Bretons et d'être tombé dans le panneau sur des coups pourtant prévisibles et tous joués en première intention. A Metz ce samedi, qui a fait match nul à Montpellier (1-1), ce sera une tout autre paire de manches (en direct sur nos ondes). Sousa a promis de prendre des décisions (il est temps) à l'égard de certains qui sont encore passés au travers ce mercredi (peut-être pour la fois de trop), mais que son indulgence a conduit à laisser pourtant longtemps sur le terrain.

La musique pourrait changer dans les prochains jours et à entendre Costil pester après tant de naïveté si regrettable à ce niveau, on veut croire que le temps ne soit plus à la Dolce Vita, mais que l'on s'oriente enfin vers un onze type où les places risquent d'être plus chères que par le passé. Au final sur les trois matches, Coupe de la Ligue incluse, les Girondins n'auront donc pas battu une seule fois cette saison le promu breton, ce qui est difficilement admissible lorsque l'on caresse des rêves d'Europe.

Au micro de Dorian Malvesin qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade Francis le Blé à Brest, écoutez les réactions d'Olivier DALL'OGLIO, l'entraîneur du Stade Brestois 29, Paulo SOUSA, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Mathias AUTRET, le capitaine et milieu de terrain de Brest, Rémi OUDIN, l'attaquant des Girondins de Bordeaux, et Jean Charles CASTELLETTO, le défenseur de Brest, qui a été expulsé. Et rendez-vous ce jeudi 6 Février dans Top Girondins à partir de 19h, présenté par Jérémy, Snakill et Neil, avec de nombreux invités.

Réaction d'Olivier DALL'OGLIO

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction de Mathias AUTRET

Réaction de Rémi OUDIN

Réaction de Jean Charles CASTELLETTO

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