Girondins de Bordeaux

FOOTBALL, LIGUE (24e journée) : METZ / BORDEAUX (1-2) : Ils y auront cru jusqu'au bout...

08 février 2020 à 23h00
Paulo Sousa en conférence de presse après la rencontre, satisfait de la réaction de ses joueurs en Lorraine, qui ont su forcer l'adversité
Crédit photo : ARL Christophe Monzie

En supériorité numérique quasiment tout le match après l'expulsion logique de Pajot (8e minute), mais pas vraiment dans leur assiette en première période où ils ont été cueillis à froid puis ont frôlé le KO devant des Messins au coeur énorme, les Girondins, outrageusement dominateurs après les citrons mais malchanceux, ont arraché la décision au finish, exactement comme à Nantes. Un 5e succès à l'extérieur scellé grâce au premier but bordelais de Rémi Oudin, devant sa famille en tribune, qui permet à Bordeaux d'espérer encore une fin de saison intéressante.

Ils n'auront pas servi la Grand'Messe comme en 2018, certes, juste deux Ave et trois Pater, mais au moins auront-ils évité l'Extrême Onction à leur rêve d'Europe. Les Girondins ont souffert mille maux pour venir à bout d'une formation lorraine qui s'est battue comme un mort de faim, mais ce succès fort logique, arraché à 6 minutes du terme d'un second acte qu'ils dominèrent de la tête et des épaules laisse pour l'instant intactes leurs chances d'accrocher un strapontin européen, ou pour le moins, il continue de donner au reste de leur saison un certain intérêt. Avec 5 points pris sur 9 possibles sur ces 3 rencontres en six jours, ils ont su rectifier le tir, après deux sorties où la victoire qui aurait dû leur sourire les a finalement fuis, pas forcément à juste titre contre l'OM où il avaient fait le nécessaire, mais davantage par leurs propres fautes ou manquements à Brest 72 heures plus tard. Malgré l'adversité et la chance qui leur tourna résolument le dos à tel point qu'on put croire longtemps à un exploit des Grenat, le grand mérite des Marine et Blanc aura été de continuer à croire en leur étoile jusqu'au bout, et même jusqu'au bout du bout d'interminables arrêts de jeu (5 minutes et 50 secondes) généreusement décomptés par M.Letexier, mais marqués il est vrai par des péripéties et des gestes regrettables commis par quelques excités derrière le but de Benoît Costil, touché par un de leurs distingués crachats... Une persévérance et un souci de se faire enfin violence que l'on doit saluer et que Paulo Sousa attendait, car on avait vainement cherché ces qualités dans un passé encore récent. Et qui auront donc payé in fine par cet appel de balle de Rémi Oudin en pleine surface, se défaisant du marquage de Bronn et de Boye pour réceptionner l'ouverture d'Otavio, et en pivot dos au but, fusiller l'invincible Oukidja d'une fusée du gauche au premier poteau (1-2, 84e). Pas évident à réaliser, donc, et d'autant plus méritoire que Bordeaux avait précédemment raté bien plus facile que cela dans ce match...Metz, à la limite de la rupture sur le plan physique depuis de longues minutes, mais qui s'offrait depuis plus d'une heure une version revisitée de la bataille de Verdun (ville il est vrai toute proche), porté par un public nombreux (15 054 spectateurs malgré la fermeture de la tribune Ouest en reconstruction), baissait pavillon sur sa pelouse, après 3 succès consécutifs depuis décembre et 6 matches sans défaite. Et pouvait peut-être s'en vouloir de n'avoir pas su saisir sa chance en tuant le match sur l'un de ses rares contres, quant Fabien Centonze, bien plus en excès de vitesse et flashable en mode 222 que 111, avait usé de ses jambes de feu pour partir de la médiane en solo et déposer 3 bordelais scotchés à la pelouse avant de se heurter à un Benoît Costil resté sur ses appuis pour éviter le pire (33e), au terme d'une action ahurissante qui en disait long à ce moment de la partie sur la fébrilité girondine d'une formation manifestement ébranlée par son début de match calamiteux. Comment le qualifier autrement en effet, alors qu'il n'avait pas fallu plus de 70 secondes aux Lorrains pour trouver l'ouverture et signer le but le plus rapide de la soirée de Ligue 1 (l'un des plus rapides du championnat, sans doute aussi...) ? Sur le coup d'envoi, Niane - on se demande encore comment - avait réussi à déposer deux bordelais le long de la touche sur le côté gauche avant que Pablo ne soit obligé de concéder le corner devant Diallo qui, expédié aux 20 mètres par Pajot, avait trouvé le même Niane, totalement oublié au marquage, pour une volée du droit somptueuse de 20 mètres traversant une forêt de joueurs et laissant Costil pétrifié (1-0, 2e). Un gros coup de froid d'entrée de jeu dont Bordeaux allait avoir du mal à se remettre. Heureusement, les Messins aidaient un peu leurs hôtes avec ce tacle appuyé sans pour autant sembler des plus méchants de Pajot sur Kwateng, identique à celui du brestois Castelletto sur le tibia d'Adli 3 jours plus tôt à Brest, et donc puni de la même sanction, en toute logique, par M.Letexier (8e). L'ire du public lorrain, comme celle du banc et des joueurs locaux, n'y changeaient rien, d'autant que Kwateng, pris en grippe par l'assistance, était finalement obligé de quitter le terrain après 21 minutes de jeu, le genou et le bas de la jambe en sang, remplacé par Oudin...Entretemps, Bordeaux, pas trop dans son assiette, avaiit déjà eu le temps de manquer l'immanquable quand le très incisif Nicolas De Préville, au four et au moulin sur ce match, avait poussé Udol à la faute sur un bon pressing avant de récupérer le ballon, de le transmettre à Adli dont le centre instantané de la droite voyait Briand, seul à 5 mètres du but déserté par Oukidja, frapper au-dessus (19e). Puis c'est Hwang, dans des conditions similaires, au second poteau, à la réception d'un bon centre de la droite d'Oudin, qui manquait à son tour l'éléphant dans le corridor (25e). Le remake du match de Brest allait-il avoir lieu ? D'autant que derrière, malgré le retour à la charnière classique Pablo-Koscielny, Bordeaux ne respirait toujours pas la sérénité et laissait aux Messins, pourtant à dix, l'opportunité de se montrer menaçants à chacun de leurs contres, avec un marquage à 3 mètres qui suffisait à leur bonheur : après le numéro de soliste de Centonze mentionné plus haut, N'Guette amusait ainsi Pablo et Benito à l'entrée de la surface avant de frapper heureusement au-dessus (36e). C'est encore sur un bon pressing et un ballon récupéré dans les pieds d'Udol que De Préville filait au but avant d'être accroché aux 20 mètres par Maïga, averti sur l'action. Sur le coup-franc tendu à ras de terre qui s'ensuivait expédié par l'ex-Rémois, Oukidja sortait le grand jeu et détournait en corner (38e). Puis tout St Symphorien se fâchait tout rouge plutôt que grenat quand Hwang Ui Jo, en glissant sur une pelouse humide qui joua aussi des tours à l'arbitre M.Letexier, deux fois sur son séant en seconde période, accrochait par maladresse Centonze.  La faute, moins grosse que celle de Pajot, était - logiquement là aussi - sanctionnée d'un jaune par le référé (41e). Mais à la pause, malgré une possession de balle hégémonique (75%), les Girondins, trop rarement dangereux, n'en menaient pas large. Fort heureusement, le salut allait arriver assez vite à la reprise, avec un brin de chance. Otavio d'abord, très précieux dans l'entrejeu et double passeur décisif en cette soirée, déclenchait une frappe au ras de la barre (48e), puis Oukidja, sur un centre fuyant d'Oudin que Briand manqua de prolonger d'un...cheveu, devait s'employer et dévier en corner (49e). Si les deux corners qui suivirent furent très mal tirés par De Préville, Bordeaux ne désarmait pas et sur un ballon d'Otavio dans la surface cafouillé par Boye et mal renvoyé de la tête, Basic contrôlait du droit et frappait de volée du gauche. Le ballon, légèrement dévié au départ par un messin, fuyait sur la droite d'Oukidja au ras du montant, à mi-hauteur (1-1, 51e). On croyait alors que le plus dur était fait et que les mouches allaient changer d'âne. Que nenni. La scoumoune s'en mêlait, malgré l'entrée en jeu de Sabaly et le retour à une défense à 4, Oudin qui avait fait le piston jusque là partant occuper les avant-postes à la place de Hwang, sorti (54e). Le latéral bordelais, plein de jus, ne tardait pas à multiplier les montées pour apporter le surnombre. Sur l'un de ses centres au cordeau, Briand, presque dos au but, décroisait joliment sa frappe qui venait mourir sur le bas du poteau opposé (70e). Pour la 3e fois sur ses 3 derniers matches, Bordeaux touchait du bois après Basic contre l'OM puis Hwang à Brest...Malchance encore quand Boye détournait un coup-franc surpuissant de Basic de 30 mètres juste au-dessus de la barre d'Oukidja, archi-battu et au sol (75e), la partie de billard continuant de profiter aux Messins après qu'un corner de Basic, dévié de la tête par Oudin, eut atterri sur Bronn, tout heureux de l'aubaine au second poteau (73e).

Tiens, voilà du Oudin...

Bordeaux allait-il échouer en supériorité numérique pendant 81 minutes et concéder un nouveau nul frustrant ? Non, car comme on l'a vu, Oudin surgissait au moment idéal pour offrir au FCGB sa 3e victoire consécutive en Lorraine en autant de déplacements, le FC Metz n'ayant plus battu son hôte du jour depuis le 15 mai 2004 (3-1). Une pelouse qui, de toute évidence, réussit beaucoup mieux aux Girondins que celles de Brest ou de Reims...Malgré un avertissement grotesque infligé à leur banc de touche dans le temps additionnel, les Girondins empochaient un succès mérité qui les hisse, cette fois-ci, sur la 6e marche de la Ligue 1 en attendant les rencontres de ce dimanche. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade St Symphorien à Metz, écoutez les réactions de Vincent HOGNON, l'entraineur du FC Metz qui est très remonté contre l'arbitrage, Rémi OUDIN, auteur du but de la victoire, Habib Digbo MAÏGA, milieu de terrain du FC Metz, Paulo SOUSA, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, Alexandre OUKIDJA, gardien de but du FC Metz, Matthieu UDOL, défenseur latéral gauche du FC Metz, Benoît COSTIL, gardien de but et capitaine du FCGB.

Réaction de Vincent HOGNON

Réaction de Rémi OUDIN

Habib Digbo MAIGA

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction d'Alexandre OUKIDJA

Réaction de Matthieu UDOL

Réaction de Benoit COSTIL

Photos