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Municipales : « Ce n'est pas sage de la part du Gouvernement », « ni pour, ni contre »... à Belin-Béliet les candidats sont divisés sur la date du 28 juin

23 mai 2020 à 14h25 Par Jérôme Martin-Castéra
Crédit photo : JMC, RL

Le second tour des municipales aura normalement lieu le 28 juin prochain. De quoi diviser.

Édouard Philippe, Premier ministre, et Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur ont annoncé vendredi midi la tenue du second tour des municipales le 28 juin prochain. Une décision « réversible » en fonction de l'évolution de la situation sanitaire. En cas d'annulation, l'ensemble des deux tours se déroulera en janvier 2021.


Des avis mitigés


Le choix de la date du 28 juin divise. Exemple à Belin-Béliet qui fait partie des 5% de villes en France (et des 57 de Gironde) à devoir organiser un round deux. Dans cette ville girondine de quasiment 5530 habitant.e.s, 1633 n'ont pas voté lors du premier tour, soit une abstention de 41,56 %. Ce qui, en soi, n'est pas ridicule compte tenu de la moyenne nationale qui était de 55%, un record. Trois candidats s'affrontaient lors du premier tour pour succéder à  Marie-Christine Lemonnier. Ils seront également trois au second tour après un premier vote très serré. Cyrille Declercq (Agir Durablement pour Belin-Beliet) est arrivé en tête avec 38,16 % des voix devant Jérôme Gellibert (Belin-Béliet 2020, des traditions et un avenir en commun – 31,26%) et la liste Dynamisons Belin Béliet Naturellement de Rédouane Louaazizi (30,56%). 1,52% de la population a voté blanc ou nul au premier tour. Ainsi, dans cette commune du Val de l'Eyre tout est jouable dans cette triangulaire.

Cyrille Declercq lui était « ni pour le 28 juin, ni pour une date au-delà ». Encarté PS et candidat malheureux en 2014 (battu de seulement 16 voix), il était prêt à s'adapter. « Si les élus disent qu'on peut y aller, sous réserve des conditions sanitaires, cette date me va » dit l'élu d'opposition.

Cyrille Declercq : cette date me va 

Son adversaire Rédouane Louaazizi a lui un avis beaucoup plus tranché : « Je suis contre ! Il a des doutes et des doutes c'est une campagne pas assez saine ». Pour lui, cette date de fin juin est encore trop tôt tandis que le virus circule toujours. Une campagne engendre de certaines finances. Quid de celles-ci si ce second tour était amené à être annulé ? « Ce n'est pas sage de la part du Gouvernement. Comme à son habitude, il force les choses » souffle le candidat arrivé en troisième position le 15 mars dernier. Un second tour ces prochaines semaines pourrait être « l'occasion de relancer l'économie, analyse Cyrille Declercq, 70% des investissements en France sont issus d'investissements locaux ».

Rédouane Louaazizi : je suis contre

 

Quelle campagne ?

Durant ce confinement la campagne s'est arrêtée dans la cité d’Aliénor d'Aquitaine. « Il me semble déontologiquement important de respecter cette position là et de ne pas tomber dans des polémiques électorales absurdes. Hélas tout le monde n'a pas tenu cette position » lâche Cyrille Delcerq, qui, deux jours avant le dimanche du premier tour avait dû annuler une réunion publique en raison de la propagation inquiétante du Covid-19. Cette campagne va donc redémarrer. Et même si Rédouane Louaazizi s'exprime contre un second tour le 28 juin, il repartira bien "au combat". « Nous allons réfléchir à une stratégie de campagne » prévient l'homme de 40 ans.

Rédouane Louaazizi : réfléchir à une stratégie de campagne 

Les réunions publiques semblent plus que compromises, le porte à porte aussi, même si le socialiste pense qu'il peut se faire : « s'il y a des masques et de la distanciation, pourquoi pas ». Quoi qu'il en soit, « les règles seront appliquées » insiste t-il. Des consignes venant du Gouvernement devraient être très prochainement délivrées aux différent.e.s. candidat.e.s. « L’organisation de ce second tour va être un casse tête » selon le troisième homme de ce scrutin qui « redoute un nouveau taux record d’abstention ».  


Le numérique (site, réseaux...) sera un élément clé pour cette campagne qui s'annonce inédite. Et ça tombe bien, les trois prétendants au poste de maire sont plutôt actifs sur la toile. En tout cas, cette date diviserait presque autant que de savoir si on dit "Belin-Béliet" ou "Belin-Beliet" ! 

Cyrille Declerq : adapter la campagne

Contacté, Jérôme Gellibert n'a pu répondre à nos questions.