Sports

Football, Ligue 1 (7e journée) : Marseille / Bordeaux (3-1) : Malgré le couvre-feu, l'OM flambe et Bordeaux crâme

18 octobre 2020 à 00h55 Par Dominique Darriet & Christophe Monzie
Crédit photo : Christophe Monzie ARL

C'est sans doute la force de l'habitude... Avec ou sans public, rien de nouveau sous le soleil provençal pour des Girondins bien trop laxistes et battus une nouvelle fois en toute logique, sur le même score que la saison dernière. Premier succès à domicile de l'OM qui n'a pas eu à forcer son talent, deuxième revers des Girondins qui débutent mal la période des grandes manoeuvres.

Il faut croire que le couvre-feu aura connu quelques "dérogations" aux abords du Vélodrome, plus particulièrement sur sa pelouse. Car le feu que les Girondins espéraient étouffer a bel et bien pris, et l'OM, pourtant loin d'être irrésistible et seulement porté par deux ou trois individualités (Thauvin, Amavi, Sakaï ou Caleta-Car, quand d'autres garçons ont été en-dessous de leur rendement habituel, comme Sanson, Rongier, et surtout Benedetto, inexistant) n'a pas raté l'occasion d'engranger sa première victoire de la saison à domicile face à l'un de ses souffre-douleurs les plus dociles sur la Canebière. Et de se rassurer à quelques jours d'un déplacement européen qui promet d'être bouillant au stade Karaiskakis du Pirée, antre de l'Olympiakos (facile vainqueur d'Atromitos 4-0 en championnat ce week-end) où l'attendra une opposition d'un tout autre calibre qu'en ce samedi soir. Une victoire en forme de cadeau d'anniversaire pour le coach marseillais André Villas-Boas (43 ans). Quant aux Girondins, pour la 4e année consécutive, ils rentrent bredouilles, malgré un match courageux et consistant pendant une mi-temps - la première - avant l'extinction des feux en seconde, qui aura affiché leurs limites du moment au grand jour, celles qui séparent le Bordeaux actuel de celui qui avait gagné ici même - et de quelle manière - en 2008, pour le dernier succès en date dans les Bouches-du-Rhône. Si le tarif est le même que lors de la précédente confrontation le 8 décembre 2019, le scenario, lui, n'a pas permis cette fois aux Marine et Blanc de croire longtemps en leur étoile. L'absence de Koscielny (indisponible peut-être pour un bout de temps, compte tenu de la nature de sa blessure) s'est fait sentir, même si Baysse, associé pour la première fois à Pablo en charnière centrale, fut l'un des bordelais les plus combatifs avec Sabaly et à un degré moindre Basic, le seul à surnager dans un entrejeu où Bordeaux perdit pied peu à peu au point de ne plus tenir un ballon en seconde période.Tous les autres ont évolué en-dessous de ce que l'on peut attendre d'eux...à moins que la (fausse) ambiance diffusée dans les haut-parleurs du Vélodrome ne leur ait coupé les jambes comme s'il s'était agi de la vraie. Pourtant la seule présence des supporters phocéens était matérialisée par cette banderolle déployée à la mémoire de Van Halen, décédé le 6 octobre, au son duquel Olympiens et Bordelais pénétrèrent sur la pelouse, comme le veut la tradition depuis plus de 34 ans.

Gestes-barrière et distanciation respectés...hélas

5 minutes ne s'étaient pas écoulées qu'ils devaient déjà courir après le score, par la faute d'un attentisme impardonnable à ce niveau. Cela peut passer - et encore...- contre Dijon ou Lorient, pas contre une équipe comme l'OM qui, malgré la suspension de Payet, disposait d'autres atouts offensifs redoutables. A commencer par sa nouvelle recrue Michael Cuisance, aligné sur le côté gauche à la place de Payet et que l'on vit beaucoup plus en seconde période qu'en première, pour compenser l'inquiétante transparence de Benedetto, sorti blessé en fin de match comme Caleta-Car. Immobilisme coupable donc, pour des bordelais pas en place ni attentifs sur le coup-franc vite joué sur le côté droit qui suivit la faute et le carton infligé à Adli pour une semelle sur Sakaï (4e). Le japonais se relevait vite et se retrouvait au bon endroit pour servir Thauvin à l'intérieur. L'international français avait tout le temps de se mettre sur son pied gauche face à des défenseurs bordelais simples spectateurs (à l'image de Pablo et Benito, immobiles avant qu'Otavio ne se décide à y aller mais trop tard) et de déposer d'une frappe enroulée le ballon dans le petit filet droit de Costil, un peu avancé et lobé (1-0, 5e), pour son 3e but de la saison. Le scenario idéal pour l'OM qui avait auparavant souffert mille maux et dû cravacher de longues minutes pour sauver deux nuls laborieux à domicile contre Metz et Lille. Puis M.Schneider y allait de son grain de zèle en accordant un penalty à peu près aussi évident que celui sifflé à Lens, qui surprit même nos confrères marseillais, pour un débordement d'Amavi, déjà intenable sur son flanc gauche et meilleur marseillais du match, que Sabaly parut pourtant stopper régulièrement et en dehors de la surface. Mais cette fois, il y eut une justice et Benoît Costil, parti du bon côté sur la frappe un peu téléphonée de Thauvin, maintint le suspense et les siens en vie (12e). Un exploit qu'on eût aimé voir constituer l'un des tournants du match, mais qui n'allait se révéler qu'anecdotique, malheureusement. Bordeaux tentait de ressortir les ballons malgré le pressing haut des Olympiens, et Ben Arfa, finalement titulaire, égalisait même sur une belle passe en profondeur d'Oudin dans l'axe (17e). Mais la recrue bordelaise était signalée hors-jeu de quelques centimètres, la sagacité et le double décimètre de M.Schneider opérant sur ce coup visiblement mieux que 6 minutes auparavant...Dans un bon passage, les Girondins insistaient et Basic, servi par Adli, mettait un terme à une action où le ballon traînait devant la surface marseillaise par une frappe instantanée du gauche, hélas sur les poings de Mandanda (24e). Thauvin, principal danger offensif marseillais, sollicitait encore Costil qui déviait en corner (30e) mais dans l'ensemble, Bordeaux avait su répondre présent à la pause et desserrer l'étreinte (52-48% pour l'OM en possession de balle), même si les locaux avaient accumulé les corners, mais pas plus cadré leurs tentatives que les Girondins. Hélas, le seconde acte ne débutait pas sous les mêmes auspices. La première banderille marseillaise sérieuse allait à Dame : une faute inutile de Basic sur Amavi côté gauche valait à l'OM un coup-franc botté par Thauvin au premier poteau sur ce même Amavi, encore une fois lâché au marquage, dont la tête lobée surprenait Costil, qui avait anticipé du mauvais côté (2-0, 54e). D'autant moins pardonnable que cette fois-ci il s'agissait d'une phase arrêtée laissant (théoriquement) le temps d'une certaine vigilance. Le moins qu'on puisse écrire est que sur les deux buts olympiens, les Girondins venaient d'appliquer à la lettre les gestes-barrière et surtout la distanciation, avec un marquage à 3 mètres qui les mettait à l'abri de tout risque de contamination...

Maja adoucit la pilule

Dès lors, il est bien évident que la cause était entendue et que les Girondins feraient une nouvelle fois chou blanc sur la Canebière. D'autant qu'ils continuaient à appliquer les mêmes précautions sanitaires quand Cuisance décalait Amavi sur le côté gauche de la surface, absolument seul tout autant que son compère Sanson à côté de lui, sans un bordelais à 5 mètres à la ronde. La frappe à ras de terre du marseillais, au départ non cadrée, était déviée par Pablo dans son but (3-0, 64e). "Cramés" dans le jeu, mais de surcroît "pestous" comme on dit quelquefois en Gironde, les Marine et Blanc n'avaient plus qu'à tenter de limiter les dégâts. Gasset faisait alors entrer tout son monde quasiment d'un coup (Briand, Hwang, Zerkane, Maja), à l'exception de Poundjé, entré en jeu un peu plus tôt à la place de Benito, blessé à la cheville. Mais Mandanda n'avait à s'employer qu'une seule fois quand Basic, d'un coup-franc excentré et bien enroulé du gauche, le faisait briller (77e). Le portier marseillais, seul rescapé olympien de la dernière victoire de Bordeaux au Vélodrome le 4 mai 2008 (2-1) ne pouvait en revanche rien sur la frappe sèche du gauche de Maja, idéalement mis sur orbite par un bon ballon de Briand qui avait résisté à deux défenseurs sur un contre mené dans l'axe (3-1, 83e), l'anglo-nigérian signant son second but de la saison et transformant la gifle qui se dessinait en une défaite à peine un peu plus présentable. Une maigre consolation quand même, qui a au moins le mérite de montrer aux Girondins - s'il en était besoin - la difficulté de la tâche qui les attend lors du mois à venir. On ne voudrait pas avoir l'air alarmiste, mais quelque chose nous dit qu'ils seraient bien inspirés de prendre les points contre Nîmes dans une semaine au Matmut Atlantique. Parce qu'ensuite...

Ecoutez les réactions de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, et André VILLAS-BOAS, l'entraîneur de l'Olympique de Marseille (en photos additionnelles) au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral de l'Orange Vélodrome de Marseille. Pas d'autre réaction bordelaise puisqu'aucun joueur girondin n'est venu en conférence de presse après la rencontre.

Réaction de Jean-Louis Gasset

Réaction d'André Villas-Boas

Photos