Football, Ligue 1 (5e journée) : Bordeaux / Nice (0-0) : Une insoutenable sensation d'impuissance...


27 septembre 2020

L'Aiglon Noir a donc toujours de beaux jours devant lui...ce n'est pas encore cette année que Bordeaux battra Nice au Matmut Atlantique de Bordeaux-Lac, qu'il sonne creux ou pas. Si les Girondins, au prix d'un état d'esprit retrouvé et d'une belle solidarité, ont tenu tête aux Azuréens et retrouvé leur stabilité défensive, bien aidée par les circonstances, rien de neuf en revanche à l'horizon pour ce qui est du secteur offensif, malgré un remaniement des cartes et des expériences tentées par Jean-Louis Gasset avec une ligne d'attaque une nouvelle fois modifiée, qui cherche toujours la bonne formule, si tant est qu'elle existe.... Ah si, tout de même, une plus grande précision dans les tirs, bien que cela soit très relatif (5 tirs cadrés sur 18, un ratio moins mauvais qu'à Lens et face à Lyon ou Nantes). Mais le plus souvent, les Marine et Blanc n'ont pas dépassé le stade des escarmouches, exception faite de cette frappe sèche de De Préville à l'entrée de la surface et à ras de terre, repoussée par Benitez d'un réflexe exceptionnel sur sa ligne, avant que Kalu ne soit signalé hors-jeu sur la reprise de la tête qui suivit, avec en prime un saignement de nez dans un choc avec Pelmard (10e). En étant indulgent, on peut y ajouter cette autre frappe à ras de terre du gauche de Basic, bien servi par Sabaly, et qui jouait peut-être son dernier match sous le maillot bordelais avant de partir pour l'Italie, bloquée par le gardien argentin en deux temps (26e) et on aura fait le tour des occasions bordelaises dignes de ce nom, le loupé de Briand en fin de match, sur le centre au cordeau de Hwang, s'étant transformé en une passe pour le gardien visiteur (86e). Si l'on a bien aimé les 8 minutes passées sur le terrain sans le moindre complexe par le jeune Dilane Bakwa, qui pour son baptême du feu en Ligue 1 se signala aussitôt par une frappe timide mais cadrée sur Bénitez, puis par un très bon retour défensif sur Gouiri, l'un des meilleurs niçois, l'impression d'ensemble laisse une insoutenable sensation d'impuissance, que seul un renforcement judicieux de l'équipe sur les derniers jours du mercato - si cela est possible - pourrait enfin chasser. Même s'ils n'y ont pas perdu, le bilan au Matmut des Girondins est famélique, pas seulement depuis le début de la saison (0 but inscrit en 3 matches), mais depuis la "fin" de la saison dernière (aucune victoire à domicile sur les 7 derniers matches, dont 2 défaites, pire série depuis l'automne 2011, année qui coïncide aussi avec le dernier succès bordelais sur Nice 2-0, mais acquis la saison précédente). Le constat est trop net, le problème trop profond, les signes trop évidents et récurrents pour qu'on puisse espérer faire du neuf avec du vieux et imaginer que même un druide comme Gasset trouve la potion idéale pour que d'un seul coup d'un seul, la sauce prenne enfin avec l'effectif actuel, qui a depuis longtemps prouvé ses qualités, mais aussi ses limites. Bref, si le 1-1 de l'an passé au Matmut avait toutes les allures d'un hold-up en bonne et due forme pour des Aiglons dominés de la tête et des épaules par des Bordelais malheureux au possible ce jour-là (d'autant que Pablo s'était précisément blessé au genou lors de cette rencontre), on n'en dira pas autant de ce nouveau nul, qui est sans doute ce que les Girondins pouvaient obtenir de mieux. Si la chance avait souri à Pierre Lees-Melou, ou si le langonnais d'origine, au lieu d'ajuster une frappe tendue du cou de pied, avait tenté de la placer malgré l'angle fermé, seul au second poteau, après une mauvaise relance de Pablo immédiatement exploitée par Dolberg et Schneiderlin, sans doute que la balle ne se serait pas fracassée sur le montant gauche de Costil (30e). C'est ensuite la barre qui sauvait le portier bordelais en seconde période sur une percée de Lees-Melou à l'entrée de la surface dont la frappe était repoussée par Pablo dans l'axe. Pas attaqué, Ronny Lopes armait sa fusée du gauche de 20 mètres qui finissait sur l'arête du but girondin (65e). Le portier bordelais se montrait ensuite décisif dans son duel face à Dolberg, bien lancé sur le flanc gauche de la surface par Gouiri (71e), et remerciait de nouveau son cadre inébranlable et décidément supérieur, qui venait une 3e fois à la rescousse en toute fin de match sur une frappe soudaine de Gouiri, encore trop libre de ses mouvements et bien décalé par Pelmard (90e). Avec 6 points sur 15 possibles et déjà 3 réceptions, mais seulement 2 buts encaissés dont un penalty sévère, Bordeaux continue donc d'avancer à un train de sénateur qui n'avait pourtant rien à voir avec les élections du même nom qui se tenaient en ce dimanche. Une lecture rapide de son programme en début de championnat laissait pourtant supposer qu'à l'exception de Lyon, le menu qui l'attendait n'avait rien d'insurmontable jusqu'à la fin septembre et laissait espérer un tout autre pécule. Après la réception le 4 octobre, toujours à huis clos, du Dijon FCO (qui a glané son premier point un peu plus tard dans l'après-midi contre Montpellier 2-2), qui marquera la fin des hors d'oeuvres supposés, les Girondins aborderont des plats de résistance (Marseille, Montpellier, Monaco, Rennes, Paris) qui promettent d'être autrement plus lourds à digérer...Gare aux aigreurs d'estomac si d'ici là, personne n'a trouvé le remède.

Ecoutez les réactions de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Yacine ADLI (en photo), le milieu de terrain du FCGB, Patrick VIEIRA, le coach de l'OGCN et Jordan LOTOMBA, le défenseur latéral droit de l'OGC Nice, au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du Matmut Atlantique aux côtés de Michel Le Blayo.

Prochain match en direct sur nos ondes, Bordeaux / Dijon le dimanche 4 octobre à 15 heures.

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction de Jordan Lotomba

Réaction de Yacine Adli

Réaction de Patrick Vieira