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« Là où la fête était encadrée, elle deviendra sauvage » - le coup de gueule et l'inquiétude des patrons de discothèques

22 juin 2020 à 16h29 Par Jérôme Martin-Castéra
Crédit photo : Pixabay

Fermés depuis la mi-mars, les établissements de nuit resteront clos au moins jusqu'à la rentrée. De quoi créer de l’inquiétude et de l'incompréhension.

C'est un secteur qui pèse plus de 43 000 salariés (sans compter les sociétés extérieures travaillant à ses côtés) et il est pourtant encore à l'arrêt. L'un des seuls après ce déconfinement. Les boîtes de nuit resteront fermées au moins jusqu'en septembre a annoncé la semaine dernière le Gouvernement. Laurent Danthez, représentant régional du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs (SNDLL), ne mâche pas ses mots : « on a le sentiment de ne pas être reconnus à notre juste valeur ».

Les oubliés


Restaurants, bars, cinémas et magasins sont eux ouverts... les stades accueilleront de nouveau du public et même la fête de la musique a pu se dérouler par endroit de façon plus ou moins autorisée. Des rassemblements spontanés et interdits ont eu lieu à Paris ou même à Bordeaux pour célébrer l'arrivée de l'été. Les distanciations sociales et masques n'étaient pas conviés.

Les seuls à ne pas réouvrir

Ces attroupements sauvages, Laurent Danthez pense qu'il vont se multiplier durant ces mois d'été. « Des fêtes sauvages et anarchiques on en voit déjà, commente celui qui est également le co-gérant du Théâtro à Bordeaux et de la Dune à Pyla-sur-Mer. Là où la fête était encadrée, elle deviendra sauvage ». Débordements, tapages nocturnes, présence de mineurs à des soirées sauvages en forêt, en pleine rue, sur la plage ou dans des maisons louées sont à craindre. L'utilisation de stupéfiants, l'abus d'alcool ou les agressions, contrôlés jusque là dans un club fermé, ne le seront plus.

Des fêtes sauvages et dangeureuses cet été ?

Malgré des propositions de protocoles sanitaires précises et efficaces sur le papier (prise de température à l'entrée, utilisation de l'application Stop Covid, aérations...) la situation n'évoluera pas d'ici la rentrée. « On n'a pas été entendu » regrette fermement Laurent Danthez. Financièrement, « la situation va commencer à devenir critique » explique t-il. Si la plupart des établissements de nuit tiennent le coup, cela risque de se compliquer avec cette non réouverture et avec toutes les charges repoussées à payer à la rentrée. « Beaucoup de clubs vont avoir énormément de mal à sauver leur trésorerie. Certains pensent à jeter l'éponge » constate le représentant régional du SNDLL, l'un des principaux syndicats du secteur dont le siège se situe à Gujan-Mestras.

Une situation économique fragile

Christophe Blanchet, député LREM du Calvados, a écrit un communiqué de presse dénonçant « l'absurdité administrative dans la décision de maintenir les discothèques fermées »

« L’État condamne les acteurs de la nuit comme s'ils étaient coupables. Ceux-ci ont pourtant besoin, comme tous les entrepreneurs de respect, de soutien et de visibilité »

Alexandre Freschi, député lot-et-garonnais, fait partie des signataires. Eric Poulliat, député girondin, avait auparavant signé une lettre écrite par ce même élu normand à destination du Premier ministre demandant la réouverture des boîtes de nuit.